Sommet international de la finance : l’ignorance coûte plus cher au pays que l’éducation, selon le gouverneur de la BRH

A l’occasion de la 11e édition du Sommet international de la finance, organisé par le Group Croissance autour du thème  « Renforcer le capital humain en Haïti dans le contexte post-Covid », le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti, Jean Baden Dubois, a mis en avant des actions déjà entreprises pour soutenir la croissance et renforcer l’inclusion financière en Haïti. A cette première journée, il a relaté les actions additionnelles de la BRH pour renforcer le capital humain, ce qui colle parfaitement avec le thème de cette année.

Publié le 2021-04-13 | lenouvelliste.com

Au dire de Jean Baden Dubois, croissance économique rime toujours avec « des entreprises haïtiennes fortes, compétitives, modernes et tournées vers des secteurs de production à forte valeur ajoutée », un « personnel hautement qualifié » et un « écosystème de financement adéquat ». « Construire un tel écosystème exige le raffermissement des capacités institutionnelles des établissements financiers qui le composent, un objectif réalisable surtout à travers le renforcement du capital humain local », a-t-il ajouté.

Mais la formation de ce personnel laisse de plus en plus à désirer dans le pays, selon l’analyse faite par M. Dubois. Il s’est questionné sur la contribution du capital humain haïtien au développement de cette nouvelle nation haïtienne. « Quand nous regardons, dit-il, les investissements dans l'éducation des différents gouvernements au cours des 20 dernières années, on est en droit de se demander si le renforcement du capital humain n'a jamais été une priorité pour nous en tant que nation. »

Inadéquation entre les défis du marché et l’éducation en Haïti

A l’occasion de cette 11e édition du Sommet international de la finance, le gouverneur de la banque centrale croit que cette activité représente une occasion de plus pour approfondir nos discussions sur le sujet du capital humain haïtien, et que nous devrions faire un faisceau pour pousser la réflexion vers l’identification des compétences à prioriser et l'adéquation entre le cursus des écoles, tant professionnelles que supérieures, et les défis du marché actuel, mais plus fondamentalement du marché futur en Haïti. 

« Si l’enfant qui aura achevé les neuf années de l’école fondamentale était fonctionnel dans les deux langues régionales (anglais et espagnol), je vous garantis qu’on aurait aujourd’hui une toute autre économie. L’Haïtien serait désiré et demandé par tous nos voisins ! Les transferts de la diaspora auraient doublé ou triplé ! Nous serions une destination recherchée ! Si nous continuons à penser que l’éducation coûte cher… nous pouvons aujourd’hui constater le prix que nous payons pour l’ignorance », a poursuivi le gouverneur pour parler de l’inefficacité des dépenses publiques en matière d’éducation dans le pays.

Des actions de la BRH pour renforcer le capital humain

Toujours dans son discours de circonstance, le gouverneur a précisé que la BRH a toujours compris, bien avant l’irruption de la pandémie de Covid-19, que « la formation ou le renforcement du capital humain constitue non seulement l’épine dorsale de toute politique de croissance et de création d’emplois », mais aussi une « composante fondamentale au sein du processus de mise sur pied d’un écosystème favorisant le développement d’une économie résiliente. »

Baden Dubois se félicite de ce que la banque centrale s’est constamment engagée dans plusieurs programmes de formation universitaire avec des partenaires de l’international. Il a cité l’ambassade de France, à travers la bourse BRH-Ambassade de France-Groupe Parlementaire Haïti-France, l’appui de la BRH à la Bourse Anténor Firmin pour la mobilité doctorale, la Compagnie de La rue et Chevening, à travers des programmes de bourses d’excellence, Washington University et IFC, des universités haïtiennes, dont l’Université Quisquéya, l’UNDH, la Faculté des sciences …



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