BIC tout feu tout flamme

Pour ce public composé majoritairement de jeunes, BIC Tizon dife a fait ce qu’on attendait de lui ce jeudi 8 avril 2021 sur la scène de l’Institut français en Haïti (IFH). Cracher ses rimes avec vigueur sous le rythme de la musique, transmettre un message qui épouse bien le contexte actuel et galvaniser son vis-à-vis. Faire du BIC, tout simplement.

Publié le 2021-04-08 | lenouvelliste.com

Avec sa bande de musiciens, il a mis le feu à l’IFH. Tizon dife a fait mérite à son nom. Pourtant, il n’a même pas eu besoin de son habituelle guitare sèche. BIC n’avait que son micro, sa voix, sa choriste (Cynthia Michel), son public à la fois passionné et coopératif comme trois autres armes redoutables. Et du début à la fin, le tour a été joué. Ce spectacle d’environ 1 heure et 36 minutes s’est révélé être un franc succès. Un moment de divertissement sain. Un moment d’échappement.

Il est 6 heures pile quand la voix de « Vokabi-Lari », a rejoint ses compagnons sur le podium en entonnant dès le back stage le titre « Anndan m ». Ils portent tous des jeans noirs, des pulls de la collection Cisco et des bottes. Comme pour annoncer dès le départ à ce public avoisinant une cent cinquantaine de personnes qu’ils étaient prêts à se livrer corps et âme dans la bataille. Une bataille rien que pour leur faire plaisir grâce à d’autres titres tels que « « A suiv », « Vaksinasyon », « Nou vle viv », « Introspection », « M ap tann Ayiti pa m nan ». Sur « Difisil » et « Nou byen mal », tout est allé crescendo. Notamment avec la performance de Cynthia Michel suppléant à Eud et BIC échangeant la scène contre le public. Les applaudissements et les hourras fusaient de toutes parts. C’était beau à voir et à entendre pour cette fin de première partie.

Quelques minutes plus tard, ils revenaient avec la même fougue et la même volonté de continuer ce qu’ils avaient commencé. Rien n’a changé au fait. Sinon leurs pulls troqués contre des t-shirts noirs frappés en lettres capitale : « Operasyon zakatay BIC ». Le dernier morceau en date de l’artiste avec lequel ils avaient choisi justement de démarrer ce deuxième round. Un début sur une note triste certes, mais un rappel nécessaire. C’était une pensée à ces policiers tombés à Village-de-Dieu le 12 mars dernier. La tension planait dans l’air. On est loin d’avoir oublié ce vendredi noir.

« Alléluia », « M ap rape yo », « Mèsi manman, ont été desservies par la suite afin de revenir à l’ambiance festive d’avant. Cependant, pas sans penser encore à toutes les victimes de ces derniers jours. Bougies allumées, le public a chanté les paroles de « Pwen final » et déposer les chandelles au pied du stage. C’aurait pu être la fin, mais l’interprète de « Youn nan yo » avait choisi de livrer « Tchouboum », avant de tirer sa révérence et de remercier son audience. 7 heures 36 minutes. La satisfaction était palpable sur une cour de l’IFH qui se vidait petit à petit.



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