Le MARNDR promeut de nouvelles pratiques culturales dans la Grand’Anse

De concert avec quelques partenaires financiers, le ministère de l’Agriculture est en train de promouvoir de nouvelles pratiques culturales dans plusieurs zones de production du pays. Au niveau du département de la Grand’Anse, sept communes sont directement concernées par ce projet. Mises en place dans le cadre du Programme d’innovation technologique en agriculture et agroforesterie, ces nouvelles pratiques sont diffusées sous forme de paquets techniques conçus pour permettre de générer des revenus supplémentaires aux producteurs et de protéger les ressources en sol et en eau.

Publié le 2021-04-06 | Le Nouvelliste

Pour mieux appuyer les producteurs agricoles, le gouvernement, par le biais du ministère de l’Agriculture, a développé une nouvelle politique qui s'appuie sur un mécanisme d’incitations agricoles. Ces dernières permettront aux agriculteurs d’acquérir auprès de fournisseurs agréés les biens et services agricoles nécessaires pour l’adoption des nouvelles pratiques. Dans le département de la Grand’Anse, plusieurs étapes ont été déjà franchies. Dans certains recoins, l’on est à la phase de récolte et les agriculteurs paraissent plutôt satisfaits des premières retombées.

À Léon, une section communale de Jérémie, une foire d'intrants agricoles a été tenue du 16 au 18 mars dernier et plusieurs centaines de producteurs, selon le croquis mis en place par les décideurs, s’y sont approvisionnés.

En vue de la bonne marche de ce  mécanisme  d’incitation, le ministère s’implique à tous les niveaux. L’antenne départementale du PITAG, les opérateurs de prestataire de services (OPS), le Bureau agricole communal (BAC), les fournisseurs agréés et plusieurs centaines d’agriculteurs étaient présents. C’était l’occasion pour les fournisseurs venus de partout du département de la Grand’Anse de tout mettre en œuvre pour attirer les agriculteurs. Plants d’ignames, drageons de bananes, plants de cocotiers, compostes, plants d’ananas, plantules de café et semences de pois congo figuraient parmi les intrants exposés par les fournisseurs.

Fiche d’achat en main, les agriculteurs choisissent en toute indépendance leur fournisseur. Sur cette fiche s’inscrivent tous les intrants auxquels le détenteur a droit et les quantités aussi . Cosignée par l’OPS et le fournisseur agréé, cette fiche est un coupon d’achat qui permet aux agriculteurs de se procurer gratuitement tous les intrants agricoles nécessaires pour mettre en application les paquets techniques et ces intrants sont payés aux fournisseurs après vérification par le MARNDR. 

Pour la mise en place de ce  mécanisme  d’incitations, les  intrants agricoles sont prédéfinis et mis en place par l’opérateur de prestataire de services. La quantité d’intrants allouée à un agriculteur dépend entièrement de la superficie de sa parcelle. Dans le département de la Grand’Anse, mis à part le terrain, aucune contrepartie n’a été signifiée. «  Pour participer à ce programme, il suffit de s’inscrire et de respecter tous les paramètres d’éligibilité », a expliqué l’antenne responsable du département de la Grand’Anse, l’agronome Nétus Ménélas.

En plus de la fourniture d’intrants, l’assistance technique constitue une part importante dans la mise en place des paquets techniques. Le vœu des autorités est que les agriculteurs parviennent à maîtriser de nouvelles pratiques culturales respectueuses de l’environnement et  qui empêchent l’érosion au niveau des parcelles situées dans les pentes. Ainsi, dans la préparation de sol, les techniciens accompagnateurs apprennent aux cultivateurs les techniques d’association de plusieurs cultures dans le même espace. La mesure de la pente, la distance entre les cultures, la mise en place des rampes vivantes sont parmi les aspects pris en compte.

L’enseignement est transmis dans un champ appelé jardin modèle, sous la forme de coumbite avec un groupe pouvant atteindre jusqu’à trente producteurs. Le même exercice sera répété dans les parcelles de tous les participants. Une façon, de l’avis des tenants du projet,  de permettre à tout le monde  de maîtriser les différentes étapes. Comme il s’agit d’un jardin créole, donc des cultures en association, la courbe de réponse par unité de surface n’est pas toujours facile à calculer. C'est pourquoi la répétition s’avère une arme très prisée par les agents de terrain. Et les premiers résultats sont plutôt prometteurs.

À cet effet, le propriétaire de l’une des parcelles sélectionnées, Exanor Dieufaite, n’a pas caché sa satisfaction. Il promet de continuer à utiliser ces techniques dans l’optique d’optimiser le rendement de sa parcelle. Selon Blandy Délisma Forge et l’agronome Rony François, respectivement fournisseur d’aménagement parcellaire et technicien vulgarisateur, les agriculteurs commencent à adopter les mêmes techniques dans les parcelles n’ayant pas été sélectionnées dans le cadre du programme. Ce qui sous-tend que le transfert de technologie commence à se matérialiser.

À nos jours, si l’on en croit les responsables du projet PITAG, 5.300 agricultrices et agriculteurs ont déjà bénéficié des incitations octroyées par le programme dans le département de la Grand'Anse.

En plus du département de la Grand’Anse, ce programme s’exécute dans les départements du Sud, de l’Artibonite, du Nord et du Nord’Est.  Il prend en compte un paquet technique agroforesterie à base de café et un autre à base de cacao. Selon le responsable d’antenne pour le département de la Grand’Anse, cette année, l’on projette de développer un autre paquet technique à base d’arbres fruitiers. Financé par la Banque interaméricaine de développement (BID), le Programme global pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) et le Fonds international pour le développement agricole (FIDA), le Programme d’innovation technologique en agriculture et agroforesterie (PITAG) se propose, entre autres, de faire la promotion de technologies agricoles innovantes et durables à l’échelle de l’exploitation agricole familiale.

Jose Flecher
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