COVID-19, une profitable opportunité ?

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Publié le 2021-02-22 | Le Nouvelliste

Cela tient de l’oxymore, puisqu’on profite toujours d’une opportunité. Or, je me suis souvenu de mon texte « Les profiteurs d’une catastrophe » après le 12 janvier 2010. De là, j’ai spontanément retenu « COVID-19, une profitable opportunité ? » Il est vrai que « COVID-19, une formidable opportunité » eut été convenable.

Par ces temps-ci, on dirait que l’homme ne vit que pour le gain. Ne faisant pas d’exception, il profite de toute situation. Se produit une catastrophe mais l’homme s’empresse d’en tirer profit. Cela est-il dû au recul des valeurs morales ? Sans nul doute.

La pandémie COVID-19 s’abat sur l’humanité. Des mesures sanitaires sont progressivement prises pour limiter ses ravages. Pendant ce temps, il est fait obligation au voyageur de montrer pattes blanches. Comment ? Il doit être porteur d’un certificat de test négatif pour passer une frontière, franchir la porte d’entrée du cabinet médical, etc. Tout cela ne paraît pas excessif puisque la mobilité est devenue un mode de vie.

Paradoxalement, Haïti s’est mise au pas, plutôt fait du suivisme. Je vous ai déjà rapporté comment le mardi 30 janvier 2021 j’ai observé le désarroi de voyageurs qui, ne pouvant monter à bord d’un vol de American Airlines, faisaient la queue devant un centre hospitalier pour se faire tester. La nouvelle administration américaine exige le port du masque dans les bureaux publics et la soumission d’un certificat de test négatif au coronavirus à ses frontières. Comme pour se mettre au pas, le gouvernement haïtien exige la production de ce même certificat aux voyageurs arrivant chez nous. Le test doit avoir été effectué 72 heures auparavant. Le même gouvernement qui laisse son peuple circuler le nez au ciel ; sans protection.

Dès que je fus mis au courant de ces dispositions, je réalisai que le trafic aérien allait s’en ressentir, partant le tourisme. Ces deux secteurs, déjà fragilisés par l’arrivée de la pandémie, ne sont pas sortis de l’auberge. Or, j’étais loin de penser qu’aux États-Unis d’Amérique le venin du profit occasionnel était inoculé chez des médecins. Pour pénétrer dans un cabinet médical, le patient doit exhiber un certificat de test fait 72 heures plus tôt. J’ai une proche qui habite aujourd’hui la Floride après avoir longtemps résidé dans le Connecticut. Aussi pour ses suivis médicaux elle devait répondre à trois « appointments » dans ce dernier État. Avant de laisser Oakland, FL, elle s’était munie du précieux document. De là, elle a été reçue par son premier médecin. Le temps pour elle de répondre à un 2e « appointment », les 72 heures se sont écoulées. D’où nécessité de se faire tester une 2e fois. Le temps s’étant encore écoulé, pour un 3e « appointment », la même obligation. Dépitée, elle regagne la Floride non sans avoir annulé le 3e « appointment ».

Il n’y aurait pas anguille sous roche si tous ces tests n’étaient pas payants. En réaction, elle fulmine après ces médecins qui lui font effectuer des débours à répétition pour le même motif. Ce qui me fait dire que la COVID-19 est une occasion d’enrichissement immérité. Tout le monde est sur ses gardes, la vigilance est de mise pour limiter les risques de contamination. Or, casquer chaque 72 heures la somme de $150 finit par provoquer la rogne de celui ou de celle qui désire un service médical. Définitivement, l’homme ne vit que pour le gain immédiat. Même quand une calamité s’abat sur l’humanité, il ne pense qu’à en tirer profit. D’autant que dans le système libéral l ‘État intervient toujours trop tard. Les particuliers se démerdent d’abord [excusez le relâchement langagier], ensuite viendra le régulateur. Dans l’intervalle, que de dégâts causés par l’appétit ouvert des hommes.

  Jean-Claude Boyer

  Mardi 9 février 2021

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