Printemps de l’art

Céleur, Killy et Pasko, le temps d’un après-midi à la Maison Dufort

Une belle rencontre à la Maison Dufort. Trois artistes, Céleur, Killy et Pasko, dont les œuvres sont logées au « gingerbread » de la Maison Dufort, avenue du Travail, ont eu carte blanche, dans le cadre de l’exposition « Rèl » du Centre d’art. Le temps d’un après-midi, ces créateurs racontent au public leur vie et leur parcours d’artiste. L’assistance a suivi  avec intérêt ce débat animé par Elisabeth Pierre-Louis.

Publié le 2021-02-22 | Le Nouvelliste

Cette rencontre a permis à ces plasticiens de faire un voyage dans le temps, de plonger dans le passé. C’était l’occasion pour eux de remonter le temps, de parler de leurs premiers balbutiements dans l’univers artistique. Ils ont profité de ce moment pour rendre hommage à  ceux-là qui ont tenu leur main. C’était aussi, pour chacun d’entre eux, un moment de partage sur leur apprentissage dans divers champs disciplinaires : sculpture, peinture, dessin, mix média, art de la récupération.

Pierre Pascal Mérisier, alias Pasko, s’est fait connaitre grâce à sa simplicité, à son engagement social. Il créait déjà depuis son plus jeune âge. Mais sa carrière allait véritablement  débuter en 1989 après avoir pris part  aux  séances de formation organisées sous l’égide de l’immortel Tiga, le chef de file du mouvement Saint-Soleil, l’un des grands peintres haïtiens, a-t-il raconté. Pasko ne s'est pas rappelé véritablement le moment où son talent d’artiste s’est confirmé.

Jean Hérard Céleur n’a pas eu un début doré  dans l’art. Élevé à la grand-rue, au milieu de carcasses de voitures, où chacun se démêle pour gagner  sa vie, il s’est très tôt laissé influencer par la sculpture pratiquée par son grand-frère. Beaucoup se moquaient de ses créations artistiques, a-t-il confié. Il ne s’est pas laissé intimider par ces moqueries. Il s’est battu pour construire sa réputation.

Pour ce sculpteur de renom qui a exposé au Grand Palais, à Paris, l’art est une question de positionnement. Pour se faire un nom, l’artiste doit se positionner. Cet artiste qui crée à partir de son vécu raconte son cheminement, la révolution qu’il a opérée avec ses pièces récupérées. Il a aussi profité de cette tribune pour attirer l’attention de l’assistance sur ses totems servant de décor dans la cour.

Killy est cet artiste qui ne mâche pas ses mots. Ce créateur de talent a parlé de son origine modeste. Tout petit, il dit avoir éprouvé une certaine sensibilité artistique. Il était surtout intéressé  à la sculpture. Il a raconté qu’il prenait du temps sur le chemin de l’école pour contempler les expositions en plein air à la rue Panaméricaine, Pétion-Ville. Il créait plein de choses pour répondre à ses besoins, s'est-il soutenu. De ces créations, l’art glisse petit à petit. Mais il a dit exceller dans la peinture autant que la sculpture.

C’était un bon moment passé en compagnie de ces artistes de renommée internationale. Ce dialogue a permis à l’assistance de côtoyer ces artistes, de partager leur intimité et de découvrir d’autres facettes de leur art. Chaque artiste a un début. Chacun a une histoire. Son histoire à raconter. Tout grand créateur n’a pas connu des débuts roses, ils ont fait du chemin pour arriver jusqu'à nous. Ils ont franchi des étapes. Céleur, Killy et Pasko traînent derrière eux des années d’expérience. Leur parcours à la fois instructif et inspirant peut guider cette génération et celle à venir.  

Elien Pierre
Auteur
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