Reconstruire à pas de tortue le Palais national 

Publié le 2021-01-12 | Le Nouvelliste

Onze ans après son effondrement lors du séisme du 12 janvier 2010, le projet de reconstruction du Palais national avance à pas de tortue. Un an après l’annonce par le président Jovenel Moïse du gagnant  du concours d’architecture lancé à cet effet, l’ingénieur Clément Bélizaire, responsable de l’UCLBP, a imputé ce retard au confinement imposé par la Covid-19 au moment de faire le point sur les étapes administratives et légales déjà franchies et celles à franchir.

« La prime pour le gagnant du concours d’architecture est l’adjudication du contrat d’études et supervision du Palais national. Ce contrat est signé, a reçu l’avis conforme de la CNMP, a été transféré au MEF pour confirmation de crédits. Une fois la confirmation de crédit obtenue, le contrat sera transféré à la CSC/CA pour approbation », a confié l’ingénieur Clément Bélizaire.

Pour le numéro un de l’UCLBP, « une fois le contrat approuvé, le groupement Raco Deco Adjaye and Associates recevra un ordre de service pour démarrer les études ». « Dans le calendrier d’exécution de RDAA sur le coût des 6 premiers mois, ils doivent livrer tous les documents techniques pour la mise en œuvre de la composante 1, c’est-à-dire le bâtiment principal. Pendant la mise en œuvre de la composante 1, ils continueront à travailler pour livrer les documents techniques des autres composantes », a détaillé l’ingénieur Clément Bélizaire, interrogé par Le Nouvelliste.   

L’architecte Cassandra Méhu, responsable de Raco-Déco, attend la fin du processus administratif et légal. « Un plaisir de vous dire que nous sommes à l'intérieur d'un processus  avec l'État Haïtien. La Raco Déco-Adjaye Associates S.A ne fait qu'attendre la finalité pour répondre selon sa proposition architecturale et technique », a-t-elle indiqué, soulignant que le Palais national « est l'un des symboles identitaires que nous avons tous la responsabilité de reconstruire, le plus vite possible ». « Il y va de notre dignité de peuple libre, fier et digne. Nous avons donné la plus grande leçon de liberté au monde entier. Il nous faut rehausser notre image », a insisté l’architecte Cassandra Méhu, qui est revenue sur les forces de son projet.

« Notre projet prône le respect du patrimoine identitaire, la création d'un nouvel axe qui, présentement, est la modernité que nous devons tous rechercher. Ceci implique une vision large, intégrée avec des normes de qualité et écologiques. L'architecte, Sir David Adjaye, le concepteur principal, est en communion avec nos idéaux en projetant tout ce plan dans le futur. Le projet est vivant et s'ouvre vers la renaissance du centre historique de notre capitale et peut servir de leitmotiv, de vitrine pour requalifier la cité administrative et toutes les autres initiatives qui accompagnent cette intégration social, formulant des messages de renouveau, comme pour donner une nouvelle vie à cet espace rempli de notre histoire et de notre vécu », a expliqué l’architecte Cassandra Méhu, interrogée par Le Nouvelliste, mardi 12 janvier 2020.

Pour le moment, plusieurs économistes et financiers ayant assisté l’UCLBP ont déterminé la valeur actualisée aujourd’hui du bâtiment du Palais national détruit le 12 janvier 2010. L’estimation tourne autour de 60 millions de dollars américains, a répondu l’ingénieur Clément Bélizaire, interrogé sur le coût de la construction du nouveau Palais national. « Puisqu’il y aura un processus compétitif pour l’attribution des travaux, ce ne serait pas éthique de divulguer les coûts estimatifs pour la construction », a-t-il fait savoir.

Roberson Aphonse

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