« Une autre constitution mais non pas avec ce CEP », indiquent les données d’un sondage de Ayiti Nou Vle A

Sur la base des données recueillies lors d’un sondage réalisé à la fin de l’année 2020, le mouvement citoyen Ayiti Nou Vle A (ANVA) arrive à la conclusion que les « Haïtiens veulent d'une nouvelle constitution et souhaitent participer aux élections, mais ils ne font pas confiance au CEP pour organiser les scrutins ». ANVA parle de son sondage comme faisant la promotion de la science, des données réalistes pour favoriser une bonne compréhension politique.

Publié le 2021-01-12 | Le Nouvelliste

À en croire les conclusions du sondage réalisé par Ayiti Nou Vle A (ANVA), une association haïtienne qui encourage la participation citoyenne, environ neuf personnes sur 10 veulent une nouvelle constitution pour le pays. Six personnes sur 10 sont disposées à aller voter aux différents scrutins qui devraient avoir lieu cette année. Toutefois, environ cinq personnes sur 10 n’ont aucune confiance dans le Conseil électoral provisoire mis en place l’an dernier par le président de la République, Jovenel Moïse.

Les résultats de cette enquête réalisée selon la méthode des sondages d'opinion aléatoires stratifiés, basée sur un échantillon de 1 058 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population haïtienne, montre que la majorité des Haïtiens estiment que le pays a besoin d’une nouvelle constitution (86%); qu’ils sont prêts à aller voter aux différents scrutins attendus cette année, incluant le référendum et les élections législatives et présidentielle (60%); mais qu’ils ne font pas confiance au CEP pour l’organisation de ces votes (57%). « L’échantillon des personnes ayant participé au sondage montre une volonté de compenser ce manque de confiance dans le processus électoral par une volonté d’y participer en tant qu’observateur électoral (75%) », a observé Ayiti Nou Vle A.

Plus loin, l’association souligne que « la grande majorité des Haïtiens veulent participer au processus de décision politique du pays; 73% pensent que le vote est un outil important de développement, 67% pensent que la participation politique au niveau local est importante ». Ces chiffres, poursuit-elle, sont à rapprocher de la cote de confiance du président Jovenel Moïse, qui s’est érodée de 5 points de pourcentage par rapport au sondage d’ANVA de fin 2019, s’établissant désormais à 40%. La tendance (57%) est également inquiétante pour la confiance du public dans l'institution chargée d'organiser les différentes élections prévues cette année (incluant le référendum constitutionnel prévu dans le calendrier électoral).

« Les résultats du sondage, en d’autres termes, montrent que les électeurs veulent exercer souverainement leur droit de vote et de participer au processus électoral, malgré la conjoncture difficile illustrant ainsi un décalage important entre le discours d’une partie des hommes politiques actuels qui prônent l’éviction du président de la République par la force le 7 février 2021, et l’opinion du public qui appelle à des élections pour décider lui-même de son avenir. La grande majorité des Haïtiens veulent notamment exprimer leur opinion sur la question de la réforme constitutionnelle. Selon l’enquête, 86% des sondés pensent que le pays a besoin d’une nouvelle constitution », peut-on lire dans un communiqué de Ayiti Nou Vle A.

Par ailleurs, ANVA estime que les résultats confirment une tendance constatée fin 2019 lors du précédent sondage : « Les électeurs rejettent la classe politique actuelle et voudraient voter pour la remplacer », ce qui s’explique - d’après le sondage de décembre - par le fait que 59% des Haïtiens préfèreraient voter pour des candidats politiques non traditionnels. « Le sondage, ajoute l’association, montre donc une cohérence dans la croyance des Haïtiens dans les principes démocratiques, ainsi que leur volonté de participer et de contribuer à la crédibilité des élections ».

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