« Haïti, le Printemps de l’Art », un festival pour l’art contemporain

PUBLIÉ 2021-01-11


« Cette année, le printemps est en avance », lance dans un sourire Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste, quand on lui demande pourquoi un tel titre pour un festival qui se tient du 14 au 31 janvier. Pour Max Chauvet, directeur du Nouvelliste et collectionneur d’art, « l’art fleurit toute l’année en Haïti. Janvier est un très bon mois pour lancer un festival d’art contemporain ».

« Le Nouvelliste y pensait depuis une dizaine d’années, ce fut à chaque fois reporté. Pour cette nouvelle décennie, on se lance avec tout le secteur culturel haïtien dans un festival d’art. Belle façon de bien entrér dans les années 20 », précise Monsieur Chauvet.

« Haïti, le Printemps de l’Art » débute après la commémoration du 12 janvier et en parallèle avec le Festival de jazz. « Le pays a besoin de rendez-vous forts et la culture nous permet de les forger », avance le directeur du Nouvelliste.

Du 14 au 31 janvier 2021, Le Nouvelliste, en partenariat avec les principaux acteurs du monde des arts plastiques mais aussi avec des photographes et des as du graffiti, propose un agenda chargé avec « Haïti, le Printemps de l’Art ».

Le festival se déroulera simultanément au Mupanah, aux Ateliers Jérôme, à la Galerie d’Art Nader, à la Galerie Marassa, avec Kolektif 509 à Villa Kale Wès, au Centre d’art, à la Maison Dufort, à la Galerie Monnin, à l’espace Trois Visages, à Espas Estetik, à Festival Arts, à la librairie la Pléiade, au Bureau haïtien du droit d’auteur, à l’Université Quisqueya et à l’Institut français en Haïti.

« Et le festival est ouvert pour accueillir d’autres partenaires », déclare Frantz Duval.

Des expositions, la projection de documentaires et des conférences sont prévus pendant toute la période.

Si la Covid-19 a réduit les prétentions des organisateurs, l’événement s’annonce en dépit de tout unique dans les annales du milieu culturel haïtien où c’est la première fois qu’autant d’activités sont proposées par un si large éventail d’institutions.

Pendant « Haïti, le Printemps de l’Art », plus d’une centaine de peintres, de sculpteurs et d’artisans d’art seront à l’honneur. Une dizaine de photographes et une douzaine de gaffeurs présenteront leurs travaux ou exécuteront des démonstrations en présence du public.

Ainsi, le festival propose aux initiés comme au grand public de partir à la découverte de ce qu’il y a de meilleur dans la création artistique en Haïti.

Toutes les manifestations sont gratuites, l’entrée est libre partout.

Après Musique en folie qui est en suspens, Livres en folie qui existe depuis 1995, Artisanat en fête qui fêtera ses 15 ans cette année, Le Nouvelliste a une certaine expérience des activités culturelles grand public. Le journal et ses différents partenaires lancent « Haïti, le Printemps de l’Art » avec l’ambition d’amener à l’art un nouveau public tout en faisant la part belle aux amoureux du genre et aux connaisseurs.

Pour cette première édition d’ « Haïti, le Printemps de l’Art », chaque galerie, chaque espace d’exposition qui accepte de s’associer au festival est libre de présenter ce qu’il veut. Des artistes en solo, les œuvres de plusieurs artistes en même temps, une installation, une exposition de peinture, de la sculpture, etc.

« Ensemble, on va essayer de faire quelque chose de différent, d’ambitieux et qui peut aussi s’inscrire dans la durée », indique Frantz Duval, qui intervenait à “Les Carnets d’Émmelie” sur Magik 9, lundi 11 janvier 2021.

Les organisateurs, à travers cet événement, ambitionnent de proposer ce qu’il y a de mieux dans la création artistique en Haïti, de donner à voir le plus bel éventail de ce que proposent les artistes pour le plaisir de tout le monde.

L’idée, comme l’explique Frantz Duval, est de susciter un mouvement autour de l’art haïtien en Haïti comme à l’étranger pendant le « Printemps de l’Art », comme il n’y en a pas eu depuis quelques années.

« Cela fait quelque temps que les arts plastiques n’ont pas été vraiment mis en valeur en Haïti. Les artistes ont continué à produire, les galeries ont continué à exister, mais il n’y avait pas un grand événement. Nous nous félicitons de ce que nous avons pu trouver un appui du côté du ministère de la Culture et d’autres partenaires pour lancer cet événement qui compte s’inscrire dans la durée. C’est la première édition, mais déjà on travaille sur celle de l’an prochain ».

De ce que l’on pressent, pendant ces deux semaines, le public ne devrait pas manquer d’activités. Il y aura des expositions-ventes dans la majorité des galeries, à l’exception du MUPANAH qui va, lui, accueillir gratuitement les scolaires pendant la période pour leur permettre de découvrir l’exposition « Les visages de la liberté ». Quelques activités sont déjà connues. En ce sens, à partir du 14 janvier, la Galerie d’Art Nader propose une rétrospective de toute la peinture moderne haïtienne avec des artistes et des œuvres qui remontent le temps de 1940 à nos jours. « L’École moderne » en 78 œuvres de 44 de nos plus grands plasticiens vous donne rendez-vous chez Nader.

Pascale Faublas propose “Mwa Fans” à Espas Estetik.

La Galerie Marassa tient “Marassart”, une exposition-vente avec des artistes contemporains tels que Philippe Dodard, Killy, Olivier Bertoni, Martial, Nazito, Sully Gutemberg, Payas et Maxan Jean-Louis.

Festival Arts a rassemblé 70 artistes contemporains et artisans d’art pour présenter « Rezilyans ».

Le Kolektif 509 présente à Villa Kale Wès dix peintres pour une exposition sur le thème « Création et Résistance ».

La Galerie Monnin propose à Espace Citoyen, au cœur de Pétion-Ville, des œuvres de Mario Benjamin et de Pascale Monnin.

La Galerie Monnin, dans ses locaux, à Laboule 17, à partir du 23 janvier, offrira à voir les œuvres de Frantz Zéphirin, de André Blaise et de Killy.

La plus ancienne galerie en activité, le berceau de la peinture moderne haïtienne, le Centre d’Art, avec « Rèl », fait la part belle avec les artistes de la grand-rue et de Bel Air qui ont exposé ces dernières années dans les plus grands musées au monde : Celeur, David Boyer, Dubréus Lhérisson, Guyodo, Johnny Cinéus, Killy, Max Grégoire Benjamin, Paskö. Le tout sténographié par la designer Pascale Théard.

À noter qu’un catalogue virtuel de chaque exposition sera disponible sur le site du Nouvelliste, selon Frantz Duval.

« À l’ère des nouvelles technologies, une exposition n’a pas seulement une adresse physique. « Haïti, le Printemps de l’Art » sera ouverte sur le monde. Ceci permettra à un plus large public de voir, d’apprécier, d’évaluer et même de choisir, d’autant que les adresses des galeries seront disponibles pour qu’on puisse prendre contact avec elles », annonce Frantz Duval, qui ajoute qu’au fur et à mesure d’autres activités dans le cadre de « Haïti, le Printemps de l’Art » seront annoncées.



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