deMatt s’agrandit, pour le bonheur des amants du cuir

PUBLIÉ 2020-11-24
Les 5 et 6 décembre, à Tara’s, les amants du cuir auront à leur portée, sous un même kiosque, toute la gamme de deMatt, qui fait partie des 6 artisans de l’année et aussi L.o.L.o deMatt, une toute nouvelle qui vient s’ajouter à la grande famille. L.oL.o deMatt, conçue par Lorraine Silvera, la tante de Laurent de Matteis, se veut plus féminine, plus vibrante, plus jeune et va du sac de maquillage au sac de week-end (weekender), en passant par le porte-téléphone.


Laurent de Matteis est surpris quand on lui demande ce que ça lui fait de se retrouver parmi les 6 artisans de l’année. « Je suis surpris et je dis merci à tous ceux qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à nous pousser à améliorer notre travail au point d’obtenir cette place de la part des membres de ce jury très exigeant. » En effet, l’homme et tous ceux qui n’ont pas lu l’article du Nouvelliste en date du 20 novembre 2020 peuvent ignorer qu’en 2018, les organisateurs de la foire ont mandaté un jury pour désigner « les artisans de l’année ». La liste a été réalisée, mais, avec les crises qui se sont succédé entraînant  l’annulation de la foire en 2019, n’a pas été promulguée. Alors, en prélude de cette nouvelle édition, les organisateurs décident de la communiquer au grand public.  Lorraine Silvera, la tante de Laurent, toute aussi surprise, félicite son neveu en ces termes : « Tu le mérites bien, car tu dresses toujours la barre très haut quand il s’agit de travailler sur le cuir qui te passionnes encore. »

La tatie hyperbranchée est la nouvelle recrue de la petite fabrique que Laurent a initiée officiellement en 2018. « Il me demandait, dit-elle, de me trouver quelqu’un pour l’aider dans la conception. Je lui ai donc proposé ma candidature comme je souhaitais toujours le faire. »

Dans leur tribu, le cuir a toujours été une passion. Lorraine était toujours interpellée par la résistance des selles en cuir sur les chevaux ; sa mère à elle voyage encore avec un sac de voyage de la marque  « Glad bag » qui était tendance en Haïti entre les années 1970-1980. Laurent a en mémoire ses sacs d’école avec ses initiales qui lui duraient presqu’autant d’années que le secondaire. L.o.L.o, aujourd’hui encore, apprécie encore le fait de ne pas trop se fatiguer les méninges quand il s’agit de tirer son sac dans les carrousels des aéroports.  « Un sac en cuir vieillot en plus monté de mes initiales se reconnaît loin voire de très loin », confie-t-elle.

Si Matteis ne vivait que de Dauphin Signs avant l’aventure du cuir, sa tante, elle, voguait dans le monde de l’hôtellerie, étant fille du boss de El Rancho. Elle se fait un nom dans la restauration en initiant à Port-au-Prince, au Cap-Haïtien et à Jacmel une petite chaîne  du nom de Casanova. Elle y sert de la pâte fraîche  avec du vin. Elle entend commercialiser sous couvert de « L.o.L.o », comme les gens l’appellent au Cap, ces pâtes. Le sobriquet devient donc son nom de marque, d’où le nom L.o.L.o deMatt, la nouvelle gamme qu’elle initie à côté de son neveu.

« En tant que femme, je ne peux me contenter du minimum. J’ai besoin de porter un sac de maquillage, une pochette pour mes verres, un sac pour mes crayons,  un sac à main… », confie-t-elle sous les regards émerveillés de son neuveu. Ce dernier pense qu’elle apporte la féminitié, de la vivacité qui est consubtantielle à son tempérament de Balance... Une sorte de jeunesse, puisqu’elle a le sens pour les trends à venir.

D’Artisnanat en fête, tous les deux n’en pensent que du bien ; c’est la fête par excellence de la créativité. « En tant qu’Haïtiens, on doit supporter cette initiative de toute notre âme car elle permet de contrebalancer toutes ces mauvaises nouvelles sur nous qui parviennent aux autres », témoigne Laurent. Sa tante depuis le Cap savait entendre parler un peu de la foire des foires.

Sous leur kiosque il y aura donc tant les porte-passseport, porte-chèque, Weekender de deMatt que le porte-téléphone de L.o.L.o deMatt (avec pochette pour cartes de crédit), les chéquiers est des sacs à dos dont certains sont colorés. Tous provenant du pur cuir. «  On a toujours fait en sorte de proposer du cuir 100% même si cela nous oblige d’importer », confie Laurent. Lorraine confie justement que depuis 30 ans, le cuir est devenu très rare au pays. « J’apprends grâce aux gens des abattoirs que dorénavant les gens mangent aussi les peaux de cabri et de bœuf, ce qu’on ne faisait pas autrefois », explique-t-elle.

Les équipes de deMatt et de L.o.L.o deMatt nous attendent donc à Tara’s pour faire le plein de leurs produits « mouri kite » et de bonne facture.



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