ECOLE DE DROIT DES GONAIVES

Ecole de droit des Gonaïves: des professeurs dénoncent les dernières décisions du rectorat de l’UEH

Publié le 2020-10-14 | lenouvelliste.com

Depuis plusieurs mois, le torchon brûle entre le rectorat de l’Université d’Haïti (UEH) et le décanat de l’Ecole de droit et des sciences économiques des Gonaïves (Edseg). La pomme de discorde n’est autre que la circulaire du 13 août 2020 nommant une commission de restructuration à la tête de cette institution vieille de plus d’un siècle. Évoquant le statut privé de l’Edseg, le président du conseil des professeurs, Me Héber Pélissier, qualifie la décision « unilatérale » du rectorat de « nullité absolue radicale ».     

Dans une résolution adoptée le 30 septembre 2020, un jour avant l’assemblée générale, 29 des 34 professeurs de l’Edseg ont fustigé le comportement « arbitraire » des membres du rectorat de l’UEH. Sans aucune réserve, ils ont dénoncé la nomination « illégale » des commissaires. Tout en passant au peigne fin cette décision qui, disent-ils, bannissent la curiosité intellectuelle, l’excellence et le respect des valeurs, les signataires estiment que le rectorat méprise abjectement les principes fondamentaux de l’université.    

À l’attention de la communauté, le conseil des professeurs souligne que la démarche du rectorat n’est ni « intellectuelle », encore moins « scientifique ». Deux des commissaires, selon les protestataires, n’appartiennent pas à l’Edseg et n’ont jamais enseigné à l’université. Ils rappellent que l’éligibilité à l’UEH est réglementée et astreinte à un nombre d’années au niveau des entités. « L’Edseg a gagné sur les champs de bataille ses lettres de noblesse. Comprenez que cette réalité ne changera pas ! », a averti M. Pélissier. 

Une affaire de jalousie ? 

La durée du mandat des commissaires, de l’avis des professeurs, est une incohérence. D’après leurs conclusions, la décision du rectorat fait beaucoup penser à des manœuvriers habiles qui tentent de prendre d’assaut une école d’excellence à laquelle ils n’ont apporté aucune contribution sinon que la décrier par toutes sortes de diatribes. « L’Edseg donne trop de problèmes et crée la confusion. Et, nous monopolisons une partie du savoir. C’est la compétence, le succès national et international... Et cela gêne ! », s’est enorgueilli Héber Pélissier. Il renouvelle l’engagement de ses pairs de continuer à desservir efficacement la société.   

Des précisions pour limiter les actions du rectorat 

Se référant à l’article 6 des dispositions transitoires, les protestataires précisent que l’Edseg n’est pas une entité de l’UEH. Et même quand elle le serait, ont-ils avancé, cela ne donnerait nulle part dans les textes, droit au recteur de nommer ni de révoquer des doyens ou directeurs. « Ce sont les professeurs qui ont investi eux-mêmes pour bâtir l’école. L’école leur appartient », a déclaré le président du conseil. 

En termes de quintessence, les professeurs déclarent rejeter toute forme de nomination faite en dehors des principes et des normes en vigueur. Ils plaident en faveur d’un vrai dialogue tripartite (rectorat-professeur-étudiant) afin d’engager formellement l’institution dans les réformes qui s’imposent. 



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