Combattre l’alopécie de traction (bò tèt kale) chez les enfants d’âge scolaire

Publié le 2020-10-01 | Le Nouvelliste

L’alopécie traumatique cosmétique représente un véritable problème sociétal dans les communautés afro-américaines, particulièrement chez les filles et les fillettes de tout âge. L’alopécie de traction qui en est un sous-type commence déjà à l’école fondamentale et bien même avant chez certaines filles. Elle se définit comme la perte temporaire ou définitive de cheveux de la couronne ou des tempes soumis quotidiennement à des brossages et/ou une traction rigoureuse imposée par des chignons et favorisée par des matériels de coiffures désuets et inadaptés. Le cheveu afro-américain comme décrit dans la classification de Daniel Hrdy étant plus vulnérable et moins bien résistant que les types de cheveux caucasien et asiatique et ceci à cause des multiples tonsures le long de la tige. L’alopécie de traction a été décrite pour la première fois en 1907 par le dermatologue autrichien Trebich dans la région Ouest du Groenland chez 54 femmes qui se coiffaient systématiquement avec la queue de cheval.

L’atteinte de toute une famille, voire de tout un village ou d’un quartier, même si ce n’est pas le cas, semble témoigner du caractère normal et héréditaire d’un mal dont les racines sont plutôt ancrées dans les habitudes. L’alopécie de traction passe généralement par deux phases : la phase inflammatoire avec l’apparition du « pye cheve » proprement dite ou encore folliculite qu’on banalise le plus souvent et la phase de chute proprement dite avec la perte du cheveu et le début du processus de cicatrisation. La banalisation de ce mal aura coûté remords et dégoûts pour toute une vie car la cicatrisation du très connu « pye cheve » (folliculite) peut sceller définitivement le destin des follicules en question et entrainer une alopécie cicatricielle et irréversible.

L’impact psychosocial de ce phénomène aussi inesthétique que disgracieuse est énorme, allant de la perte de confiance au sentiment de honte et de dégoût de la part de ceux qui en souffrent. Les causes occasionnelles et profondes de ce phénomène méritent une attention toute particulière car comme dit certains dictons « prévenir vaut mieux que guérir » et encore « attaquer le mal à la racine ». Elles doivent être recherchées d’abord au niveau des écoles dans leurs exigences de coiffure qu’elles jugent protocolaire et acceptable, ensuite au niveau des parents tant dans les habitudes de coiffage que dans les outils désuets qu’ils utilisent. Une autre cause non négligeable mérite d’être soulignée est plutôt le coiffage quotidien avant l’aube pendant que l’enfant peine encore à se réveiller.

La clinique Centraca, une clinique dermatologique spécialisée dans le traitement des cheveux, enregistre depuis 2012 environ 2,000.00 cas d’alopécie de traction tout âge confondu avec des cas très sévères notamment chez les filles d’âge scolaire même si les cas cicatriciels se retrouvent beaucoup plus chez les adultes (plus de 25 ans). Le problème est que les mêmes écoles qui imposent ces coiffures mangeuses de cheveux, lors du traitement refusent le plus souvent un certificat médical autorisant des coiffures protectrices juste pour quelques mois de traitement.

 Le traitement de l’alopécie de traction est d’abord préventif, il s’agit de sensibiliser les parents et  responsables d’écoles à la nécessité de promouvoir d’autres styles de coiffures adaptés au cheveu afro-américain mais aussi d’apprendre aux parents au travers de tutorial des modèles de coiffures simples à réaliser et qui ne soient pas préjudiciables aux cheveux.

Le présent document est le début d’un vaste projet de sensibilisation, de formation et d’encadrement des responsables d’écoles, parents, professeurs, écoliers et élèves en vue d’en finir avec les tempes dégarnies. À cet effet, dix (10) coiffeuses professionnelles présenteront leurs modèles de coiffures avec explication détaillée et un jury de trois (3) membres décidera  la ou les coiffures championnes. Les inscriptions sont en cours, le casting est prévu pour le 15 octobre et la grande finale est le 22 novembre 2020 à 3h p.m.

Dr Roldan Célestin, dermatologue, et Miss Léonie Desroches, trichologiste

Numéro de contact : (509) 3153-5539

Dr Roldan CELESTIN dermatologue et Miss Léonie DESROSES trichologiste Auteur

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