Célébration de la Journée mondiale du tourisme en Haïti

PUBLIÉ 2020-09-28
Sous le thème « Tourisme et Développement rural », la Journée mondiale du tourisme a été célébrée partout à travers la planète. En Haïti, au restaurant Aioli, à Pétion-Ville, une causerie a été organisée pour l’occasion. L’actuelle ministre du Tourisme, Myriam Jean, et plusieurs autres acteurs du secteur sont intervenus. Des idées pour relancer le tourisme dans l’après-Covid, lui-même marqué par des crises sociopolitiques locales, ont servi de fil rouge aux réflexions de cette matinée.


L’idée que des villes comme New York et Paris, très glorifiées et faisant l’objet de tant de mythes ont perdu de leur superbe durant cette épreuve du coronavirus n’est pas que celle d’internautes qui donnent leur avis sur tout. Elle est aussi partagée par le monde du tourisme. Myriam Jean, l’actuelle ministre du Tourisme, au cours de son intervention à la célébration de la journée mondiale de ce secteur, confie tout de go : « Cette nouvelle maladie […] nous a non seulement surpris mais nous a rappelé la fragilité du concept même de développement urbain et mis à nu les faiblesses des systèmes sanitaires les plus complexes. » Elle explique un peu plus loin que le thème de cette année choisi par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a, à juste titre, vocation de mettre en avant le rôle du tourisme pour offrir des débouchées en dehors des villes.

Selon Mme Jean, ce 27 septembre ne doit pas être la date d’une célébration, puisqu’au niveau national, en plus de la pandémie planétaire, on doit aussi affronter des crises sociopolitiques, l’insécurité… La ministre invite plutôt à un engagement solennel pour le développement d’un tourisme rural, communautaire et accessible à tous, protecteur des valeurs et du patrimoine des communautés. « Nous sommes ici, dit-elle, fidèles à nos engagements, pour apporter notre petit grain de sable à cette construction en participant et en agissant pour notre communauté. Heureuse Journée mondiale du tourisme. Développons le tourisme rural ! »

Pour développer ce type de tourisme, l’économiste Fritz Duroseau suggère qu’on améliore les infrastructures, réduise la pauvreté des habitants de ces zones qui seront exploitées comme lieu touristique. Pour lui, la misère de ces derniers est l’un des plus grands freins à toute activité touristique. Il suggère aussi qu’on propose des expériences uniques voire compliquées ne pouvant être repiquées nulle part ailleurs « Personne dans la Caraïbe ni ailleurs ne peut proposer de remonter l’épopée de 1804. On aurait pu emmener les gens visiter toutes les étapes de la guerre débouchant à cette déclaration unique d’indépendance », avance-t-il. L’homme qui a travaillé pendant des années à la Banque centrale estime qu’Haïti aurait pu profiter de la Covid pour faire la promotion de ses plantes médicinales. « Les étrangers, constatant la non-réalisation de leurs prédictions néfastes, attribuent le manque de dégâts au pouvoir de nos plantes. On devait pouvoir profiter de cela », suggère l’économiste.

Rudy Dérose, du Réseau national des promoteurs du tourisme solidaire, avance que sa structure n’a pas attendu la Covid pour faire la promotion du tourisme en dehors des grandes villes. Il évoque des initiatives à son actif comme la « Route de l’eau » dans le plateau Central, du Cacao dans la Grand'Anse, du Café dans le Sud-Est et bientôt de la Canne à sucre dans la Plaine du Cul de Sac et Léogâne. Parmi ses recommandations pour le développement du tourisme rural, il propose la formation de ceux qui s’y dédient, de leur permettre de visiter des développeurs de ce type de tourisme dans d’autres pays de la Caraïbe, d’intégrer les acteurs locaux dans tous les plans… « Aujourd’hui, dit-il, le Renaprots profite de cette occasion pour renouveler sa volonté d’œuvrer pour un tourisme inclusif. »

L'agronome Gary Paul, représentant du ministère de l'Environnement, de manière succincte affirme que son institution travaille à ce que la protection de l'environnement soit transversale dans toute activité publique. « Pour ce faire, confie-t-il, il faut l'apport de tous les acteurs concernés. Le ministère de l'Environnement tout seul ne pourra pas veiller au respect des sites touristiques ou la valorisation du patrimoine. » Il est donc ouvert à des collaborations qui puissent convenir à toutes les parties.

Avant que la rencontre ne soit bouclée avec une collation, Davidson Toussaint, depuis l’étranger, est apparu dans une vidéo où il souhaite une bonne Journée mondiale du tourisme à tout le monde et invite le grand public au Cap-Haïtien une fois encore pour la deuxième édition de Tourism Innovation Summit qui va du 30 octobre au 1er novembre 2020.



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