Dieu existe, je L’ai rencontré

Publié le 2020-07-14 | Le Nouvelliste

Charlotte B. Cadet

Rassurez-vous !  Ces paroles ne viennent pas de moi. Je les ai empruntées à André Frossard, un homme qui n’a reçu aucune formation religieuse, ses parents étant communistes athées. André Frossard, un écrivain français reçu, plus tard, à l’Académie française, a vécu une expérience extraordinaire à l’âge de 20 ans. À la recherche d’un camarade d’Université, il s’est trompé de porte d’entrée. En lieu et place de l’École normale supérieure, il se retrouve plutôt dans une chapelle, où il aperçoit jusqu’au fond un soleil rayonnant, ne sachant pas qu’il se trouvait en face du Saint-Sacrement.  « C’était une lumière spirituelle qui a inversé l’ordre naturel des choses. Depuis ce jour, j’ai cru que Dieu existe», écrit-il dans son livre best-seller des années 60 : «  Dieu existe, je L’ai rencontré.  »

Pourquoi j’ai choisi de commencer mon texte avec ce passage de la vie d’André Frossard, devenu, longtemps après, un grand ami du pape Jean-Paul II au point où ce dernier, au cours d’une visite en France, a tenu à se recueillir sur sa tombe ?  En effet, à l’ère de la Covid 19, on entend tous les sons de cloche. Le malin petit virus accapare tous les médias : Corona par-ci, Corona par-là. Et la panique s’invite normalement.

En général, j’écoute les nouvelles chaque matin. Branchée, il y a quelques jours, sur une station habituelle, j’ai entendu un médecin parler de baisse de la pandémie confirmée, un peu après, par le Dr William Pape (coprésident de la Commission multisectorielle de la gestion de la  covid 19). Celui-ci, au cours d’une émission, à ma grande surprise, s’est exclamé : «  Dieu nous a épargnés de l’hécatombe qui se profilait à l’horizon pour nous.  » Pour la première fois, depuis l’apparition du virus, une personnalité, pas des moindres, ose citer le nom de Dieu. Cependant, malgré son assurance, le Dr Pape se pose, en même temps, des questions : (le défaut des scientifiques) pourquoi le virus qui évolue en Haïti n’est-il pas aussi virulent que celui qui fait rage dans les autres pays?  La jeunesse de la population observée dans la pyramide des âges joue-t-elle un rôle ? Il mentionne également la température ambiante atteignant parfois des degrés très élevés. Le virus aurait peur de la chaleur, dit-on.

De renommée internationale, le docteur William Pape, spécialiste en maladie infectieuse, n’est pas un nouveau venu sur la scène médicale. Les travaux réalisés sur le sida au centre Gheskio en sont la preuve convaincante. D’autres spécialistes intervenant à la radio pensent que nous avons atteint le pic de la pandémie, ce qui signifierait un grand nombre de morts dans une journée comme en Italie ou en Espagne, lors de la première vague. Et ça n’a pas eu lieu. On dirait que le pic n’a pas franchi nos frontières, malgré le non-respect des consignes chez une grande majorité de la population.

Plus de trois mois après le confinement, toujours selon les experts, les chiffres contrastent avec les prévisions. Rien qu’une centaine de morts pour 5000 infectés environ. Partout ailleurs, on sentirait un relâchement en contemplant des baigneurs prendre leurs ébats sur la Côte-des-Arcadins, ou bien attablés aux restaurants branchés comme au bon vieux temps. Pas vraiment, la prudence est de mise.

Pourquoi toute cette élaboration ?  Juste pour rester dans la note, pour revenir à André Frossard qui a aussi parlé de foudroiement à l’intérieur de la chapelle et qui a écrit d’autres ouvrages pour prouver l’existence de Dieu : «  Dieu en questions  ».  D’autres scientifiques reconnus mondialement ou encore de grands leaders politiques clairvoyants reconnaissent l’existence de Dieu, le général de Gaulle qui a dirigé la France en deux fois, était un catholique pratiquant, Ampère, celui qui a mis au point les lois des courants électriques en physique, s’est écrié un jour : «  Que Dieu est grand ! Notre savoir n’est rien ! Mais je veux surtout m’arrêter à la phrase prononcée avec force par le Dr Pape :  «  Dieu nous a épargnés de l’hécatombe qui se profilait à l’horizon pour nous.» Tout d’abord, seul un croyant peut proférer une telle affirmation. Et pas n’importe qui, un médecin doublé d’un chercheur scientifique.

Pour essayer de trouver une explication à ce qui se passe en Haïti actuellement, concernant cette baisse enregistrée au niveau de la pandémie, il faut remonter à l’année 1882 où une maladie inconnue jusque-là, la petite vérole, faisait des ravages en Haïti.

Sous la présidence de Lysius Salomon, en 1882, une épidémie de petite vérole appelée aussi variole a frappé tout le pays. Port-au-Prince, à elle seule, pouvait compter une soixantaine de morts chaque jour. (La ville n’étant pas aussi peuplée qu’aujourd’hui). C’est alors que l’Église catholique est entrée en scène d’après le père William Smart, dans son ouvrage :«Histoire de l’Église d’Haïti.  »

À la chapelle du Bel-Air qui venait de recevoir d’une bienfaitrice, madame Desjardins, une grande image de Notre-Dame du Perpétuel Secours, vénérée des Rédemptoristes à l’église Saint Alphonse de Rome, des prières intenses ont débuté pour arrêter le fléau. Au cours d’une cérémonie religieuse, l’archevêque de Port-au-Prince, Monseigneur Jean-Marie Guilloux, comme inspiré, sortit avec l’image et, à partir de la colline, traça une croix de bénédiction sur la capitale. Une neuvaine prend la relève dès le lendemain et, le 5e jour, une pluie diluvienne tombe sur Port-au-Prince comme pour purifier la ville et, en moins d’une semaine, la petite vérole avait disparu, non seulement à la capitale mais à travers tout le pays. Un miracle éclatant pour les témoins de l’époque. À partir de ce jour, la dévotion à Notre-Dame du Perpétuel Secours avait démarré, toujours d’après le P. William Smart. En 1942, sous le président Élie Lescot, un  catholique notoire, Notre-Dame du Perpétuel Secours est devenue officiellement la patronne d’Haïti en souvenir du miracle de la petite vérole.

Loin de là notre idée de comparer quoi que ce soit ni de faire du prêchi-prêcha, néanmoins, il est toujours bon de confronter les époques pour que jaillisse la vérité.

Pendant les trois mois de confinement, bien que les églises, les temples ne fonctionnent pas, ou le font sans public, des séances de prières ont été organisées selon leur foi. Du côté de l’Église catholique, les messes dominicales ont eu lieu en présence d’une dizaine de fidèles, les neuvaines se sont multipliées à travers tout le pays. Jamais Haïti n’a enregistré autant de manifestations religieuses, soit en petit comité, soit à travers les réseaux sociaux. L’Association des fidèles charismatiques d’Haïti a organisé un mini-congrès tout en respectant les consignes du gouvernement et de la Conférence épiscopale, suivi magistralement sur Télé Pacific ici et en diaspora. Puis ce fut la neuvaine à la Pentecôte. Encore un succès. Le groupe Solèy Lafwa a suivi avec une neuvaine en l’honneur de Notre-Dame du Perpétuel Secours dont c’était la fête le 27 juin dernier, pour lui demander de refaire le miracle de la petite vérole sur le thème « Sa ou te fè yè a refè li jodi a pou nou.» Le père Frantzy Petit-Homme, responsable de la pastorale universitaire, a enchaîné également avec une neuvaine. Et en privé, des fervents  confient qu’ils n’ont jamais autant prié de leur vie : neuvaines, rosaires, chapelet de la Divine Miséricorde…

Le chapelet de la Divine Miséricorde a été remis à une religieuse, Soeur Faustine, par Jésus-Christ lui-même, lors d’une apparition en 1934. On le récite à 3h p m. C’est l’heure de la grande miséricorde, avait dit Jésus à Soeur Faustine. Ce qui a porté le pape Jean-Paul II (St Jean-Paul II) en l’an 2000, à instituer la fête de la Divine Miséricorde, le dimanche d’après Pâques, jour de la canonisation de Soeur Faustine,  morte en 1938. Drôle de coïncidence, le pape Jean-Paul II est mort en 2005, le dimanche de la Divine Misèricorde. Je connais une amie qui invoque Saint Jean-Paul II pour libérer Haïti du corona virus parce qu’il est le seul saint qui connaît notre pays pour l’avoir visité le 9 mars 1983. Qui peut oublier les paroles prophétiques prononcées, à l’occasion, par le bon pape Jean-Paul II :  «  Il faut que quelque chose change.  »

Dans le cas d’Haïti, il est vraiment trop tôt pour parler de miracle à propos du virus. Cependant, je reviens encore à mon ami André Frossard qui a donné une réponse presque enfantine aux amis qui  le taquinaient: «Je n’ai pas seulement foi en Dieu, je l’ai rencontré. » Donc, tout est une question de foi.

Alors, encore une fois, je ne suis pas en train de prêcher, mais de témoigner que Dieu n’est pas aussi loin qu’on le pense. Il écoute. Il répond. Il se laisse trouver. Et… après tant d’expériences vécues, pourquoi ne pas faire mienne l’affirmation d’André Frossard : « Dieu existe, je l’ai rencontré.  »

Charlotte B. Cadet

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