Nous sommes mal masqués, mal aimés et mal défendus

Publié le 2020-05-05 | Le Nouvelliste

Mardi, sur Magik 9, la matinale a reçu coup sur coup le premier ministre Joseph Jouthe et le président de l’Association des Industries d’Haïti, Georges B. Sassine. Les deux responsables, l’un du gouvernement, l’autre du regroupement des propriétaires d’usines en Haïti, ont détaillé leurs désaccords sur la question des masques que les industriels ont promis en cadeau ou qu’ils doivent vendre à l’État haïtien.

A les entendre, après plus d’un mois qu’on en parle, rien de concret n’a pu être conclu entre les deux parties. Chacun a ses explications et ses raisons. Les deux parties s’estiment être dans leur droit. Croient avoir bien fait.

La question est : avoir bien fait au bénéfice de qui ?

Les deux camps étalent leur pouvoir et leur autorité, campent sur leurs positions. L’État peut ouvrir et fermer les usines. L’État peut autoriser les usines à exporter ou pas. Les usines peuvent livrer les masques attendus ou ne jamais le faire.

Dans cette bataille entre deux pots en fer, c’est le petit pot en terre de la population haïtienne qui en sort en mille morceaux, en poussière.

Pendant que les politiques et les industriels se chamaillent sur des questions que l’on peut résoudre en quelques heures autour d’une table et des téléphones dans tout pays normal, il n’y a pas assez de masques pour la population ni pour les soignants qui sont en première ligne.

Depuis le début de cette affaire de masques, les membres de l’ADIH et ceux du gouvernement ont-ils compris l’urgence de la situation pour les couches les plus vulnérables de la population ?

Un mois plus tard, les résultats auxquels ils sont parvenus après des négociations confirment que nous sommes mal partis. Nous serons mal masqués parce que mal aimés et mal défendus.

En dépit de tout, on ne peut compter que sur les usines d’ici car l’arrivage des commandes du gouvernement pour prémunir le gros de la population contre les dangers du Covid-19 est repoussé de semaine en semaine.

La bataille pour quelques cents, le reniement ou non d’un gentlemen's agreement font tache et montrent soit l’absence de sincérité des parties, soit les limites et la méconnaissance du gouvernement des prérogatives des associations et des industriels du secteur de la sous-traitance qui sont plus faibles qu’on ne le croit.

Il faut espérer que des leçons soient apprises de cette affaire. Pour tourner la page de cette chicane, repartir sur de nouveau pied et jouer cartes sur table, il n’y a rien comme les bons comptes qui font les bons amis. 

Le gouvernement haïtien et nos industriels nous doivent une meilleure prestation, de meilleurs résultats, une collaboration exemplaire. Si ce n’est pour la population, qu’ils le fassent pour eux-mêmes.

Frantz Duval
Auteur
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