N’attendons pas l’immense vague du coronavirus pour faire ce qui doit être fait

Publié le 2020-03-20 | Le Nouvelliste

Comme après le séisme et la crise du choléra, au « Centre d’informations permanentes sur le coronavirus » (c'est le nom officiel de la structure) mis sur pied pour informer la population, premier ministre, ministres, directeurs généraux et responsables de tout rang tiennent des conférences de presse pour présenter leur projet, leurs vœux et leurs accomplissements futurs.

Il y a des propos et des formules qui font rire les journalistes. En ce lieu emblématique de l’action du gouvernement haïtien qu’est le « Centre d’informations permanentes sur le coronavirus », le cocasse et le grave se côtoient, comme partout en Haïti.

Comme souvent, on communique faute de mieux. On communique comme on peut. On communique sur les communications passées et sur les actions dépassées.

Ceux qui observent attentivement le ballet des officiels comprennent vite que la stratégie d’Haïti dans la lutte à venir contre la propagation du coronavirus reste à définir.

Il y a plus de projets qui cherchent des financements que d’actions qui sont entreprises pour le bien de la population, au « Centre d’informations permanentes sur le coronavirus ».

Dans l’attente des millions et milliards, Haïti est officiellement sur la liste des pays où le Covid-19 est présent. Nous avons deux cas détectés et testés positifs. Tous les experts savent que passé le stade du premier cas connu, il existe un nombre indéterminé de cas qui ne sont pas diagnostiqués. C’est un phénomène mondial.

Quand le Covid-19 est signalé dans un lieu, une ville, un pays, il y a les réponses-types chinois, taïwanais, sud-coréen ou singapourien utilisés pour réduire, contenir et maîtriser l’épidémie. Il faut une discipline quasi militaire, des moyens énormes et une population attentive aux instructions et conseils. Une population docile qui écoute les ordres et qui s’y soumet.

Les quatre pays cités sont aujourd’hui des exemples. On n’y dit pas que l’épidémie y est chose du passé. Les autorités continuent de surveiller l’évolution de chaque cas. A Wuhan par exemple, ville où le Covid-19 a commencé, toute la population est en confinement total depuis 57 jours... Même si il n'y a plus de nouveaux cas. 

À Taïwan par exemple, il y a 124 recommandations à suivre scrupuleusement. Haïti pourrait demander conseil à son ami ou s’inspirer de son succès. Il nous faut choisir une philosophie pour modeler notre stratégie de combat contre le coronavirus. 

En Haïti, nous sommes dans un autre monde. Nous ne suivons pas l’exemple des Asiatiques et nous n’avons pas su prendre les devants comme le Salvador et les îles Turks and Caicos qui ont fermé leurs frontières avant même la découverte d’un premier cas. Ils ont pris les devants par précaution.

Haïti a attendu que le premier cas soit déclaré pour annoncer une série de mesures. Mais visiblement le temps perdu n’a pas servi à fignoler les décisions annoncées. Il reste encore beaucoup à faire.

Haïti doit rapidement définir une stratégie car les exemples italiens, français et américains prouvent que dès que le premier cas est détecté, la course sera perdue si l'on ne bat pas le coronavirus de vitesse.

Les pays qui espèrent que l’expansion de l’épidémie s’éteindra ou ralentira par la pensée magique caressent une illusion. Ceux qui ont tardé à réagir se mordent les doigts et comptent les morts. Même les plus cyniques qui disent que seuls les vieux et les plus faibles meurent se trompent. Le coronavirus frappe à tous les étages de la vie. 

Les pays qui ont tardé après les premiers cas de coronavirus à passer au confinement et à l’arrêt de tous les contacts non essentiels ont aujourd’hui une crise sanitaire.

Les économies du Salvador ou des îles Turks and Caicos seront affectées par les décisions préventives mais, pour le moment, ces deux pays ne connaissent pas de crise sanitaire.

Haïti risque de connaitre les pires tourments au pire moment, dans un mois, si la courbe de l’expansion du coronavirus est similaire à ce qui se passe dans d’autres pays.

Un pays faible comme le nôtre peut être encore plus faible demain avec la maladie qui s’installe à l’intérieur de nos frontières. Les autorités doivent se hâter avant que la vague immense ne nous submerge. Chacun doit aider de son mieux les responsables haïtiens, surtout en les invitant à faire de mieux en mieux chaque jour dans chaque aspect de leur travail.

Cela passe par des critiques constructives et le respect des instructions émises sans se voiler la face sur nos insuffisances ni en détournant les yeux de la propension naturelle des chefs à faillir depuis des années devant l’immensité des tâches à accomplir.

Frantz Duval
Auteur
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