Infrastructure sportive

Était-il nécessaire de construire le centre Sport pour l’Espoir Haïti?

Sans l’ombre d’un doute, l’infrastructure sportive haïtienne de la décennie (2010-2019), gérée par la fondation «Sport pour l’Espoir», n’en déplaise aux réalisateurs des 25 stades de football du pays, n’est autre que le Centre olympique, construit après le tremblement de terre du 12 janvier par le généreux soutien du Mouvement olympique, les fédérations internationales de sports et le gouvernement haïtien. Mais, était-il nécessaire de construire ce complexe sportif ou encore : a-t-il sa raison d’être ?

Publié le 2020-01-09 | Le Nouvelliste

Histoire

La pause de première pierre du centre, qui allait être la plus grande infrastructure sportive jamais construite en Haïti, a été faite le mardi 14 février 2012 en présence de Jean-Édouard Baker (alors président du COH), Mario Vasquez (vice-président du CIO) et de l’ex-ministre des Sports René Roosevelt. Les travaux, qui avaient débuté en juillet 2013, ont été exécutés par IBF Group avec l’expertise de la firme dominicaine Estrella. Ainsi, le centre «Sport pour l’Espoir» a été inauguré le 15 juillet 2014. Pour rehausser l’éclat de cet évènement, l’Allemand Thomas Bach, président du CIO (Comité olympique international), l’ex-président de la République Joseph Michel Martelly et l’ex-secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon y étaient à côté des autorités sportives du pays.

Ce complexe polyvalent, faut-il le rappeler, est situé sur un terrain gracieusement offert par le gouvernement d’Haïti, à l’angle de la route nationale # 1 et la route neuve. Il comprend deux grandes halles intérieures pour l’entraînement, une halle intérieure pour les compétitions d’une capacité d’accueil de 2 500 places, et plusieurs terrains et courts extérieurs. En tout, ce sont quatorze sports olympiques qui sont pratiqués au centre : football, rugby, athlétisme, volley-ball, basket-ball, handball, tennis, judo, taekwondo, boxe, karaté, badminton, tennis de table et haltérophilie.

Le complexe possède également trois salles de classe, des bureaux, une salle de sport, un centre médical, des vestiaires et un pavillon. Un bâtiment destiné au logement a été construit grâce au soutien financier de la Banque interaméricaine de développement (BID).

Sa raison d’être ?

La construction du centre «Sport pour l’Espoir» par le Mouvement olympique, à travers le Comité olympique haïtien, quatre ans après le violent séisme du 12 janvier qui avait ravagé Haïti, rentre dans le cadre du processus de reconstruction du pays.     

Le centre « Sport pour l’Espoir » devrait en principe offrir aux athlètes des installations sportives modernes (pour des conditions d’entraînement optimales), aux fédérations nationales des bureaux, un large éventail de programmes éducatifs, des services de santé, des activités communautaires pour améliorer le niveau du sport d’élite dans le pays. En fait, les jeunes, les familles et les écoles des communautés devraient être les principaux bénéficiaires.

Dans ce petit jeu, nombreuses sont les activités sportives, sociales, culturelles et autres…qui ont eu lieu au centre «Sport pour l’Espoir» de 2014 à 2019.

Durant ses six ans d’existence (2014-2020), sur le plan administratif, on a connu de nombreux directeurs, de Bernard Daniel, en passant par Robert Duval, Guy-Nicole Lemite, Bony Georges, Marylin Paul jusqu’à Marc-Arthur Jean-Louis qui a pris les rênes, depuis juin 2019, de l’unique centre olympique du pays. N’est-on pas en droit de se demander s'il était nécessaire de construire ce complexe sportif en Haïti ? A-t-il été exploité au maximum par la famille sportive haïtienne ? Est-il autosuffisant ? Et que faut-il faire pour combler le vide s’il y en avait ?  

La réponse de certaines personnes qui ont dirigé le centre est claire : elles sont unanimes à reconnaître qu’il n’est pas exploité au maximum. Cependant, pour ces responsables, il était important de construire ce complexe sportif. Financé à cent pour cent par le CIO, le budget annuel du centre «Sport pour l’Espoir» est réduit de 35%, s’il faut se fier aux propos du nouveau directeur, Marc-Arthur Jean-Louis, avant de faire croire que le budget sera à nouveau réduit l’an prochain à 50 pour cent. Pour M. Jean-Louis, la distance et le lieu où est situé le centre, souvent évoqués par certains dirigeants, ne sont pas une excuse. À la recherche d’autres sources de financement, le centre, selon les propos du nouveau directeur général, produit des œufs, des poulets de chair et du miel.  

Que faire ?

Pour l’année 2020, les activités au centre ont débuté depuis le mardi 7 janvier. À l’instar des fédérations et associations sportives du pays (qui auront à utiliser les services du centre), les responsables ont mis en place un programme baptisé : Programme sports scolaires (PSS), ouvert aux écoles de la zone, sans oublier le Programme sportif social, baptisé « week-end sportif ».  

Si nos sportifs n’arrivent toujours pas à exploiter au maximum le centre «Sport pour l’Espoir» et que le centre, n’arrive pas encore à former des athlètes de renom, capables de représenter le pays lors des grands rendez-vous planétaires (ce qui a été l’un des objectifs de la construction du centre), l’infrastructure sportive haïtienne de la décennie, qui aura bientôt six ans (15 juillet), a, malgré tout, sa raison d’être vu qu’il a été exploité à plus de 60 pour cent par les entités sportives haïtiennes.

Certains observateurs diront, oui, il était nécessaire de construire après le séisme du 12 janvier 2010 ce complexe sportif, mais pour que le centre «Sport pour l’Espoir» soit exploité au maximum, il revient non seulement à nos entités sportives, mais aussi aux responsables du pays (privés et étatiques) d’exploiter à bon escient l’unique centre olympique du pays et de placer les personnes qu’il faut à la place qu’il faut.   

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