Murielle Leconte, 60 bougies pour une dame de cœur

PUBLIÉ 2019-12-04
Ce dimanche 8 décembre 2019, à compter de 5 h au Kasa Chanpèt (Miami), Murielle Leconte célébrera ses 60 ans. Une exposition-vente de ses œuvres mais aussi de celles de plusieurs artistes de disciplines diverses, des primes à gagner, de la musique sont au programme de cette activité qui sera co-animée par Smoye Noisy et Carline N. Mourra.


Son patronyme ne trompe pas : Murielle Leconte est bien l’arrière-petite-fille du président Cincinnatus Leconte. Elle est née de l’union de l’ingénieur Richard Leconte, qui rentre dans l’histoire comme étant le premier à implanter une université privée en Haïti à savoir l’Université Ruben Leconte, et de Gisèle Lissade, reine de beauté native de Léogâne, secrétaire de profession. Les parents divorcent tandis que Murielle n’a que 6 ans. Chez sa belle-mère la vie n’est pas toujours rose pour la gamine de l’époque. Elle et ses frères et sœurs passent les vacances au Cap ou à Léogâne puis à New-York après ses 10 ans.
Comme toutes les filles de classe moyenne à l’époque, Murielle passe par la filière des écoles congréganistes. Les bonnes sœurs de l’Externat de la Providence en primaire, celles de Marie-Anne pour le secondaire. Elle se forme en génie civil dans l’école de son papa très strict. Elle apprend ensuite le protocole à l’Académie diplomatique et consulaire et la danse chez Harry Policard comme la Célia Cruz bleu et rouge.
C’est en l’an 2000, dans un songe, que Murielle apprend qu’elle était destinée aux métiers de la création. « J’ai vu mon père décédé qui m'a dit que mon destin c’était de peindre, de créer », confie celle qui jusque-là ne pouvait pas soupçonner ce don chez elle.
Murielle, pour la gouverne des moins de 20 ans, a été pendant longtemps la reine de toutes les fêtes. Avec son agence qui est l’une des plus icôniques de l’histoire récente de notre pays, elle a sillonné les fêtes de Saint-Valentin, les fêtes des Mères, des Pères pour montrer ces dernières créations… Elle a défilé aux bals de Tropicana, aux fêtes privées de la maison Acra. La Sogebank l’a soutenue pour l’organisation de la célébration de ses quinze ans d’activités de création au Cercle Bellevue.
La designer a collaboré avec Marie Jocelyn Lassègue. Grâce à Josette Darguste elle a aussi expérimenté l’habillement des déguisés des chars de carnaval. Toutes les télévisions la réclamait à leur show pour parler de son travail de conceptrice de mode. Madame évoque Télémax et notamment sont fameux concours Miss Vidéomax qui a marqué plusieurs générations de téléspectateurs, la TNH, Télé Ginen. Murielle Leconte était le chouchou de bien des étoiles de la radio également dont Brégard Anderson de la Radio Caraïbes.  « À l’époque, précise-t-elle, l’argent n’était pas la finalité. C’était le partage des idées qui primait. Nos lecteurs des premières heures peuvent témoigner combien Murielle faisait les manchettes de notre journal. D’un autre côté, beaucoup de nos jeunes créateurs lui sont redevables de leurs premières expériences.
Mais juste derrière cette étoile de la création, il y a la réalité d’une femme battue. « Il me martyrisait tant », confie-t-elle évoquant son mariage qui s’est brisé par la suite. En raison des complexités d’une intervention chirurgicale, elle en est venue à admettre l’impossibilité pour elle d’avoir des enfants. Murielle considère les jeunes qui sont passés à son agence, Murielle Créations, comme étant ses fils et filles.
Il y aussi le cancer qu’elle combat depuis neuf ans. « Dieu, dit-elle, est là auprès de moi dans cette traversée. Et je me réjouis de pouvoir tenir à ce jour sans l’aide de l’Etat. » L'artiste a dû arrêter son hyperactivité sous l’injonction des médecins qui pronostiquaient le pire pour elle. L’un d'entre eux avait même prédit sa mort dans deux heures après une intervention ! On lui a fait chercher du sang O négatif pour ensuite lui balancer en plein visage que les risques qu’elle ne s'en sorte pas sont très grands. Ensuite il fallait se battre contre la péritonite, l’ambolie pulmonaire et la colostomie. 
Murielle est  reconnaissante envers des personnes comme Magalie Racine, Paul Villefranche, Caleb Desrameaux, Smoye Noisy pour leur soutien inconditionnel durant ce passage dans sa vie. La dame de 60 bougies idéalise encore des personnalités publiques comme Emilie Damier, Marie Laurence Jocelyn Lassègue ou encore Maëlle David. Et bien entendu, avant tout, Dieu, qui lui "inspire la bonté de cœur. 
Son plus grand regret dans la vie c’est le manque de solidarité dans le secteur de la création. « Il y a, dit-elle, un manque d’entraide. Ils ne vous parlent pas des opportunités qui sont à saisir. Ils ne se supportent pas mutuellement. » Sa plus grande satisfaction c’est d’être toujours restée digne en dépit de tout.  
« Je ne fais pas 60 ans selon plus d’un », affirme la créatrice avec autodérision. Cette activité au Kasa Chanpèt ce dimanche 8 décembre sera l’occasion pour Murielle de festoyer avec des collaborateurs de longue date, des artistes d’horizons divers. Au programme, il y aura l’exposition-vente de ses produits mais aussi ceux de la designer Flore Loiseau, la vente-signature du livre "Voyageurs hors norme" cosigné par Marie-Marcelle Ferjuste et Castel Germeille. Un buffet spécial et des primes à gagner sont également prévus à cette activité qui sera animée par Smoye Noisy et Carline N. Mourra. Et la sexagénaire tient à dire merci via nos lignes à toutes celles et tous ceux qui d’une manière ou d’une autre ont fait un impact positif dans son existence.



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