Le choix de nos autorités de fuir leurs responsabilités

Publié le 2019-11-29 | Le Nouvelliste

L’État haïtien peine à donner une réponse appropriée au phénomène du banditisme qui prend des proportions insoupçonnées à Port-au-Prince et dans les grandes villes du pays ces derniers temps. Si la prolifération des gangs armés dans les bidonvilles n’a pas pris naissance sous l'administration Moïse, cette dernière n’a cependant rien fait pour stopper l’hémorragie. Le climat de terreur à Martissant, au Bicentenaire, dure depuis tantôt deux ans. Les promesses des autorités haïtiennes de rétablir l’ordre dans la zone sont restées lettre morte. Au contraire, le problème s’est aggravé. D’autres quartiers de Port-au-Prince et de certaines villes de province se transforment en quartiers de non-droit.

À côté de l’inaction de l’administration Moïse/Lapin par rapport à la multiplication des gangs armés à travers le pays, la crise politique actuelle, notamment le dernier épisode de «peyi lòk», est une aubaine pour les bandits. Certains chefs de gang sont soupçonnés d’être à la solde du gouvernement ou de l’opposition dans le cadre de la bataille qui les oppose. La justice haïtienne qui devrait confirmer ou infirmer de telles accusations dépose malheureusement les armes face aux malfrats.

On se rappelle que des responsables d’associations de magistrats avaient demandé aux juges de rester chez eux jusqu’à ce que leur sécurité soit garantie. Des juges ont même exigé que le palais de Justice quitte le Bicentenaire. On ne sait si la demande des juges sera agréée ou non.

Il n’y a pas que la justice à vouloir se retirer du Bicentenaire. Le Parlement aussi. Le président du Sénat, Carl Murat Cantave, a annoncé ce vendredi que le Sénat va être logé temporairement dans un hôtel à Pétion-Ville. De quoi surprendre l’opinion publique qui attend que les autorités haïtiennes prennent des mesures pour mettre les bandits hors d’état de nuire. Rien de tout cela. L’État préfère donner du terrain aux bandits. Pourtant certains ont vu dans l’installation des institutions publiques, notamment la Primature, le Parlement et le palais de Justice, au Bicentenaire, une stratégie de faire renaître cette zone qui faisait autrefois la fierté de la capitale haïtienne.

Les parlementaires, qui disposent d'agents de sécurité, décident de fuir le Bicentenaire à cause de l’insécurité. Quel message envoient-ils à ceux qui habitent la zone ? Quelle conclusion doivent tirer ceux qui y mènent leurs activités ?

La délocalisation des institutions publiques du Bicentenaire laisse croire que les gangs armés ont le champ libre pour terroriser la population. La Police nationale d’Haïti dont la mission est de protéger et servir va-t-elle envoyer un autre message à la population ?

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