BRH/Note sur la politique monétaire

Note plus que salée pour l’économie au troisième trimestre de l’exercice 2018-2019

La Banque de la République d’Haïti (BRH) a mis en ligne, le 23 juillet dernier, sa traditionnelle note sur la politique monétaire (juin 2019) qui fait un diagnostic complet de la situation économique médiocre du pays au 3e trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019.

Publié le 2019-07-26 | Le Nouvelliste

Chute des recettes fiscales, baisse de l’offre alimentaire locale, renforcement des pressions inflationnistes, dégradation du climat des affaires provoquée par les troubles sociopolitiques à répétition, poursuite de la dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain. Ce tableau sombre dépeint dans la dernière note sur la politique monétaire de la banque centrale est celui du troisième trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019.

« […] L’activité économique durant le trimestre sous étude a pâti de la détérioration du climat des affaires provoquée par des troubles sociopolitiques à répétition. Par ailleurs, la faible pluviométrie dans les principales régions agricoles du pays a été défavorable à la récolte de printemps qui compte pour 50% du total annuel. Ces deux éléments se sont traduits par une baisse de l’offre alimentaire locale et des difficultés d’approvisionnement dans les principaux marchés », plante d’entrée de jeu le document officiel avant de préciser que l’ensemble de ces facteurs ont contribué à un renforcement des pressions inflationnistes, lesquelles ont été amplifiées par la dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain.

Ainsi, l’activité économique au cours du 3e trimestre a pâti de la dégradation du climat des affaires provoquée par les troubles sociopolitiques à répétition. Et, pour ne rien arranger, dans le même temps, la sécheresse enregistrée au niveau de plusieurs régions agricoles du pays a été défavorable à la récolte du printemps.

« En effet, dans plusieurs régions agricoles du pays, on a observé de faibles précipitations durant les mois antérieurs à ladite récolte, réduisant ainsi l’offre locale de denrées alimentaires. De plus, la situation d’insécurité et les tensions sociopolitiques ont, durant plusieurs jours au cours des mois de février et de juin, conduit à la paralysie quasi totale des activités économiques dans plusieurs villes du pays », explique longuement la banque centrale.

Une situation, à en croire la Banque des banques, qui a eu des impacts négatifs importants sur les investissements en général et le secteur touristique en particulier, en termes de réduction des flux de devises, du taux d’occupation des hôtels et du nombre d’emplois dans le secteur.

Augmentation des pressions inflationnistes

Le taux d’inflation annuel s’est établi à 18,6 % au mois de juin, en hausse de 1,9 point de pourcentage par rapport à mars 2019. En rythme mensuel, l’inflation a été de 1,8 % en juin contre 0,7 % en mars pour une moyenne de 1,47 % sur l’ensemble de l’exercice.

« Cette évolution haussière des prix et la réduction de la disponibilité alimentaire a engendré, selon le réseau Fews Net, des situations de crise alimentaire, notamment dans les régions du Nord-Ouest, du Nord-Est, des Nippes et de la Grand’Anse », rapporte le dernier numéro de la note sur la politique monétaire.

La dépréciation de la gourde continue

En ce qui concerne le secteur externe, poursuit la note de la BRH, les données disponibles pour le troisième trimestre 2019 indiquent une poursuite de la dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain en dépit de l’amélioration du solde commercial et de l’accroissement des transferts reçus de l’étranger.

 En effet, au cours des six premiers mois de l’exercice, le déficit commercial s’est chiffré à 1,59 milliard de dollars américains, ce qui représente une baisse de 7,3 % par rapport à la même période de l’exercice antérieur.

« Cette baisse du déficit commercial est due à l’effet combiné d’une baisse des importations et d’une hausse des exportations », souligne la banque centrale, notant que pour la période considérée, la valeur des importations a reculé de 2,21 %, s’établissant à 2,15 milliards de dollars américains, alors que les exportations se sont accrues de 15,7 %, se hissant à 561,7 millions de dollars américains.

Par ailleurs, pour les sept premiers mois de l’exercice, les transferts privés reçus de l’étranger ont progressé de 6,72 % par rapport à l’exercice précédent pour atteindre 1,48 milliard de dollars américains.

Toutefois, constate la note politique, l’offre de devises alimentée principalement par les transferts n’a pas pu compenser l’augmentation de la demande de précaution et de spéculation induite par les incertitudes liées au climat sociopolitique.

« Au 28 juin 2019, le taux de change de référence a atteint le niveau de 93,0256 gourdes pour un dollar américain, soit un accroissement de 12,6 % par rapport à fin mars 2019. »

Les recettes publiques en berne

En ce qui concerne les finances publiques, la situation financière de l’État s’est amplement détériorée à cause des troubles sociopolitiques ayant prévalu au cours du trimestre. En effet, la paralysie des activités économiques dans la plupart des villes du pays pendant environ deux semaines et les difficultés des organismes de perception (DGI et douane) de fonctionner normalement se sont traduites par la chute des recettes fiscales.

« Pour le 3e trimestre, les recettes fiscales se sont établies à 16,1 milliards de gourdes, une baisse de 16,4 % par rapport au trimestre précédent. De même, les recettes cumulées sur l’ensemble de l’exercice ont totalisé 54,8 milliards au 24 juin 2019, soit un taux de perception avoisinant 55 % contre 63,7 % pour la même période de l’exercice antérieur », calcule la BRH, indiquant au passage que les dépenses ont également enregistré une baisse par rapport au 2e trimestre, quoique moindre comparativement à celle observée au niveau des recettes.

« Elles se sont établies à 24,45 milliards de gourdes, régressant de 5,5 % par rapport au trimestre précédent. De même, pour l’ensemble de l’exercice, le rythme d’exécution des dépenses a diminué par rapport à l’exercice 2017-2018. Ces dernières ont atteint 73,97 milliards de gourdes au 24 juin 2019 contre 76,8 milliards un an plus tôt », rapporte la banque centrale.

Une situation qui n’est pas sans conséquences puisque l’évolution combinée des recettes et des dépenses au cours du 3e trimestre a débouché sur un déficit de 8,1 milliards de gourdes, lequel a occasionné un financement monétaire de 4,14 milliards de gourdes.

Ce tableau savamment décrit par la BRH survient dans un contexte où l’absence d’un gouvernement et d’un budget ratifiés, à l’origine de retard dans l’approbation du programme financier avec le FMI, a amoindri les perspectives de décaissements d’appuis budgétaires externes durant l’exercice en cours.

Ses derniers articles

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".