L’autre crise qui nous attend

Publié le 2019-07-04 | Le Nouvelliste

La mairie de Port-au-Prince a annoncé, dans un communiqué cette semaine, qu’elle fait face à d’énormes difficultés financières à cause de la conjoncture politique actuelle du pays empêchant la mairie de collecter les fonds nécessaires à son fonctionnement. Une partie du personnel de l’institution est mise en disponibilité sans solde pour trois mois à compter du 1er juillet.

Cette annonce de la mairie de Port-au-Prince est, sans doute, un coup de massue pour les fonctionnaires qui sont contraints de rentrer chez eux sans espoir de salaire pour les mois de juillet, d'août et de septembre. Pourtant, la plupart d’entre eux ont l’obligation de préparer la réouverture des classes de leurs enfants. Vu la détérioration du climat socio-économique, les contractuels de la mairie de Port-au-Prince ne seront pas les seuls à se trouver dans cette situation.

La rentrée des classes de cette année sera un vrai chemin de croix pour les parents haïtiens qui sont frappés de plein fouet par la crise socio-économique que traverse le pays. Même si la crise est permanente, on doit reconnaître qu’elle s’est aggravée depuis les émeutes de juillet dernier, suivies des différents épisodes de « peyi lòk ». Depuis, le pays a raté tous les rendez-vous qui sont, habituellement, considérés comme des périodes de vaches grasses pour le secteur économique. Les activités estivales de l’année dernière comme celles de cette année se réduisent à une peau de chagrin. Le carnaval de cette année n’avait pas eu lieu. Tous les secteurs de la vie économique, notamment celui du tourisme, en font les frais.

Personne ne sait combien d’institutions publiques ou privées sont dans la même situation que la mairie de Port-au-Prince. Personne ne sait combien de fonctionnaires, petits et grands, qui sont déjà au chômage à cause de la crise. On ne sait pas combien d’autres vont connaître le même sort prochainement. Déjà, on sait que l’État se trouve dans l’impossibilité de payer ses fonctionnaires régulièrement. On sait aussi que des contractuels dans l’administration publique n’ont pas reçu un sou de l’État depuis le début de l’année fiscale en octobre.

Le pire, aucun signe ne montre que la situation va s’améliorer rapidement. Même si elles sont visiblement dépassées par les évènements, les autorités haïtiennes sont fermes au poste. De leur côté, l’opposition plurielle, les petrochallengers ainsi que des organisations de la société civile continuent d’appeler à la démission du président Jovenel Moïse. Dans un tel contexte, croisons nos doigts pour que d’autres institutions publiques et privées ne suivent pas l’exemple de la mairie de Port-au-Prince.

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