Une grève éclate subitement à la DGI

Publié le 2019-06-04 | Le Nouvelliste

Au bureau central de la Direction générale des impôts (DGI), les employés ont entamé, ce mardi, une grève sans limites afin d’exiger, entre autres, des ajustements de salaire et des avantages sociaux. Dans le cadre de ce mouvement, les grévistes ont fermé les barrières de l’institution et paralysé toutes les activités de la DGI, l’organisme chargé de percevoir les impôts d’État et locaux. L’accès  à l’espace physique de la DGI est  interdit aux contribuables.

Eparpillés dans la cour et formant des groupuscules, les employés grévistes sont nombreux à exprimer leur ras-le-bol.  « Je travaille pendant 25 ans à la DGI comme ménagère. Je reçois un salaire net d’environ 12 000 gourdes jusqu’à présent. C’est un salaire de misère, un salaire de famine », objecte Nadine Pierre, accompagnée de plusieurs autres employés. Ils abondent tous dans le même sens que Nadine Pierre.  

Certains employés disent que cela remonte à l’année 2012, la dernière fois qu’ils ont bénéficié d’un ajustement de salaire. « C’était une augmentation de mille gourdes », s’indigne un des employés. « Ils ont repris ces mille gourdes quand ils effectuent à la source le prélèvement de mille gourdes pour le numéro d’immatriculation fiscal », peste un autre employé. Certains disent avoir 36 ans à la DGI et leur salaire mensuel est inférieur à 15 000 gourdes.

Les employés grévistes font connaître aussi leurs revendications à travers des pancartes qui portent des messages adressés au directeur général de la DGI, Miradin Morlan, et au ministre de l’Économie et des Finances, Ronald Décembre, dans la langue vernaculaire: « Estati patikilye prese prese ; nou fout  bouke anba salè tibèkilòz ; fok Leta bati kay pou nou. »     

En colère, les grévistes dénoncent les mauvais traitements reçus lorsqu’ils fréquentent les hôpitaux de l’OFATMA. « Quand on se rend à l’OFATMA, on nous dit que l’assurance n’est pas payée par l’État.  On nous oblige à payer tout. Autrefois, il fallait 50 gourdes pour consulter un médecin, maintenant il nous faut 100 gourdes », dénonce une employée affectée au service d’accueil, précisant qu’il faut 300 gourdes dans le cas où le patient doit consulter trois médecins.  

En termes d’avantages sociaux, les employés grévistes exigent la construction de logements ou d’un village pour les employés de la DGI au même titre que ceux de l’Electricité d’Haïti (EDH). Avec leurs maigres salaires, ces employés se trouvent dans l’incapacité de payer leurs loyers qui ne cessent d’augmenter périodiquement. Ils dénoncent le directeur Miradin Morlan qui, disent-ils, les avait promis un terrain dans la commune de Gressier. Selon les protestataires, le numéro un de la DGI a plutôt privilégié ses proches dans ce dossier.

Certains des contestataires expliquent avoir contracté des prêts à la Banque nationale de crédit (BNC) pour pouvoir payer leurs loyers. « À la BNC, on pourrait avoir des prêts équivalants à six mois de salaire. Toutefois, on dispose seulement de 18 mois pour rembourser ce prêt », se plaint Guerrier, dénonçant, d’un autre côté, son transfert, depuis environ six mois, du bureau central au bureau de Pétion-Ville de façon arbitraire à cause d’une contestation.

D’un autre côté,  les employés dénoncent le «droit de cuissage» en vigueur à la DGI qui constitue la voie imposée aux femmes voulant obtenir une promotion. Ils ont aussi indexé les dirigeants, dans leur dénonciation, qui font des transactions commerciales pour la DGI afin de toucher des commissions. « Ils achètent 10 véhicules neufs et ils gagnent à titre de commission deux autres vehicules ou un montant équivalent », dénonce un gréviste.   

Les grévistes exigent aussi le statut particulier pour tous les employés de la DGI. Sur ce point, ils font savoir qu’il s’agit d’une promesse faite, il y a deux ans, par M. Ronald Décembre, secrétaire d’État aux Finances d’alors, au cours de la célébration de la fête de la DGI.

Cette année, les protestataires prévoient de boycotter la célébration des 95 ans de la DGI jeudi prochain si les autorités ne se penchent pas sur leurs revendications. Ils veulent avoir des discussions avec des représentants de la présidence, du ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et de l’administration de la DGI pour ne pas laisser pourrir la situation.

Cette grève est déclenchée à un moment où les recettes fiscales ne sont pas vraiment au rendez-vous et que la DGI cherche à communiquer davantage avec les contribuables afin d’améliorer ses services.       

  

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