Agir d’urgence pour s’attaquer à la pollution marine, une menace croissante pour la mer des Caraïbes

Un nouveau rapport de la Banque mondiale paru le 30 mai 2019 examine comment la pollution marine dans les Caraïbes menace la résilience de la région au changement climatique. Il appelle à intervenir d’urgence pour régénérer des écosystèmes dégradés et protéger les ressources marines des Caraïbes, sources clés de nourriture, de subsistance et d’emplois pour des millions de personnes vivant du tourisme, de la pêche et de l’économie bleue.

Publié le 2019-06-05 | Le Nouvelliste

« La mer des Caraïbes est vitale pour des millions de personnes. Une action concertée s’impose pour mettre fin à la dégradation de la mer et inverser la tendance dans les Caraïbes », a déclaré Tahseen Sayed, directrice des opérations de la Banque mondiale pour les Caraïbes. « Une gestion efficace des plastiques, des déchets solides et des eaux usées est la première de nos priorités pour léguer un patrimoine bleu aux générations à venir ».

Le rapport, intitulé « Marine Pollution in the Caribbean: Not a Minute to Waste » et publié avant la Journée mondiale de l’océan, recense les principales sources de pollution marine et leur impact sur les Caraïbes au sens large. Il présente aussi un plan d’action pour faire reculer cette menace et se tourner vers une « économie bleue » plus durable, capable de stimuler la croissance et de renforcer la résilience tout en préservant les ressources de l’océan.

Les écosystèmes marins sont source de nourriture et fournissent des emplois à plus de 35 différents pays de la région à travers le tourisme, la pêche, le transport maritime et les ports. Et pourtant, la pollution marine, notamment par les plastiques, les eaux d’égout, le ruissellement des terres agricoles, les produits pétroliers et les substances chimiques, fait peser une grave menace, surtout sur le tourisme, qui représente 15 % du PIB de la région, et sur la pêche, qui assure des revenus et la sécurité alimentaire aux populations pauvres des Caraïbes. Des milliers de morceaux de plastique se rencontrent souvent dans les eaux des Caraïbes au sens large, représentant près de 80 % de l’ensemble des petits déchets.

Selon le rapport, plus de 320 000 tonnes de déchets plastiques sont ainsi abandonnés dans les Caraïbes chaque année. La dégradation des récifs coralliens est aussi étroitement liée à la pollution marine et se traduirait par une perte annuelle de revenus de 350 à 870 millions de dollars.

La pollution marine n’est pas seulement un problème environnemental, c’est aussi une priorité économique et sociale. La plupart des habitants des petits États insulaires en développement vivent à moins de 10 km de l’océan et sont particulièrement exposés aux maladies gastro-intestinales résultant des déchets non traités et aux virus transmis par les moustiques qui se reproduisent dans l’humidité des amas de détritus. Cela constitue une grave menace pour le développement de la région et la qualité de vie de ses habitants.

La bonne nouvelle est que des progrès considérables ont été réalisés au niveau régional et mondial pour s’attaquer à la pollution marine. À ce jour, 14 pays des Caraïbes ont déjà interdit l’utilisation des sacs plastiques jetables et/ou des mousses de polystyrène, et beaucoup rejoignent le mouvement mondial, lançant des campagnes de sensibilisation et adoptant une nouvelle législation. Cela suppose aussi que les gouvernements ratifient les conventions internationales, telles que le Protocole de Cartagena, et adopte des mesures pour lutter contre la pollution marine.

Le rapport présente les principales priorités pour assurer la salubrité, la productivité et la résilience d’une mer des Caraïbes pouvant réellement promouvoir une croissance bleue durable dans la région, à savoir :

Renforcer le suivi systématique et stratégique des données sur les principaux polluants marins et accélérer les études d’impact économique pour chiffrer les coûts liés à la prévention de la pollution. Des mesures, des systèmes de suivi et des évaluations économiques plus solides inciteront à entreprendre des réformes et à investir.

Prioriser et accroître les crédits budgétaires nationaux à l’appui de la prévention de la pollution marine et prendre l’engagement stratégique de lutter contre les déchets. Autrement dit, il faut mettre un terme au déversement des déchets dans les océans en investissant davantage dans les systèmes de gestion des déchets et les filières d’approvisionnement, et en mobilisant le secteur privé.

Sensibiliser, éduquer et renforcer les capacités en matière de pollution marine, en insistant sur l’importance de la préservation de la qualité des eaux et des investissements stratégiques dans la lutte contre les détritus.

Source: Banque mondiale

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