Un 18 mai écalatant au Cap-Haïtien !

PUBLIÉ 2019-05-23
Comme d’habitude, le Cap a célébré avec éclat notre bicolore avec ses fanfares le samedi 18 mai 2019. L’institution Sacré-Cœur du Cap-Haïtien, accompagnée de la fanfare Douce Mélodie de Milot, a fait belle impression avec ses costumes et sa magnifique prestation à travers la ville. Un triomphe pour cette école qui atteint la majorité cette année et qui participe pour la quatrième fois au grand défilé du 18 mai.


Le centre du Cap-Haïtien, connu pour  sa ressemblance avec le « French Quarter » de la Nouvelle-Orléans, a été le théâtre du grand défilé traditionnel du 18 mai qui s’y organise depuis des années. Sans partialité, on sait que peu d’autres villes de la république, même la capitale, célèbrent la fête du drapeau avec autant d’éclat que la Cité christophienne. Comme d’habitude, la ville vibre durant cette journée sous les pas des majorettes, des corps d’élite sous la mélodie des fanfares qui sont nombreuses et sont toutes de bon commerce. Les collèges Pratique du Nord, Christ-Roi, Notre-Dame et Louis Mercier font office de ténors.

Depuis quatre ans, l’Institution Sacré-Cœur du Cap-Haïtien s’intègre petit à petit sur cet échiquier. « Le civisme fait partie de nos valeurs. Au sein de notre institution, on n’enseigne pas que les lettres et les sciences, on valorise le patriotisme », confie Urlande Amboise Etienne, co-fondatrice et directrice de l’institution.

La préparation du 18 mai au sein de l’institution n’est pas prise à la légère. Dès le mois de septembre, les répétitions ont lieu du lundi au samedi. En s’approchant de la date, parfois elles s’étendent jusqu’au dimanche. Le jour du défilé, le rendez-vous est donné à 6 h am à l’Institution d’où partira la fanfare à 1 h pour rejoindre sur la place du Carénage où celles des autres institutions les attendent pour démarrer le grand défilé à travers la ville.

Le défilé a démarré à cet endroit non loin du front de mer pour se poursuivre à l’avenue A jusqu’à la rue 2, ensuite il s’est dirigé à la rue L. Si les autres fanfares se sont dirigées vers le stade Sylvio Cator pour un show, l’institution s’est tournée vers son local à la rue 14 D. Une prestation d’enfer s’en est suivie.

Mais comme il n’y a pas de rose sans épines, cette belle performance ne s’est pas faite sans mal. L’institution qui passe le cap de ses 18 ans cette année aurait pu ne pas participer cette année. «  Depuis quatre ans, l’école fait sortir sa parade uniquement grâce à ses propres moyens. On estime qu’on exige trop aux parents », regrette la directrice. En égard aux difficultés, elle s’était résolue à n’y plus participer jusqu’à ce que Maryse Pénette-Kédar du Royal Caribbean l’en dissuade. « Elle m’a fait comprendre que cette tradition capoise ne doit pas être éteinte quoi qu’il advienne. Elle a d’ailleurs fait participer l’école du Royal Caribbean au défilé. Cette institution était accompagnée par une fanfare issue de la commune de Saint-Raphaël », explique-t-elle.

La pédagogue se réjouit de parvenir malgré tout à une quatrième participation au grand défilé du 18 mai et de pouvoir une fois de plus attirer l’attention du grand public, vu le grand succès sur les réseaux sociaux. Elle profite pour encourager l’État, les décideurs de tous ordres à soutenir le grand défilé du 18 mai au Cap-Haïtien qui devient d’année en année un patrimoine de plus associé à la ville. « Sans une prise en charge de l’ensemble des fanfares du Nord, cette tradition pourrait s’essouffler malheureusement », prévient Mme Etienne. Elle voit dans cette tradition une aubaine pour renforcer le tourisme dans son département. « Si on le prend en charge, il y a moyen d’attirer des milliers d’outisders dans la ville chaque 18 mai.  Ce ne sera pas sans effets positifs sur l’hôtellerie, les services et l’économie du pays en général », explique-t-elle.

Mme Etienne interpelle aussi celles et ceux qui utilisent les photos du défilé sans accorder de crédit à l’institution. Une institution publique dans le Nord en use d’ailleurs pour une publicité sans leur demander leur approbation, un usage abusif qu’elle ne digère pas, puisque ces mêmes personnes ne donnent pas suite à ses diverses requêtes de soutien.

Entre-temps, l’institution met le cap vers le 18 mai 2020 où un défilé comme on les aime se tiendra au cœur du Cap.



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