Stade One, un rappeur qui promet

PUBLIÉ 2019-05-13


Découvert à la 11e édition du Festival Mizik Saint-Marc, Stavensky Estimé, connu sous le nom de Stade One, est un jeune rappeur évoluant dans la cité Nissage Saget. Après s’être fait remarqué en 2018 aux côtés de MC Cool Man, il a été convié à se produire à l’édition 2019. Ticket vous présente Stade One, la révélation du dernier chapitre du Festival Mizik Saint-Marc, un jeune homme de 23 ans qui a fasciné autant le public que les organisateurs. Un talent avéré.

Il est 9 h ce dimanche matin lorsque le jeune Stavensky arrive dans la cour de l’hôtel Maguana. Timide comme une biche, sa voix est à peine audible. Pile à l’heure à notre rendez-vous, l’artiste au minois enfantin arrive simplement vêtu, arborant une chemise à motifs et un jeans. Ce qui attire surtout notre attention c’est sa sagesse et son humilité. Après sa prestation au festival, tout le public est resté abasourdi par sa performance. BélO, MC de la soirée, n’avait pas caché sa stupéfaction face à son talent et la sagesse dont Stade One a fait preuve à l’arrière-scène.

Sa prestation est sans nul doute celle qui a le plus marqué les eprits parmi les jeunes talents que le festival a accueillis. Sûr de lui sur scène, Stavensky a passé environ une dizaine de minutes à improviser des punchlines bien versifiés sans hésiter une seconde ! Il n’a pas de popularité, ni de manager. Sa carrière se résume à ses deux singles et ses performances rien que sur les podium du département de l’Artibonite. Il faut bien le reconnaître, le jeune Saint-Marcois a du potentiel.

Ancien membre de chœur, celui a caressé l’idée d’embrasser le saint sacerdoce a laissé les couloirs de l’église catholique pour se tourner vers le rap. Selon lui, le Seigneur avait d’autres projets pour lui. « Mon talent me vient de Dieu. Tout ce que j’arrive à faire c’est grâce à ce don qu’il m’a accordé. Je ne m’arrêterai donc jamais. Le rap c’est ma vie », affirme toute timide la star des Saint-Marcois.

Ainsi, contre l’avis de sa mère, le fils cadet d’une fervente catholique, maestria d’une chorale, s’est converti en rappeur à 14 ans. « Au début, c’était difficile à accepter, mais aujourd’hui, elle est ma première conseillère en matière de musique », se réjouit le natif du Cancer qui a fait de la musique son dada. Stade One n’a jamais fait d’école de musique ; pourtant gaucher de son état, il dit maîtriser parfaitement les accords de guitare. « La musique est toute ma vie, ma passion, mon souffle, ma seule folie », renchérit l’ancien membre de Strateji Tinèg.

Avec seulement deux singles dans ses bacs, Stade One est un chouchou dans sa communauté. Ses voisins ont même griffonné son portrait sur un mur du quartier. Satisfait de sa prestation au festival, l’ancien élève du lycée Sténio Vincent rêve de voir son talent franchir les limites de Saint-Marc et atteindre toute l’étendue du territoire national. « C’est encore très difficile. Je n’ai pas de manager, et pour mes enregistrements je dois faire la route jusqu’à Port-au-Prince », se désole Stade à qui cette capitale donne la migraine rien qu’en y pensant.

Fils unique de sa mère, le natif de la cité Nissage Saget a grandi dans une famille monoparentale avec ses deux sœurs. Enfant agité, son plus grand plaisir était d’explorer la contrée. Ce qui amenait sa mère à l’attacher… à sa machine à coudre ! « J’adorai parcourir les recoins du quartier, m’évader… ce qui déplaisait à maman, bien que j’aie été un enfant docile. Ce n’est qu’à 15 ans que j’ai pu vraiment avoir une certaine liberté. Ma mère était une vraie dure à cuire », raconte l’artiste tout sourire.

Passionné de foot, ce sport n’est pourtant pas l’un des points forts du fan de Neymar. « Je suis nul en foot », lâche-t-il dans un rire. L’un de ses passe-temps favoris est de regarder jouer Neymar Jr. Aussi, il a un penchant pour le septième art. Trop pris par sa musique, le jeune célibataire affirme être marié à sa musique et son talent. Il jure fidélité au rap.

Des rêves plein la tête, Stade One désire avant tout sortir son premier album, se faire une belle carrière et doter sa ville natale d’un studio de production.



Réagir à cet article