Formation du cabinet ministériel

La formation du gouvernement retardée en attendant un accord politique

Publié le 2019-04-16 | Le Nouvelliste

Le Premier ministre nommé a déjà fait le dépôt de ses pièces dans les deux branches du Parlement. Jean Michel Lapin attend maintenant l’invitation du Sénat ou de la Chambre des députés pour venir faire l’énoncé de sa politique générale. Mais avant, de concert avec le président de la République, il doit constituer le cabinet ministériel. À ce niveau, le dialogue entrepris par Jovenel Moïse n’a pas encore donné de résultats puisque certains partis politiques posent des conditions pour intégrer le nouveau gouvernement. D’autres refusent catégoriquement.

Le cabinet ministériel devait être constitué avant les fêtes de Pâques, a appris Le Nouvelliste. Mais puisque plusieurs organisations politiques refusent catégoriquement d’intégrer le nouveau gouvernement et d’autres posent certaines conditions, le chef de l’Etat a retardé le processus afin d’essayer de trouver une sorte d’accord entre les acteurs, a confié au Nouvelliste une source proche des discussions.

Visiblement, le gouvernement d’ouverture que souhaite avoir le chef de l’État est dans l’impasse. Outre les organisations politiques de l’aile dure de l’opposition, d’autres partis politiques refusent d’intégrer le nouveau gouvernement.  « Non, la Fusion ne va pas intégrer le prochain gouvernement », a affirmé Edmonde Supplice Beauzile, présidente du parti. « Il faut que le président de la République comprenne qu’on a besoin d’un dialogue pour aplanir le terrain afin de planifier la conférence nationale », argumente l’ancienne sénatrice.

Selon la responsable de Fusion, sans un accord politique, il n’y aura pas de gouvernement. « Il a choisi Lapin sans un accord politique », a critiqué Edmonde Supplice Beauzile.

Pour sa part, le porte-parole de l’OPL ne pouvait jusqu’à mardi soir ni confirmer ni infirmer une éventuelle participation du parti au prochain gouvernement. « L’OPL croit dans la nécessité d’un accord politique sérieux pouvant servir de base dans la formation d’un gouvernement. Etant donné que l’OPL n’a pas encore participé à des rencontres sur cet accord politique avec le pouvoir, de ce fait, on ne sait pas si le pouvoir réunira les conditions pour une participation de l’OPL au gouvernement ou pas », a expliqué au Nouvelliste Danio Siriack.

M. Siriack a rappelé que lors de la rencontre avec les dirigeants de l’OPL et le chef de l’Etat au Palais national, Jovenel Moïse avait clairement demandé à l’OPL si elle était intéressé à intégrer le nouveau gouvernement. « Nous lui avions dit que nous allions nous réunir d’abord avec notre coordination nationale avant d’y répondre… », a rapporté le porte-parole de l’OPL.  « L’OPL, comme apôtre du dialogue, a toujours souhaité qu’il y ait de bon dialogue, de bonnes discussions sur la formation du gouvernement », a-t-il ajouté.

Dans un tweet publié mardi soir, le président de UNIR-Haiti, Clarens Renois a indiqué qu’il « a dit et a répété qu'il n'envisage pas de faire partie du prochain gouvernement. Réuni en congrès, le parti UNIR, sur la base de ses valeurs, a tout aussi bien rejeté l'idée d'y prendre part. »

De son côté, l’organisation politique VERITE, qui fait partie du gouvernement démissionnaire, n’a rien contre la nomination de Jean Michel Lapin comme Premier ministre. Elle se prépare à intégrer le nouveau gouvernement. « Des discussions sont engagées avec plusieurs partis politiques et VERITE est l’un des partis qui vont intégrer le prochain gouvernement », a confié au Nouvelliste l’agronome Joanas Gué, un des responsables de cette structure politique ayant le plus grand nombre d’élus au Parlement après le PHTK.

Cependant, Joanas Gué a souligné que VERITE a quand même fait certaines exigences comme la réalisation des élections, une solution aux problèmes liés à l’insécurité et à la faim dans le pays.

L’ancien ministre de l’Agriculture sous l’administration Préval a souligné que participer à un gouvernement ne veut pas dire que le parti a vendu son âme à un président ni à un gouvernement.

Le président de la République a déjà rencontré, au Palais national, au début du mois d’avril, des organisations politiques comme l’OPL, ODEP-Haïti, Unir-Haïti, RDNP, PATRAYIL, PHTK, Fusion, MOCRHENA, FNE, René Momplaisir du secteur populaire, entre autres.

Lors de sa rencontre au Palais national avec le chef de l’État, Éric Jean-Baptiste, secrétaire général du RDNP, dit avoir remis à Jovenel Moïse la proposition de son parti politique qui consiste à créer une commission formée de personnalités crédibles, qui ne sont pas conflictuelles et qui ont un certain pouvoir de convocation. Éric Jean-Baptiste a cité à titre d’exemple : Marie Laurence Jocelyn Lassègue, l’ancien président de la République Boniface Alexandre, Franckétienne, entre autres. Cette commission doit aussi intégrer un représentant de l’OEA et un représentant de la CARICOM.

Sur la formation du nouveau gouvernement, Éric Jean-Baptiste, secrétaire général du RDNP, maintient sa position. Il n’écarte pas la possibilité pour son parti d’intégrer le nouveau cabinet ministériel. Toutefois, a-t-il ajouté, « nous sommes prêts à servir notre pays, mais non pas un gouvernement… »

Des structures politiques comme Fanmi Lavalas, AAA, Pitit Dessalines, le secteur dit démocratique et populaire, entre autres, ont boudé l'invitation du chef de l’État. Ces organisations politiques de l’opposition maintiennent leur position. Elles exigent la démission de Jovenel Moïse et la formation d’un gouvernement de transition.

Le conseiller spécial du président, Guichard Doré, a fait savoir au Nouvelliste mardi que Jovenel Moïse travaille sur la formation du gouvernement.

Cependant, Doré a souligné que la formation du gouvernement n’est pas le seul sujet à l’ordre du jour au Palais national. Selon lui, parallèlement au choix des ministres qui vont constituer le cabinet ministériel, des points comme « l’organisation des élections à la fin de l’année pour la Chambre des députés, des sénateurs en fin de mandat et les collectivités territoriales, l’amendement de la Constitution, la question de l’insécurité, les réformes économiques, des engagements pris avec le FMI… » font aussi partie de la conjoncture politique du pays.

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