EDH dans la tourmente, le black-out s’impose

Seulement une des trois turbines de la centrale hydroélectrique de Péligre tourne actuellement à cause de la baisse significative du niveau de l’eau, des raretés répétitives du carburant sur le marché local,  les opérations « peyi lòk » et les faibles recettes de l’EDH, sont autant de difficultés avancées par l’ingénieur Hervé Pierre-Louis, directeur général de l’EDH, pour expliquer le black-out qui fait rage dans le pays, au cours d’une conférence de presse, ce mercredi, en marge de la journée porte ouverte au barrage hydroélectrique  de Péligre.

Publié le 2019-04-10 | Le Nouvelliste

Sans l’ombre d’un doute, avec les difficultés que connait l’EDH, le courant 24 sur 24 promis par le chef de l’Etat, Jovenel Moïse, n’est qu’une chimère. Ces derniers temps, le black-out règne en maitre dans les foyers. La production de l’EDH est en chute libre. La centrale de Péligre, qui a une capacité de 54 mégawatts, ne produit actuellement qu’environ 13 à 15 mégawatts, d’après l’ingénieur Cadet Ernst qui jouait le rôle de guide au cours de cette journée porte ouverte à la centrale de Péligre. « La sécheresse, le déboisement et l’accumulation de sédiments sont les principales causes de la baisse du niveau de l’eau dans le lac de Péligre. La baisse de la production constatée résulte de la baisse du niveau de l’eau dans le réservoir de Péligre», a affirmé Cadet Ernst, précisant que le Plateau central a connu une faible pluviométrie tout au long de l’année 2018.

La centrale hydroélectrique de Péligre est dotée de nouvelles infrastructures mais est loin d’être à 100%. « La centrale ne peut pas être performante si l’eau n’est pas disponible. C’est donc cette centrale qui est à la base de la production du courant pour la zone métropolitaine », a indiqué Hervé Pierre-Louis, directeur de l’EDH.  Outre la centrale hydroélectrique, l’EDH dispose d’autres centrales qui utilisent le diesel et le mazout. « La production de l’EDH est aussi affectée par la rareté du carburant sur le marché local. Heureusement, d’après ce que j’ai appris, le marché de produits pétroliers va être libéralisé », a-t- il ajouté.  

L'EDH ne dispose pas de moyens financiers pour acheter les produits pétroliers. C’est grâce à la subvention de l’État, à travers le Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD), qu’elle s’approvisionne en produits pétroliers », a expliqué Hervé Pierre-Louis, soulignant que la compagnie aura besoin de 4 à 5 millions de dollars américains pour commander ou acheter le mazout. « Idéalement, il faut aller vers le mazout. Mais, les quatre millions de dollars nécessaires représentent environ 350 millions de gourdes et les recettes de l’EDH oscillent entre 350 et 500 millions de gourdes. Sans compter que la facture à payer aux producteurs indépendants d’électricité (IPP) qui se chiffre entre 8 et 9 millions de dollars américains », a déclaré le directeur général de l’EDH, précisant que l’institution n’est pas en mesure de faire face à toutes ses exigences.

Quand l’EDH atteint le niveau de 500 millions de gourdes de recettes, c’est quand il n’y a pas de bouleversements sociopolitiques dans le pays. « Les opérations « peyi lòk » impactent les recettes de l’EDH.

En ce qui a trait au transport de l’énergie, l’EDH fait face à des défis énormes. La ligne 115, de Péligre à Delmas, vient d’être réhabilitée, d’après l’ingénieur Hervé Pierre-Louis. Le coût de la réhabilitation s’élève à 29 millions de dollars. « Le projet de réhabilitation de cette ligne pourrait être moins coûteux, mais il a fallu 9 millions de dollars parce qu’il y avait dix kilomètres qui ne pouvaient pas être réhabilités à cause d’une agglomération », s’en plaint le directeur général de l’EDH, soulignant que les infrastructures électriques ne font pas bon ménage avec les maisons habitables.       

    

Pour les lignes de distribution,  Hervé Pierre-Louis a fait savoir qu’elles sont piratées et détournées dans les communes de Tabarre et de Carrefour. « Quand les lignes sont détournées, cela peut provoquer des accidents et il y a déjà un cas enregistré. Il ne faut pas pirater les lignes de distribution », a-t-il prévenu, soulignant que les communes de Carrefour et de Tabarre souffrent d’un rationnement du courant électrique à cause de ce problème.

Sur l’aspect commercial, le numéro un de l’EDH a présenté quelques chiffres collectés sur une période de six mois pour la zone métropolitaine.  « Environ 66 762 clients paient l’EDH une seule fois en six mois. Il y a 7 218 clients qui paient deux fois pendant cette même période et 3 822 clients s’acquittent de leurs dettes envers l’EDH trois fois en six mois », déplore le directeur général de l’EDH, encourageant les clients à payer chaque mois leurs bordereaux. Dans les villes de province où l’EDH compte environ 19 000 clients, seulement 18% de la clientèle paient pour le courant électrique. « Le nombre de clients qui passent à la caisse qui étaient autour de 18 à 19 000 augmente à 29 000 », a révélé l’ingénieur Hervé Pierre-Louis.    

 En termes de perspectives, le patron de l’EDH a fait savoir que le gouvernement veut utiliser d’autres technologies de production. Il y a un projet visant la construction d’une centrale de 300 mégawatts, annonce-t-il. Le gouvernement entend construire une ligne pour transporter ces 300 mégawatts dans la zone métropolitaine, particulièrement dans la cité administrative qui abrite plusieurs ministères. En ce sens, Hervé Pierre-Louis a fait savoir que des pylônes vont être installés appellant les gens à ne pas construire sous ses assemblages de charpente destinés à supporter les câbles électriques.  

Il y a deux semaines, la compagnie E-Power avait organisé une journée portes ouvertes pour démentir les allégations qui font croire que les compagnies privées vendent le black-out à l’EDH. C’était au tour de l’EDH de faire pareil pour expliquer à la population ses déboires.  

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