Un fashion show pour lancer le Mois de l’histoire des Noirs

PUBLIÉ 2019-02-05
Pour lancer le Mois de l’histoire des Noirs, l’ambassade des États-Unis d’Amérique a présenté un fashion show dans son QG à Tabarre. Le public, formé de son personnel et de quelques invités triés sur le volet, a apprécié les prestations du chanteur Érol Josué et de son groupe ainsi que les créations de David André, de Kettly Dorlette et de Michel Chataigne. Retour sur un rendez-vous qui a valu le déplacement.


Du « wax » posé sur la façade de la passerelle montée pour l’occasion dans l’espace baptisé « Chancery cafeteria » rime avec les boubous et autres costumes d’inspiration ethnique que portent plusieurs personnes présentes dans la salle. Le décor pour un fashion show pour lancer le Mois de l’histoire des Noirs était donc bien pensé.

L’activité s’ouvre avec une prestation du chantre Erol Josué, sorte de pendant racine au démiurge Freddie Mercury. Le chanteur, vêtu de noir et d’or, chauffe à blanc l’ambiance avant de laisser la place à une sorte de procession de gens vêtus de costumes évoquant la période précolombienne et celle de l’arrivée des conquistadors.

Dans ses propos d’introduction, Mme Raymond du comité qui s’en charge au sein de l’ambassade des États-Unis, tient à souligner que par-delà les figures de proue telles que Martin Luther King Junior et Maya Angelou, il convient aussi de rendre hommage à bien d’autres qui valent la peine. « Nous pouvons, dit-elle honorer Bayard Rustin, leader des droits civiques des gays, qui a organisé la célèbre marche vers Washington DC en 1963 ». Elle soutient un peu plus loin que l’histoire d’Haïti fait partie également de l’histoire des Noirs.

Une idée qui est reprise par l’ambassadrice des États-Unis, Michele J. Sison, dans son allocution. La diplomate, toute hiératique dans une tenue bleue sublimée par un remarquable sautoir évoquant un talisman de Cheyenne, déclare, et nous citons : « Ce qui est singulier dans la célébration du Mois de l’histoire des Noirs ici en Haïti, c’est le reflet du rôle de premier plan qu’a joué Haïti dans le développement des États-Unis. Par conséquent, ici, le Mois de l’histoire des Noirs revêt un tout autre sens ». L’ambassadrice fait remarquer ensuite que la présence d’une statue de Toussaint Louverture dans le Musée de l’histoire des Afro-Américains à Washington atteste de ce rôle prépondérant qu’a joué notre pays dans l’histoire des Noirs.

Un MC très plaisant introduit l’essentiel de l’activité de ce 1er février qui est le défilé de mode. Le créateur David André dévoile « Sea Sex Sun », la ligne qui lui vaut sa réputation indémodable depuis plus de 20 ans. Le blanc est le dénominateur commun de ces pièces qu’on catégoriserait de « Resort chic ». Il a confié que c’est dans l’optique de célébrer notre « culture tropicale et insulaire » qu’il a conçu ces pièces.

Kettly Dorlette fait un clin d’œil à notre africanité dans plusieurs pièces de sa collection « Freedom of expression ». « Ma plaidoirie à travers cette collection c’est de prouver que l’art, la culture sont les créneaux à travers lesquels on est libre de s’exprimer », confie-t-elle.

Le célèbre coiffeur Michel Chataigne, lui, nous interpelle sur l’écologie à sauvegarder. Dans sa collection « Greener », il confie vouloir porter la réflexion sur la disparition de nos espèces endémiques. Pour être en adéquation avec ce qu’il prêche, il prend le soin de montrer des bijoux dont la plupart sont confectionnés à partir de bambou.

Erol Josué revient su scène avec un haut-de-forme de dandy, cette fois-ci drapé de noir et de blanc, évoquant le génie du panthéon vaudou Bawon, pour exécuter quelques autres morceaux qui sont mimés par les mêmes danseurs du début de l’activité. Ces derniers cette fois-ci portent des tenues d’affranchis.

L’activité est bouclée avec la distribution de certificats par l’ambassadrice des USA aux trois créateurs, à Erol Josué ainsi qu’à Arnelle Laguerre et Maïkadou Rosier qui sont présentés comme des contributeurs de premier plan à la réussite du défilé de mode.

Le Mois de l’histoire des Noirs se poursuit chez nous à l’ambassade des États-Unis avec des activités dont une causerie sur le racisme, le colorisme et les biais culturels en Haïti et le « Soul food potluck » jusqu’au 20 février.



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