Parc industriel de Digneron/1ère phase

Zone franche de Digneron : 15 millions de dollars d’investissements et des immeubles industriels disponibles…

Peu à peu, l’espace pour construire les usines augmente. La première phase de la construction de la zone franche de Digneron a coûté 15 millions de dollars américains, prêt de la BUH, dans le cadre de la circulaire 106 de la BRH. Le secteur, en dépit des appréhensions liées à l’instabilité sociopolitique, veut gommer le retard, profiter pleinement des avantages compétitifs des lois Hope et Help, générer des emplois et des rentrées de devises.

Publié le 2019-02-04 | lenouvelliste.com

Le Palm Apparel Group a complété en juillet dernier la première phase du projet de construction d’un parc industriel à la zone franche de Digneron, quartier de Croix-des-Bouquets. Pour le moment, quatre immeubles industriels, deux immeubles administratifs, les facilités des douanes et les infrastructures appropriées ont été construits. Des 330 000 pieds carrés disponibles, 116 000 sont occupés par Dimax (DigneronManufacture ) qui emploie actuellement plus de 1000 personnes dont 70 % de femmes, a confié au journal Roger Carrié, l’un des responsables du Palm Apparel Group.

« Les 15 millions de dollars américains pour construire la première phase ont été obtenus de la Banque de l’Union haïtienne (BUH) à partir de la circulaire 106 de la Banque de la République d’Haïti. Cette circulaire permet aux promoteurs qui sont dans le secteur de la sous-traitance d’avoir accès à un prêt en gourdes et à un taux préférentiel. À travers la circulaire 106, la banque centrale encourage les promoteurs de zones franches à investir pour créer des emplois dans le pays », a expliqué Roger Carrié. L’initiative très intéressante de la BRH permet de construire plus d’usines à un moment où beaucoup d’autres parcs sont saturés. Construire de nouveaux espaces est nécessaire pour profiter pleinement des avantages compétitifs offerts par Hope et Help, a-t-il poursuivi, soulignant que le Palm Apparel Group continue de rêver grand pour le secteur.

Le projet de Digneron, une fois la quatrième phase terminée, doit coûter 30 millions de dollars. À ce moment, le parc sera capable d’accueillir 15 000 emplois directs, a expliqué Roger Carrié.« L’avancement vers les autres phases dépendra de la conjoncture du pays. Normalement, nous devrions déjà entamer la seconde phase, mais avec tous les événements qui ont eu lieu durant l’année 2018, on a dû surseoir à la construction des autres immeubles. 2021, si tout se passe bien, on devrait achever la construction », a expliqué Roger Carrié. « Nous avons besoin de sérénité pour que les investisseurs viennent s’installer dans le pays. Nous avons aussi besoin de routes. Les containers ont tendance à passer par Croix-des-Bouquets pour atteindre le port de Lafito. Nos containers viennent aussi de la frontière avec la République dominicaine via Malpasse. Il ferait plus de sens de démarrer avec le 4 km à partir de Croix-des-Bouquets. Le président Jovenel Moïse a visité le parc en 2017. Il avait promis de faire construire ce tronçon. On espère que ceci va se faire dans un futur très proche », a confié Roger Carrié.

Il y a des possibilités de faire de belles choses en Haïti. Les promoteurs du groupe Palm Apparel, Jean Paul Faubert, Guy Faubert, Patrick Blanchet, Alain Vilard et moi Roger Carrié en sommes convaincus, a-t-il ajouté.« À partir des initiatives du groupe Palm, 8 000 emplois ont été créés. Avec la réalisation de zone franche de Digneron, nous espérons avoir 15 000 emplois additionnels. C’est considérable. Nous tenons à cœur ce projet. Nous espérons que la conjoncture nous permettra de réaliser ce rêve », a expliqué Roger Carrié dans l’allée de la Dimax où des ouvriers sont à l’œuvre. Le bâtiment est parasismique et peut résister aux cyclones. Le cadre, l’aération, la cafétéria, le dispensaire…tout est fait pour respecter les standards. Nos bâtiments n’ont aucun rapport avec ceux qui existent actuellement, a expliqué Roger Carrié. Les ouvriers ont été formés. Même en formation, ils gagnent le salaire minimum pour huit heures de travail. Ceux qui deviennent plus performants gagnent entre 600 et 700 gourdes, a indiqué Roger Carrié qui mise sur le social. Le groupe prévoit de construire un hôpital à l’extérieur de la zone franche pour les habitants de Digneron. L’accueil de la population a été des plus courtois, a mis en avant Roger Carrié.

Les objectifs du secteur...

L’objectif, pour l’industrie de la sous-traitance textile, est de franchir la barre du milliard de dollars américains d’exportation en 2019 et de générer 15 000 nouveaux emplois en addition aux 52 000 déjà disponibles, a tablé Georges Sassine, le patron de l’Association des industries d’Haïti (ADIH), en interview avec le journal.

Il y a une augmentation progressive des surfaces de production, a poursuivi Georges Sassine. Palm Apparel Group a ouvert ses portes à Digneron, à l’est de Croix-des-Bouquets, et la construction des parcs de Lafiteau et Santo du Jour avance, avait-il indiqué.

Pour le président de l’ADIH, le secteur a besoin de « calme, de stabilité » pour libérer tout son potentiel de croissance. Si l’industriel estime que le « dechoukay » ne conduira nulle part, il a tancé sans ménagement la volonté de l’État depuis des décennies de bloquer au lieu de faciliter l’essor du secteur. Le vrai problème du secteur c’est la douane, le ministère des Finances, l’Ofatma. L’Ofatma a envoyé un bordereau de 40 millions de gourdes à un des locataires du parc de Caracol alors que cette institution n’a même pas un dispensaire sur le site, avait fulminé le président de l’ADIH, Georges Sassine dont l’association, mardi 22 janvier, continuera la réflexion sur des questions importantes pour le secteur.

En dépit des difficultés, grèves des douaniers, grèves générales, débrayages d’ouvriers, manifestations et autres troubles sociopolitiques, le secteur « des produits manufacturiers » a connu une croissance de 11,3 % en 2018, avait observé l’économiste Pierre Marie Boisson, qui, de son côté, a tablé sur « une accélération des exportations » des produits manufacturiers en 2019.

Sans ces entraves, Pierre Marie Boisson a estimé que cette « industrie aurait eu de brillants jours devant elle » parce qu’il y a une augmentation progressive d’espaces de production viabilisée, l’une des principales contraintes à l’exportation, parce qu’il y a une rareté de main-d’œuvre dans des pays de l’Asie comme la Chine. La dépréciation de la gourde face au dollar, la politique monétaire souple, accommodante de la BRH, l’ajustement de salaire basé sur l’inflation et non sur le change constituent des avantages compétitifs pour le secteur, avait expliqué M. Boisson.

Pour l’économiste, l’industrie de la sous-traitance textile a la capacité de créer 100 000 emplois, comme c’était le cas en 1988. Et bien plus, jusqu’à 200 000 emplois. Interrogé sur les causes du retard dans le boom annoncé dans ce secteur depuis le vote des lois Hope et Help par le Congrès des États-Unis d’Amérique, Pierre Marie Boisson a évoqué l’instabilité sociopolitique, les retards dans la construction d’espaces de production, la monnaie surévaluée, les grèves des douaniers. Sans ces difficultés et avec la politique de financement de parcs industriels mise en place par la BRH, cette industrie a de beaux jours devant elle, avait insisté Pierre Marie Boisson.

Roberson Alphonse



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