18 ans de qualité pour Presse Café

PUBLIÉ 2019-01-09
Le restaurant Presse Café a soufflé 18 bougies en décembre dernier. Si l’année 2018 s’est révélée la plus difficile dans l’histoire dudit établissement, Maguy Rigaud se dit toutefois satisfaite d’avoir tenu le flambeau aussi longtemps en pariant sur l’excellence et la qualité. « Dans ma vie tout est un choix de qualité », affirme la propriétaire.


Qualité. Ô combien de fois Maguy Rigaud nous sert ce mot ! C’est son crédo, son leitmotiv. Son arme secrète qui lui a permis de tenir pendant 18 ans, malgré vents et marées. À entendre madame, à Presse Café, on ne lésine pas sur les principes de base de la restauration et de la bonne cuisine. Qualité partout et en tout. « Dans ma vie tout est un choix de qualité », lance fièrement la proprio, jupe noire, corsage noir et blanc et sandales à talon carré rouges.

« Je crois que ma particularité demeure la cuisine. On a opté pour une cuisine créole de qualité. On a fait ce choix et on a réussi. La cuisine est excellente : on utilise uniquement des produits locaux, des épices. Tout ce qui est frais. Pas de produits chimiques ni de produits ajoutés », explique Mme Rigaud, qui à ses débuts se chargeait elle-même de préparer les plats. « Maintenant, je ne fais que goûter et donner les instructions », confie-t-elle dans un large sourire.

2000-2018, 18 ans de fierté et de combat pour le restaurant de la rue Rigaud à Pétion-Ville dans un pays en proie à de grandes difficultés économiques. « Je suis fière d’avoir tenu tout ce temps, dans un pays extrêmement difficile particulièrement pour les femmes. C’était un challenge et je ne pensais pas y arriver. Aujourd’hui, je peux m’enorgueillir d’avoir un espace décent, propre, correct, agréable tout en respectant les normes de qualité », se félicite la native de Jacmel que les crises sociopolitiques de 2018 n’ont guère épargnée.

« Il y a eu des moments difficiles, mais 2018 a été la pire période pour moi. Tout s’est abattu sur nous : les manifestations, la hausse des prix des produits de première nécessité. De fait, avec l’inflation, on a eu beaucoup moins de clients et beaucoup plus de dépenses. D’autre part, la majorité des clients ne sortaient plus ; avec le climat d’insécurité qui régnait, ils préféraient s’enfermer chez eux », se désole-t-elle.

Presse Café, c’est aussi l’attachement de sa boss à la musique et à la culture haïtienne. Entre les jeudis de Presse Café avec Mamina, les soirées de Havana Guitar Night et maintenant du jazz, la bonne musique a toujours été la bienvenue chez Maguy Rigaud. « Sans vouloir être prétentieuse, je crois qu’on a été les premiers à allier restaurant et musique. Au cours de notre histoire, on a eu beaucoup de spectacles, d’animation. On a été vraiment à fond dans le culturel », affirme la passionnée de « bonne » musique, voulant perpétuer avec la tradition de faire de son fief une vitrine pour les jeunes.

Sindy Ducrépin



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