La Saline nécessite d’une intervention humanitaire, selon le CARDH

Publié le 2018-12-12 | lenouvelliste.com

Même s’il est urgent d’établir la vérité et de sanctionner les fautifs, la prise en charge des victimes du massacre de La Saline s’avère d’une grande importance. C'est ce que recommande le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), qui dit observer les séquelles, les pertes matérielles et en vie humaine dues à cette tuerie ne fait qu’empirer la situation de ces derniers qui avaient du mal à rejoindre les deux bouts.

La sécurité, l’alimentation, les vêtements, l’accompagnement psychosocial et la création des activités génératrices de revenus sont les besoins urgents de cette couche vulnérable qui est en proie aux bandits qui règnent en maîtres et seigneurs dans cette zone. « La population se sent encore menacée. Pour elle, la bande de Ti Junior et ses alliés sont à quelques mètres. Ils sont dans une insécurité alimentaire chronique. Aujourd’hui, les survivants isolés n’ont aucune activité économique et ne peuvent se déplacer », dénote le rapport de 33 pages du CARDH.

L’organisme de défense des droits humains dénonce la passivité des autorités judiciaires, policières qui ne sont pas intervenues pour secourir la population conformément à leur mission. « Aucune disposition n’a été prise pour prévenir les atrocités ou les freiner. Le silence des autorités durant tout le temps du drame peut corroborer la thèse des riverains de la zone, faisant état de l’implication du délégué départemental de l’Ouest, M. Joseph Pierre Richard Duplan comme l'auteur intellectuel du forfait », a rapporté le CARDH.

Le massacre orchestré à La Saline contre la population notamment dans la zone appelée Projet La Saline est une violation de droits humains. Pendant deux semaines, des dizaines de personnes sont tuées, mutilées, carbonisées et des femmes sont violées. D’après le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme, la thèse affirmant qu’il s’agissait de deux groupes rivaux, dont l’un est à la solde du pouvoir en place et l’autre proche de l’opposition semble être plausible.«Il y aurait une banalisation du droit à la vie. Officiellement, aucune disposition n’est jusqu’à présent prise sur cet état de choses», a fait remarquer le CARDH, exigeant l’ouverture d’une enquête sérieuse, appuyée par une instance internationale (OEA / ONU) pour établir la vérité et permettre à la justice de rétablir les victimes dans leurs droits.



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