Parlement : Vent de division au bord de mer

Publié le 2018-12-06 | Le Nouvelliste

National -

Si la séance de mardi soir, annoncée en grande pompe par des sénateurs, s'est révélée être un véritable fiasco pour certains citoyens, ses conséquences sont pour le moins inconnues du grand public. Mais détrompez-vous, des vents contraires soufflent au bord de mer depuis la tenue de cette très controversée séance.

Sous les feux des critiques, le président du Sénat, Joseph Lambert, qui, lors de cette séance, a osé toucher à deux plaies qui étaient jusque-là latentes au Parlement, attendit la moindre imprudence pour se manifester.

Le premier concerne les agents de l’Unité de sécurité générale du palais législatif (USGPL). En effet, lors de la séance, répondant à une question du sénateur du Centre Wilot Joseph sur le vrai statut de ces hommes et femmes en uniforme au Parlement, le sénateur Joseph Lambert eut à mentionner que ces agents en uniforme frappé de logo et de l’inscription « Police » sont là pour veiller sur l’espace du Parlement et que le Parlement n’est pas responsable des actes de ces agents hors de ses clôtures.

Pour justifier sa position et limiter le chef de la police qui, une fois, avait déclaré qu’il n’y a « ni police parlementaire ni police universitaire », Joseph

Lambert brandit une loi publiée en 2008 formant ce corps dont l’appellation peut susciter des ennuis. Ces gens portent des uniformes frappées de l’inscription « Police » alors qu’ils n’ont pas été à l’Académie de police.

Selon un agent qui s’est confié au journal sous le couvert de l’anonymat, le corps de la police parlementaire a failli être une réalité, puisque des pourparlers étaient déjà en cours pour dispenser une formation de police à ces gens qui étaient des agents de sécurité. Cette alternative, selon notre agent, avait attiré la convoitise de certains parlementaires qui se sont empressés d’y intégrer des proches. Comme conséquence, ces parlementaires ont tué le rêve de ces jeunes qui avaient vu s'entrouvrir une porte pour faire carrière au sein de la PNH.

Cette ambiguïté a coûté toute la matinée du mercredi 5 décembre à Joseph Lambert, qui a dû s’expliquer avec ces « policiers » qui protestaient au bord de mer contre les propos tenus par le président lors de la séance de la veille. Joseph Lambert a beau s'expliquer, mais les résultats semblent être peu concluants, si l’on considère que la contagion de la grogne gagne ce jeudi les rangs des agents de la Chambre basse.

La deuxième pomme de discorde a rapport à la velléité du sénateur Joseph Lambert de révéler le nom du parlementaire qui serait de connivence avec le chef de gang du Village-de-Dieu, Anel Joseph. Pendant les délibérations des sénateurs lors de la séance de mardi, le président du Sénat, comme annoncé la veille, a mentionné le nom du député de la troisième circonscription de Port-au-prince, Printemps Bélizaire comme celui qui aurait volé au secours du chef de gang, l’aidant ainsi à s'échapper.

Pour avoir mentionné le nom de ce député Lavalas sans pouvoir donner la preuve qu’il a participé à une opération de sauvetage de bandits, Joseph Lambert est ce jeudi cloué au pilori par le député de Port-Salut, Sinal Bertrand.

Aujourd’hui, Sinal Bertrand exige que le président du Sénat fasse des excuses publiques au député Printemps Bélizaire, sinon il menace de « boycotter la séance en Assemblée nationale qui se tiendra le deuxième lundi du mois de janvier 2019 ».

Dans une correspondance circulant sur les réseaux sociaux ce jeudi 6 décembre 2018, les députés Roger Millien, Joseph Manès Louis, Jean-Robert Bossé, Sinal Bertrand, Reynald Exantus et Primtemps Bélizaire exigent des excuses publiques de la part du président du Sénat Joseph Lambert à la fois au député Printemps Bélizaire et à la Chambre basse tout entière. « Dans le cas contraire, vous ne pourrez présider aucune séance en Assemblée nationale », menacent-ils.

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