Keb en clôture de la 15e édition du festival Quatre Chemins

PUBLIÉ 2018-12-03
Une pluie de punchlines qui aiguillonnent les consciences. Un échange chaleureux avec un public qui ne se fatigue pas de s’accrocher à ses lèvres… Le concert du 1er décembre 2018 au Yanvalou était une occasion de plus pour Kébert Bastien alias Keb de prouver qu’il est encore un magicien indémodable du live qui n’a pas son pareil dans le paysage musical haïtien.


Comme c’est le cas depuis plusieurs éditions, le festival de théâtre Quatre Chemins intègre la chanson et d’autres disciplines dans son agenda. Après James Germain en 2017, c’était le tour de Kébert Bastien dit Keb de faire figure de chanteur invité de la 15e édition du festival qui est allé du 19 novembre au 1er décembre 2018 sous le thème « Pays poète, poète, poète / Peyi pwè, pwèt, pwèt ». Le jeune chanteur, en plus d’avoir prêté sa voix au générique de la présente édition, y a performé deux fois. Soit le 29 novembre à Jaden Samba et le 1er décembre au Yanvalou où Ticket s’est rendu.

Armé de sa guitare, habité par son répertoire, durant 90 minutes, l’artiste évolue devant le portrait de Nina Simone, chanteuse activiste comme lui, dessiné sur le mur servant de toile fond à la scène. Son énergie contagieuse donne lieu, au cours de ce spectacle de clôture de la 15e édition du festival Quatre Chemins, à des moments intenses, de la transe où ses fans s’imprègnent de la force de ses paroles. Vous dites paroles ? Keb, on le sait, n’a ni la prose ni les vers sirupeux. Dans ses textes, il se révèle sans langue de bois ou plutôt montre qu’il n’a du tout pas la langue dans sa poche. Ce n’est ni un chanteur à bobo, ni un troubadour de salon ou encore un artiste pour charmer les filles avec sa guitare. C’est un révolutionnaire qui fait participer activement son auditoire à son spectacle.

Sans se faire prier, le public débite couplet et refrain de « Konze », qui dénonce la traîtrise. « Aux Américains », dans lequel il fait le procès de l’impérialisme avec rage, avant de raconter avec ironie l’histoire du Palais national dans un morceau éponyme. C’est de loin l’une des meilleures prestations de la soirée. « École Normale » pointe du doigt un système éducatif qui oppose les fils et filles de nantis à celles et ceux qui vivent dans la misère crasse. Son tube « Merde » fait monter la température au même degré que le texte qui traite du Petrocaribe qu’il a servi une deuxième fois (comme on dit chez nous, en degi) en fin du concert.

De ces concerts interactifs, on en sort réchauffé par l’énergie qui a traversé tant le public que l’artiste et ses accompagnateurs sur scène. On gardera longtemps en mémoire ce spectacle qui a bouclé la boucle de la 15e édition du festival Quatre Chemins.



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