Jovenel Moïse sort-il renforcé ou amoindri par les événements ?

Publié le 2018-11-23 | Le Nouvelliste

Editorial -

Depuis les événements de 2004 qui avaient contraint l’ancien président Jean-Bertrand Aristide à abandonner le pouvoir, aucun autre mouvement de contestation de cette envergure n’avait été orchestré par des opposants contre une équipe au pouvoir. Manifestations de rue suivies de grève générale, paralysant toutes les activités dans l’aire métropolitaine et dans les villes de province, constituent des actions d’un passé lointain. Des observateurs s’accordent à dire que le mouvement revendicatif des jeunes de PetroChallenge a permis à l’opposition radicale de saisir l’opportunité d’enclencher cette offensive contre Jovenel Moïse, sous couvert de demander des comptes sur la dilapidation des fonds PetroCaribe. Au bon moment, l’opposition, en multipliant des actions contre l’équipe au pouvoir, a failli renverser l’héritier de Michel Joseph Martelly. Les deux journées de grève générale observées à travers le pays ont créé la panique dans le camp du pouvoir. Depuis son accession au Palais national le 7 février 2017, c’est la première fois que Jovenel Moïse faisait face à une réelle menace de perdre son fauteuil.

Après le blocage du pays et la paralysie des activités pendant les deux journées de grève, l’opposition n’a pas su tenir la population en éveil par des mots d’ordre pour la poursuite de la mobilisation. Ce vide laissé par la bande à André Michel de la journée de mercredi, tenant compte du nombre important de ménages évoluant dans le secteur informel, et en raison du panorama de l’économie haïtienne, l’instinct de conservation pousse les uns et les autres à braver le danger des menaces pour la reprise graduelle de la vie et des activités dans les différentes sphères de la société. Ce premier pas ayant été franchi mercredi, les activités ont augmenté en intensité jeudi et vendredi. Ce n’est pas le message sans saveur du président Jovenel Moïse à la télévision mercredi soir, ni les notes de soutien de l’ambassade américaine et du Core Group, lesquelles ont paru jeudi matin, qui ont empêché le navire de Jovenel Moïse de couler. C’est surtout le vide laissé par l’opposition, qui, au lieu d’inviter la population à se ravitailler le mercredi, en annonçant d’autres initiatives, a préféré garder le silence. L’intervention du sénateur Evallière Beauplan sur une station de radio de la capitale mercredi matin, demandant aux jeunes de différents quartiers de verser de l’huile sur la chaussée des différents tronçons de rue pour bloquer la circulation des véhicules, a vite soulevé l’indignation des uns et des autres.

Jovenel Moïse est resté au pouvoir et ne partira pas de sitôt. Il devient un chef d’Etat meurtri par les événements de cette semaine. Va-t-il tirer les leçons de ces faits politiques du moment pour repenser la gestion du pouvoir ? Comprendra-t-il que son cabinet particulier ne contient pas les ressources humaines nécessaires pouvant l’aider à bien saisir la réalité politique du pays dans toutes ses dimensions ?

En analysant les attitudes et comportements des chefs de file de l’opposition radicale au pouvoir de Jovenel, on peut aisément comprendre qu’ils sont pour la plupart d’anciens candidats à la présidence, qui se trouvaient en compétition en face de Jovenel, exception faite de Schiller Louidor de Fanmi Lavalas. Ce qui explique qu’ils n’ont jamais accepté leur défaite aux dernières compétitions électorales. Ils sont pour la plupart des produits du système qui ne peut changer le modèle de gestion de cet Etat arriéré ni les conditions de vie de la population. Pour sa part, Jovenel Moïse, au lieu d’engager le pays sur la voie de la modernité, se contente de faire des promesses à travers le pays, en restant fidèle à Michel Martelly, en vue de perpétuer les structures archaïques de cet Etat en décomposition.

Pendant combien de temps Jovenel Moïse va-t-il continuer à rester au pouvoir sans aucun plan, ni programme, ni projet ? Les notes de soutien de l’ambassade américaine et du Core group suffiront-elles à le maintenir au timon des affaires jusqu'aux termes de son mandat ?

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