Mathieu Nicolson, un amoureux du métal découpé

PUBLIÉ 2018-11-08
Après avoir participé plusieurs fois en groupe à Artisanat en fête, Mathieu Nicolson présentera ses pièces en métal découpé pour la première en solo cette année. Tout en suggérant aux visiteurs de marcher avec du « tchotcho », pour faire le plein durant les deux jours, il leur prévient qu’ils seront gâtés par les rabais qu’il leur réserve.


Tandis qu’il nous parle, des bruits de marteaux, de piques d’un groupe d’hommes travaillant sur un morceau de tôle ne cessent de nous parvenir d’une maisonnette pas trop loin de la sienne. Pour Mathieu Nicolson, natif de Nouailles, ce concert de métal lui est familier. « Depi m piti m ap tande bri sa chak maten ; se lè m pa tande l mwen enkyete », confie celui qui ne s’est pas entêté à réinventer la roue dans sa communauté. Il a appris à travailler sur le métal presqu’à la même époque où il apprenait à lire. Ses parents l’ont nourri grâce à ce métier et lui, ne se rappelle pas avoir empoché le moindre sous d’une autre manière.

Pour prouver combien il est rodé dans le métier, l’artisan n’hésite pas à expliquer, par exemple, qu’il existe 7 étapes fondamentales dans la production d’une pièce à base de son matériau fétiche. Il n’a pas manqué non plus de nous révéler d’où proviennent les « dwoum » comme on les appelle chez nous. « Se 2 kote pou w jwenn dwoum : Kwadèboukè ak Kafou aviyasyon », affirme-t-il. De ces « dwoum », il fait des bols, des assiettes, des sculptures, des appliques murales. Il n’est pas de ceux qui se voient obligés de trancher entre utilitaire et décoratif. Il fait un peu de tout.

À ce jour, Mathieu ne compte plus les fois où il a participé à Artisanat en fête (qu’il considère comme une sorte de fête patronale en soi) mais c’était toujours en collectif. D’autres artistes dont feu Simon Gérald et Michel Jean Raynald l’ont toujours pris sous leurs ailes. Mais à cette douzième édition, il sera en solo. C’est sans précédent pour l’artisan, mais c’est un sujet de réjouissance, car selon lui, désormais, il ne devra compter que sur ses forces. Il avoue toutefois être un peu stressé.

En dehors, d’Artisanat en fête il a pris part à d’autres foires d’envergure : une en République Dominicaine, dans une succursale du magasin La Sirena ; et une autre à Santiago de los Caballeros.

À cette douzième édition, Mathieu Nicolson souhaite que les visiteurs-acheteurs se présentent nombreux pour faire le plein d’articles, découvrir toutes ces créations conçues à leur intention. « Mache ak yon ti tchotcho pou n achte. E menm si nou pa gen kòb, vin gade, vin admire travay atizan yo ki panse anpil ak nou. Epitou, nan stann pa m nan, n ap jwenn anpil kichòy », conclut-il.



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