Charles Eneld, de disciple à maître en fer découpé

PUBLIÉ 2018-11-07
Après de multiples participations avec un ami qui réside désormais en terres étrangères, Charles Eneld revient en solo à Artisanat en fête, sa foire fétiche. L’homme qui affectionne la reproduction en fer découpé des génies tutélaires espère que le public fasse le plein de ses articles les 10 et 11 novembre 2018 au Parc historique de la canne à sucre. Portait d’un artisan qui a appris à voler de ses propres ailes.


Comme l’a dit le rédacteur en chef du Nouvelliste à la conférence de presse du 7 novembre 2018, chaque recoin d’Haïti a son type d’artisanat. En ce qui concerne le fer découpé, on sait que la Croix-des-Bouquets en est le haut lieu grâce au Village de Nouailles où cette pratique se transmet de père en fils depuis plusieurs générations. Charles Eneld, natif de cette zone, n’est pas celui qui a dérogé à la règle. Depuis 2013, il travaille le fer sous la houlette d’un aîné prénommé Joseph dont il dit tributaire de tant de choses. « En plus de m’apprendre les rouages du métier, il me demandait de l’accompagner aux foires », confie-t-il. Le destin entraînera son maître hors de nos frontières. Le disciple du coup se voit obligé de continuer en solo.

Pour effectuer ses pièces, il fait fondre tout ce qu’il peut trouver comme métal : bwat pat tomat, bwat pomad, mamit lèt, bout fè, tòl. Charles Eneld est un véritable apôtre du recyclage en Haïti.

Ses thématiques de prédilection sont les génies tutélaires dont cette remarquable Sirène avec laquelle il adore poser. Il situe sa gamme entre le décoratif et l’utilitaire.

Pour Charles Eneld, Artisanat en fête est l’activité à ne manquer sous aucun prétexte quand on est artisan. « Avec Joseph j’y ai pris part au moins trois fois », confie-t-il. Toujours, selon lui, c’est le moment idéal pour écouler ses articles et surtout réseauter… Parlant de réseautage, l’homme se réjouit d’y avoir rencontré un client qui vient de la Martinique. Une rencontre qui a débouché à une participation de l’artisan à une activité du même genre en Europe. « J’en suis encore reconnaissant, car mon travail a été projeté aussi loin grâce à l’entremise d’un client », dit-il.

À tous ceux qui fouleront le site du Parc historique les 10 et 11 novembre 2018, le jeune maître du fer découpé encourage à faire le plein d’articles, « pour aider ses frères et sœurs de métier à vivre décemment au pays ».

« Si on achète nos articles, on produira davantage. Avec beaucoup de rentrées nous ne serons plus obligés d’aller chercher mieux sous d’autres cieux », conclut Charles.



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