Jovana Louis Benoit, l’Haïtienne qui domine la mode au Vietnam

PUBLIÉ 2018-11-06
La « success story » de Jovana Louis Benoit n’a pas commencé le 27 octobre dernier dans le cadre de la dernière édition du Vietnam International Fashion Week qu’elle a close en beauté. La créatrice de mode a habillé le gratin d’Hollywood allant de Sanaa Lathan à Mélanie Griffith, sans oublier Garcelle Beauvais ou Michaelle Jean. Portrait d’une véritable ambassadrice de la culture haïtienne de premier plan.


1,80 m de haut, de longs cheveux toujours « blow dry », Jovana Louis Benoit a tout l’air du palmiste national qui surplombe les autres éléments constituant nos armoiries nationales. À une carrière de top-modèle qu’on lui prêterait, elle a préféré celle de designer. « Quand j’étais plus jeune, je ne faisais pas partie des filles qui pouvaient se trouver quoi porter facilement dans les magasins. Il fallait qu’on me confectionne mes tenues. C’est d’ailleurs au contact d’une tante qui m’assurait du sur mesure que j’ai pris goût au métier de créatrice de mode », raconte-t-elle. Tout naturellement, à la fin de ses études classiques, Jovana s’est dirigée vers ES Mod à Paris afin de s’assurer la brillantissime carrière qu’elle dessine depuis.

Indépendamment de sa volonté, la créatrice a dû déménager au Vietnam parce que son mari Jean Lesly Benoit y est affecté depuis 4 ans en tant qu’ambassadeur de notre pays. Très vite, la mère d’une fille de 5 ans réussit à intégrer le milieu de la mode dans ce pays qui s’est relevé d’une des guerres les plus sordides du XXe siècle. « Ma taille, qui aurait pu être un handicap sous d’autres cieux, s’est révélée très vite un atout dans ce coin de terre », raconte-t-elle. En effet, du haut de son mètre 80, impossible de ne pas la remarquer dans les tupperware party et autres rencontres mondaines entre épouses d’ambassadeurs à Hanoï.

Dans la foulée de son arrivée, l’État de ce pays la désigne comme l’ambassadrice de la « Ao Dai » (Prononcez « Aozay », le D dans le vernaculaire vietnamien se prononce Z). La Ao Dai, tel qu’elle l’explique, c’est la robe traditionnelle nationale ; ce serait l’équivalent national de notre robe paysanne karabela.

Tombée amoureuse de cette robe dont elle est devenue l’égérie, Jovana l’intègre donc dans son travail. La plupart de ses pièces sont faites à partie de la soie du Vietnam dont elle est si friande. Mais cette appropriation de la robe traditionnelle du Vietnam n’assèche point le sang haïtien qui coule dans ses veines. « Mes pièces, dit-elle, sont le croisement de mes trois principales influences dont Haïti, le Vietnam et la France où j’ai effectué des études. » La conceptrice de mode ambitionne de pouvoir rassembler ses cultures, un idéal qui ne rend pas son travail trop facile, selon elle. Par ailleurs, toujours dans ce même territoire, elle a reçu le prix « Inspirational Women’s Leadership Awards » décerné par Happy Women Leader Network.

La philosophie de Jovana ? Donner aux femmes la liberté d’être elles-mêmes. Pour pouvoir toucher à peu près toutes les catégories, elle s'assure de faire osciller ses collections entre la Haute couture et le haut de gamme. Même au niveau du prix elle fait en sorte que ça soit assez abordable.

Cette ambassadrice toute destinée de notre culture à travers le monde ne se confine pas dans le confort de sa demeure pour faire avancer sa marque. Elle sillonne le monde en faisant porter ses pièces par de grandes dames afin de les faire connaître. Dans sa liste on compte (tenez-vous bien) : Michaelle Jean, Garcelle Beauvais, Sanaa Lathan, Tina Knowles et Mélanie Griffith.

Pour revenir au Vietnam, la belle a clos la dernière édition de leur fashion week le 27 octobre 2018 avec sa collection baptisée « The sound of summer ». Elle a fait appel à Raquel Pélissier, la première dauphine de Miss Univers 2016, et Truong Thi May, Miss Univers Vietnam, comme célébrités pour donner du pep à sa collection chaudement acclamée. Jovana Louis Benoit, grâce à son passage remarquable sur la passerelle, a fait parler d’Haïti autrement devant un public vietnamien. Vivement qu’elle passe à Port-au-Prince pour un défilé afin de faire découvrir ses produits dans son alma mater!



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