Ce qu’on a retenu de la sixième édition du Festival Vilaj La

PUBLIÉ 2018-10-08
Le 7 octobre 2018, la sixième édition de Festival Vilaj La s’est bouclée avec une activité musicale tout de suite après la clôture de la onzième édition de la foire « Georges Liautaud » organisée par ADAAC au cœur du Village de Nouailles. Notre compte rendu sur une immersion dans une activité tenue dans un coin authentique d’Haïti.


À l’amorce de ce papier sur la sixième édition de Festival Vilaj La, il convient de poser la question qui suit : pourquoi les images authentiques de notre pays se révèlent plus rarissimes dans la presse internationale, sur les réseaux sociaux que les clichés de no man’s land infects dont on l’affuble ?

Nouailles, par exemple. Juché à un jet de pierre du Carrefour Fleuriot, ce lieu se révèle assez dépaysant pour quelqu’un qui est acclimaté à la grisaille de la capitale. Le village aux allures pavillonnaires est une véritable carte postale assez réaliste. On dirait un tableau d’un grand maître du mouvement Saint Soleil. Les murs des maisons « peyi » sont enjolivées de sculptures en fer découpé les unes plus originales que les autres. Quand ce ne sont pas les dieux du vaudou qu’on dessine, ce sont un soleil, une fleur ou un palmier.

Les gens sont chaleureux et courtois et peuvent facilement détecter les outsiders parmi eux. Ce dimanche 7 octobre, le cœur du village est bondé de gens venus rincer leurs yeux ou acheter tous ces produits artisanaux qui ont été exposés. Ça va de la gastronomie populaire au fer découpé qui est endémique à l’endroit.

Quand les ombres s’amènent, les mélomanes de 7 à 77 ans se dirigent autour du podium planté quelque part au cœur du village pour la clôture en musique de cette sixième édition. C’est une occasion pour nous de vérifier que la maxime « nul n’est prophète dans son pays » ne tient pas dans le cas de BélO. Tantôt en tant que MC de l’activité, tantôt artiste, il est chaudement acclamé par les siens. Parlant de son show, ce dernier casse l’image de « Samba à bobo » dont certains pourraient lui porter vue le niveau de sa musique. Sans sombrer dans la vulgarité, il réussit à faire danser, chanter les gens de son patelin qu’on croirait a priori friands de « rabòday ». L’interprétation de ses tubes « Lakou trankil », « Vann dlo » ou ses reprises de classiques dont « Murder she wrote », « Ban m fènwa mwen » donnent à voir des moments de consécrations dans la foule dignes de concerts de rock. Un homme à qui on donnerait 60 ans les yeux fermés, se tenant au devant de la foule, pose une main sur le cœur tandis qu’il débite avec l’artiste les passages de « Lakou trankil ».

Dug-G, rappeur invité de grande renommée, interprète 3 ou 4 titres de son répertoire pour le bonheur d’un auditoire qui semble le suivre depuis longtemps. La soirée a débuté avec une minute de silence en mémoire de nos concitoyens touchés par le séisme qui est survenu la veille dans la partie septentrionale du pays. Ensuite se sont succédé, avant les deux artistes cités plus haut, des prestations de jeunes formations ou chanteurs connus dans les parages de la Croix-des-Bouquets.

Les dj Zo, pitit zòn nan, et Ben Constant, chacun son tour, font ensuite danser avec leurs mix un public qui en redemande. À minuit, la boucle est bouclée. Le prochain rendez-vous est fixé pour l’année prochaine.



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