Relation positive pour les deux indicateurs de l’autonomisation de la femme ,selon l’EMMUS VI

Publié le 2018-09-13 | Le Nouvelliste

Economie -

Le nombre de décisions auxquelles la femme a participé, soit seule ou en commun avec son conjoint et le nombre de raisons pour lesquelles, celle-ci pense qu’un mari ou partenaire puisse battre sa femme, révèlent le degré d’autonomisation de la femme. Plus le premier indicateur est élevé, plus on considère le niveau d’autonomie de la femme élevé. De même, si le niveau d’acceptation du second indicateur est haut, on l’associe à une faible autonomisation. Dans, la 6e Enquête mortalité, morbidité, et utilisation des services (EMMUS 2016-2017), le croisement de ces deux indicateurs évolue positivement.

Le pourcentage de femmes qui ne justifient pour aucune raison le recours à la violence conjugale augmente avec le nombre de décisions auxquelles la femme a participé, passant de 74% quand la femme n’a participé à aucune décision à 86% quand elle a participé aux trois décisions retenues (soins de santé de la femme, achats importants pour le ménage et visites à la famille ou aux amis), lit-on dans ce rapport publié récemment.

« Le pourcentage de femmes ayant participé à la prise de toutes les décisions diminue nettement avec le nombre de raisons justifiant qu’un homme batte sa femme ou, passant de 71 quand il y a aucune raison à 52% quand il est de 5 », a relaté plus loin l’enquête.

A remarquer que, par rapport à la prise des trois décisions, une augmentation graduelle du pourcentage de femmes ayant participé a été observée. Celui-ci étant passé de 53% en 2005-2006 à 61% en 2012 pour atteindre 69% en 2016-2017.Ce qui traduit une certaine implication des femmes dans les sujets qui les concerne

Parallèlement, la tendance montre qu’après avoir connu une diminution importante entre 205-206 et 2012 passant de 31 à 17%, le pourcentage de femmes d’accord avec au moins une raison justifiant des violences conjugales est restée inchangé entre 2012 et 2016-2017.Le ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes ainsi que ses partenaires ont, en ce sens , beaucoup de chemin à parcourir encore pour aider Haïti à atteindre les objectifs de développement durable.

L’autonomisation consiste à pouvoir agir et décider seules, sans pressions externes. L’autonomisation de la femme est un corollaire de l’égalité des sexes.

L’EMMUSVI, pour présenter l’analyse des résultats concernant l’autonomisation des femmes, s’est référé également à l’emploi, aux revenus, au contrôle de leurs gains et écarts de revenus par rapport à ceux de leur conjoint.

Concernant le contrôle de l’utilisation des gains de la femme, il a été constaté une diminution. Le pourcentage de femmes décidant elles-mêmes de l’utilisation de leurs gains après avoir connu une légère augmentation entre 2005-2006 et 2012 de 49% à 53% a diminué entre 2012, et 2016-2017 passant à 46%.

D’un autre côté, près de trois quarts des femmes enquêtées ont déclaré avoir travaillé au cours des douze mois précédant l’enquête

L’autonomisation de la femme et le respect des droits des femmes constitue le 5e des 17 objectifs de développement durable(ODD) à l’horizon de 2030 auxquels Haïti a souscrit.

Martine Isaac
Auteur
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