Des ministres démissionnaires reconduits dans le cabinet Céant, Guichard Doré parle de « principe d’équité »

Publié le 2018-09-13 | Le Nouvelliste

National -

Si certains acteurs de la scène politique, à l'instar des parlementaires, ne voient pas d'un bon œil le fait que six sur 18 ministres, qui appartenaient au gouvernement démissionnaire de Jack Guy Lafontant, font partie du nouveau cabinet du Premier ministre désigné Jean Henry Céant, le conseiller de la présidence Guichard Doré, malgré les critiques, n’y voit aucun problème. Certains députés vont jusqu’à parler de « provocation » de la part de l’exécutif. Quoiqu’il reconnaisse qu’il s’agit de leur droit le plus entier, le sociologue-politicien, estimant que les parlementaires sont « allés un peu trop loin », évoque plutôt le principe d’équité.

Invité à l’émission « Haiti Sa k ap kwit » du vendredi sept septembre pour commenter certains dossiers de l’actualité politique, Guichar Doré ajoute qu'il est juste de permettre aux ministres reconduits de faire leur preuve. Ces ministres étaient placés lors du processus de remaniement du cabinet Lafontant. Ils n’ont pas vraiment eu le temps de livrer la marchandise, à en entendre le conseiller du président. « Le président et le Premier ministre les a reconfirmés en attendant des résultats », souligne-t-il, avant d’insister sur le « souci d’équité », pour leur permettre d’aller vers l’avant.

À la question de savoir s’ils ne devaient pas d’abord obtenir décharge afin d’intégrer le nouveau gouvernement, le conseiller de Jovenel Moïse pense qu’il s’agit d’un sujet « évacué ». Pour asseoir son argumentaire, le conseiller évoque la nette différence entre « comptable de deniers publics et ordonnateur ». Si le premier manipule les fonds, le second, par contre, ordonne les dépenses. « À ma connaissance, beaucoup de ces gens à qui l'on adresse des reproches étaient des ordonnateurs », se positionne Guichard Doré, se voulant plus théorique dans son approche.

Contrairement au président du Sénat Joseph Lambert qui croyait impératif que les dossiers des membres du cabinet ministériel devaient être déposés et analysés avant la ratification de l’énoncé de politique générale du Premier ministre, Guichard Doré a ramolli sa position, lorsqu'il accusait le Parlement de retarder le processus avec cette approche qui, pour lui, n’est pas constitutionnelle. En effet, après un dialogue engagé avec le président

Lambert qui lui a mentionné qu’il s’agit d’une tradition parlementaire d’étudier les pièces avant la ratification, le conseiller préfère obtempérer. « La nomination (des ministres) étant faite, on doit savoir à qui on a affaire. Je n’ai aucun problème avec cela», avance celui qui, d’après lui, éprouverait un malaise si l’exercice d’analyser des pièces était fait avant la nomination.

PetroCaribe : Guichard Doré plutôt prudent…

Par ailleurs, intervenant sur le dossier PetroCaribe désormais sur toutes les lèvres, le conseiller Guichard Doré croit qu’il est « important qu’il y ait des clarifications sur les dépenses, du moins l’utilisation des fonds». Évoquant son adhésion au principe républicain de la « reddition des comptes », le sociologue estime que ceux qui ont géré doivent répondre de leurs actes. Il ne faut pas croire que rien n’a pas été fait. Il y a des firmes qui travaillaient, des projets achevés ou inachevés, etc. En ce sens, il appelle au respect des principes. Pour lui, il faut disposer de bonnes informations, faciliter les partis concernés à faire entendre leur voix et partager les responsabilités.

Malgré l’enquête du Sénat, le sociologue maintient qu’il n’existe toujours pas de « dossier » dans l’affaire PetroCaribe. À en croire le conseiller du président de la République, il faut attendre que la cour restitue l’ensemble des dossiers, trouver les fautifs et prendre les mesures nécessaires. Il faut un document qui apporte des éclairages sur les données administratives, les procédures, permet de connaitre les détails de chaque projet sur les plans financiers (les décaissements faits pour les projets et programmes) ainsi que les détails techniques durant toute la période a démarré le dossier PetroCaribe. Pour lui, le rapport des sénateurs sur le dossier constitue seulement des indices permettant d’avancer sur le dossier. C’est à la Cour d’emboîter le pas et de faire le nécessaire.

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