Le RNDDH écrit au président pour les victimes de Pèlerin 5

Publié le 2018-08-09 | Le Nouvelliste

National -

Un tantinet rayées des pages de l’actualité à cause du flux d’évènements politiques qui se sont produits ces derniers jours, les familles dites victimes de déguerpissement forcé tentent une ultime approche. En leur nom, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a adressé au président de la République, Jovenel Moïse, une lettre ouverte pour exposer leur situation d’inconfort actuel. L’organisme de défense des droits humains a fait parvenir sur le bureau du chef de l’État les dossiers de sept familles victimes à Pèlerin 5, dont « les droits à la dignité et à la propriété privée ont été, sur votre [Jovenel Moïse] instigation, bafoués par les autorités judiciaires et policières de Port-au-Prince ».

Même s’il est celui par qui le scandale est arrivé, il est aux yeux du RNDDH le dernier recours, à cause de la prise à partie de la justice dans ce dossier, pouvant apporter une solution. Le dossier à fait le tour des médias, « mais aucune action concrète en vue de rétablir les victimes dans leurs droits n’a été entreprise », juge le RNDDH qui, dans sa lettre, a voulu présenter les familles victimes et leurs situations particulières dans le but de porter le président à comprendre l’ampleur des dégâts engendrés par cette intervention en déguerpissement forcé. « Ils ont été accusés d’empêcher que la sécurité des honnêtes gens soit convenablement assurée. Pourtant, avant votre arrivée dans la communauté de Pèlerin 5 où ils vivent depuis plusieurs années, n’avait porté plainte contre eux pour mauvais agissement ou pour troubles à l’ordre public. »

Les sept cas évoqués par l’organisme des droits humains sont des familles qui ont été arrachées de leurs maisons pour que celles-ci sont démolies. Delinois Fleurissier, père de cinq enfants, dont deux en bas âge, a tout perdu lors de la démolition de sa maison qui comptait six pièces. Aujourd’hui, il est sans toit et sans aucune possibilité d’acquérir une nouvelle propriété. Sa fille de cinq ans se trouvait dans la maison pendant l'opération de démolition. Les six autres pères de famille sont des gens du peuple qui font de petits boulots comme fleuriste, chauffeur de moto, contremaître en maçonnerie. « Monsieur le président, comme vous pouvez le constater, ces victimes sont de rudes travailleurs qui ont difficilement réussi à s’ériger un toit, dans un pays où l’accompagnement social s’avère inexistant. Il a donc fallu que vous devinssiez président de la République pour qu’ils passent en quelques heures du statut de propriétaires de maison à celui de sans-abri », peut-on lire dans la lettre.

Les habitants de Pèlerin 5, quartier de Pétion-Ville où réside le président Jovenel Moïse, attendent que l’État haïtien « répare son injustice » en leur fournissant un dédommagement leur permettant de reconstruire leurs maisons. Une position relayée par le RNDDH. « Monsieur le président, vous êtes tenu, en tant que garant de la bonne marche des institutions républicaines du pays, de réparer les torts qui ont été causés par le zèle des autorités policières et judiciaires impliquées dans cette opération réalisée pour vous plaire. »

Plus loin, le RNDDH dit croire que cette intervention, qui s'est déroulé entre le 2 et le 4 juillet 2018, à l'initiative du parquet de Port-au-Prince et la Direction départementale de l’Ouest de la Police nationale d’Haïti (DDO / PNH), aidés de la Direction générale des impôts, représente un acte discriminatoire qualifié d’intervention « musclée, illégale et arbitraire » dans l’objectif de déloger 34 familles à qui ils reprochent de représenter une menace pour la sécurité du président et celle de sa famille. Le RNDDH affirme qu’elle a été réalisée en violation des droits à la dignité humaine et au logement garantis par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 en ses articles 1er et 25, assurant d’une part que toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer son bien-être, celui de sa famille notamment pour le logement ainsi que pour les services sociaux nécessaires.

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