Martine Chateigne, la crocheteuse dont tout le monde parle

PUBLIÉ 2018-08-08
Que ça soit à la fashion week en janvier 2018 ou au lancement à New-York de la Caribbean fashion tour, la nouvelle ligne de vêtements et d' accessoires de plage de Martine Chataigne fait beaucoup parler d'elle. Si elle choque des gens trop bien pensants, elle n'éloigne pas pourtant la clientèle fin gourmet qui affectionne ses produits dont chaque pièce est unique.


Pas question pour nous de retracer dans les lignes qui suivent le parcours de Martine Chateigne alias Marcha. Il y a quelques années, nous lui avions consacré un portrait C.V dans lequel on a mis en évidence sa contribution à rendre les lettres de noblesse au métier de crocheteur qu'on associe à tort à un truc de vieille fille ou de mégère.

Dans le présent papier, il est plutôt question pour nous de tenter de cerner le secret de la réussite de ses pièces notamment celles de la dernière collection qui cartonnent partout. « Les gens aiment mes pièces parce qu'elles sont à la fois uniques et originales", explique Martine. En effet, la crocheteuse s'interdit à chaque fois, de reproduire une pièce avec laquelle elle a eu du succès ou pas. « Mes clientes des premières heures n'en démordent pas parce que justement, c'est cette unicité qui est rarissime de nos jours qu'elles retrouvent chez moi" explique-t-elle.

Les gens qui sont formatés à n'apprécier que l'uniformité et l'ordinaire ne se sentiront pas à l'aise à ses côtés. « Simplement Marcha, le nom de ma ligne n'est ni Mac Donald's ni Burger King ou Target. J'explique, d'emblée, aux clients de ne pas espérer que je reproduise une pièce selon leurs vœux. Je peux toutefois m'inspirer d'une pièce de mon portfolio qui leur tient à coeur" ajoute la crocheteuse. Son inspiration, elle la puise partout. Un autre charisme dont elle dit avoir, c'est l'humilité et le sens de l'écoute. Au sein de son équipe qui comprend deux autres crocheteuses et un cordonnier, elle confie ne jamais jouer au pic de la Mirandole. Il y aurait au sein du quatuor une telle synergie qu'elle ne soucie pas d'avoir briefé les autres en amont, quand il s'agit d'aborder chacun des projets.

Martine est du genre à appeler un chat un chat. « Le crochet, prévient-elle, n'est pas un truc pour les gens impatients qui sont incapables de se concentrer longuement ou tout simplemment malhabiles". Si une erreur survient, quiconque s'en rendra compte. Il n' y a pas de raccourci. Il faut parfois revenir à la case départ, tout défiler pour essayer de rectifier l'erreur.

Elle avoue préférer crocheter la nuit plutôt que le jour. « A un tel moment selon moi, l'esprit est plus disposé à profiter de l'extase que ce métier procure" avance-t-elle. Il lui faut en moyenne 3 jours pour boucler tout le travail qu'exige une pièce commandée par une cliente ou un client étant donné qu'elle n'est pas dans le fast fashion. Toutefois, quand il s'agit de monter une collection, elle se met du bâton dans les roues. IL lui a fallu juste deux mois pour boucler sa présente collection qui fait jaser certains ou jubiler d'autres.

Incroyable mais vrai! La plus grande difficulté de la designer est le manque criant d'intrants, notamment de fils adéquats en Haïti. « Il m'arrive, dit-elle, d'annuler des commandes parce que le fil en vient à manquer même chez mon fournisseur local parfois qui pis est. Ce n'est pas tous les matins que je peux m'envoler pour Miami juste pour aller me procurer de fils."

Toutefois, l'ambition de la créatrice est de pouvoir s'essayer à d'autres choses que les tenues de plage, les centres de table et les nappes. Elle voudrait proposer des pièces comme des robes de soirée. Elle se dit être prête à passer plus de nuit sans sommeil ou de se procurer de plus de fils. Des sacrifices qu'elle est prête à faire.

En dehors de la Caribbean fashion tour ou Artisanat en fête et Femme en démocratie qui sont des activités ponctuelles auxquelles elle prend toujours part, elle fait savoir qu'on peut la contacter sur les réseaux sociaux. Elle avoue être du genre à lire tous les messages qu'on lui fait parvenir. « A mes clientes des premières heures, je vous dis merci. Aux autres je vous dis d'oser cette unicité que je vous propose au sein de Marcha" conclut-elle.



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