Plaidoyer pour une prise en charge de la petite enfance

América Solidaria Ayiti (ASH) a organisé, le jeudi 19 juillet 2018, le tout premier forum sur la petite enfance en Haïti, à la Bibliothèque nationale d’Haïti (BNH), à Port-au-Prince. Réalisé autour du thème « Parlons de la petite enfance en Haïti », ce forum a occasionné de houleux débats sur la situation des enfants en Haïti et sur l’importance de garantir une éducation pour tous.

Publié le 2018-07-25 | lenouvelliste.com

Des responsables d’organisations internationales, d’organismes publics, de directeurs d’écoles, professeurs, entre autres, se sont joints au forum sur la petite enfance afin de discuter sur la prise en charge de la petite enfance face aux risques que ce groupe encourt et vis-à-vis de sa complexité. Ce forum, a expliqué la directrice exécutive de América Solidaria Ayiti, Olga Regueira, tend aussi à faire valoir le développement intégral de la petite enfance en Haïti.

Ainsi, Marie Yolaine Vandal, directrice du Bureau de gestion de l’éducation préscolaire (BUGEP), a présenté des perspectives pédagogiques, psychologiques et sanitaires liées au développement de cette catégorie d’enfants. Laquelle, dit-elle, est classée en deux catégories. La première notamment est comprise entre zéro et trois ans et nécessite donc une prise en charge continue et efficiente.

Cependant, quelque 2,7 millions d’enfants n’ont pas accès au service de base en Haïti et quatre enfants sur 10 vivent dans la misère la plus abjecte. Plus loin, Mme Vandal a fait savoir que, chaque année, le taux de mortalité infantile dépasse la barre de cinq mille enfants. À noter qu’en Haïti près de trois mille enfants ne sont pas identifiés.

Face à ce constat alarmant, Marie Yolaine Vandal a invité les autorités gouvernementales à mettre sur pied un comité sectoriel pour encadrer les petits enfants dans leur développement. Lequel pourrait être composé du Bien-être social et des ministères de l’Education nationale, de la Santé publique, de la Justice et à la Condition féminine. « Car, soutient-elle, la petite enfance n’est pas seulement du ressort du ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle. »

Cet encadrement nécessite par ailleurs de travailler avec les parents, et notamment les femmes enceintes ainsi que les nourrices. La directrice du BUGEP a surenchéri qu’il est également essentiel de répandre les programmes de vaccination et de déparasitage du pays.

Représentant de l’Unesco à l’occasion, Jean Michel Charles a pour sa part analysé la cartographie du système éducatif haïtien. Selon lui, aucune politique n’est définie en ce sens. En conséquence, la majorité des écoles sont concentrées dans les principales régions urbaines du pays et provoque ainsi un manque d’accès à l’éducation.

La prise en charge des enfants au niveau préscolaire, relate le cadre de l’Unesco, requiert un coût élevé. Néanmoins, selon le vœu de la Constitution en vigueur, il est de la responsabilité de l’État haïtien de scolariser les enfants, ce en vue de lutter contre la délinquance et l’inégalité sociale. « Il faut respecter les droits des enfants », a-t-il plaidé, invitant les autorités compétentes à gérer rationnellement les fonds publics afin d’investir judicieusement dans l’éducation.

Selon América Solidaria Ayiti, la petite enfance est l’un des groupes les plus vulnérables (50%) de la population des dix départements géographiques du pays âgés de moins de 18 ans. À cet effet, les participants en ont profité pour inviter le gouvernement haïtien et la société civile à s’unir pour protéger les enfants et les jeunes gens qui représentent le socle et l’avenir de la société haïtienne.



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