FENAMH

L’ensemble des maires du pays exigent la démission du Premier ministre

Publié le 2018-07-11 | Le Nouvelliste

National -

Jamais le Premier ministre Jack Guy Lafontant n’a été aussi impopulaire. Depuis la décision du gouvernement d’augmenter les prix de l’essence sur le marché national et les actes de violence marqués de pillages qui s'en sont suivis, presque tous les secteurs du pays exigent la démission du patron de la Primature. Ce mercredi 11 juillet, c’est la Fédération nationale des maires d’Haïti (FENAMH) qui exigent son départ.

La Fédération nationale des maires d’Haïti (FENAMH) dit condamner avec la plus grande rigueur les actes de violence, de pillage et de vandalisme qui ont émaillé les revendications populaires du vendredi 6 juillet au dimanche 8 juillet 2018 à la suite de l’annonce par le gouvernement de l’augmentation « brutale » des prix des produits pétroliers. Dans une prise de position conjointe, les maires du pays présentent leurs sympathies aux victimes et expriment leurs inquiétudes sur l’avenir des familles tombées subitement en chômage après le pillage et l’incendie de plusieurs entreprises.

« Toutefois, la Fédération reconnaît que la réaction de la population est la conséquence d'un manque de concertation dans les processus décisionnels engageant la République mais aussi et surtout des frustrations nées de l’insatisfaction des revendications longtemps exprimées par les différentes composantes sociales du pays, en particulier les couches les plus défavorisées », ont écrit les membres de la FENAMH dans cette prise de position dont copie a été envoyée au Nouvelliste.

Après ces considérations, la FENAMH exige : la démission du Premier ministre Jack Guy LAFONTANT ; la formation d’un gouvernement d’ouverture avec une feuille de route claire intégrant les vraies préoccupations de la population comme la décentralisation, la lutte contre la pauvreté, l’insécurité, la corruption, le chômage, l’environnement, la santé, l’éducation, les logements sociaux, entre autres.

La FENAMH exige aussi que le prochain Premier ministre soit un rassembleur, connu des milieux sociopolitiques, soucieux du relèvement des collectivités territoriales. Il doit pouvoir aussi, selon les maires du pays, être capable d’assainir les finances publiques, diminuer les dépenses somptueuses de l’Etat, renforcer la justice et mettre sur pied le CEP permanent pour mieux assurer l’alternance politique ; définir une stratégie pour rapprocher l’État central des collectivités territoriales.

Les maires du pays veulent aussi la participation des 3 800 élus locaux dans les négociations tendant à résoudre la crise ; le détachement des collectivités territoriales sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, le respect des lois portant création du fonds de gestion et de développement des collectivités territoriales et la mise à disposition des mairies des fonds locaux d’aménagement du développement territorial (Fonds Communaux-FLADT).

S’agissant de la démission du Premier ministre, une source digne de foi au Palais national et proche du chef de l’État a confié au Nouvelliste que Jack Guy Lafontant fait partie du passé et que les consultations entamées mardi par Jovenel Moïse consistent à choisir un nouveau Premier ministre et la formation du cabinet ministériel.

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