Le présumé chef de gang Romélien Saint-Jean, dit Tèt Kale, abattu

Publié le 2018-07-11 | Le Nouvelliste

National -

Le puissant chef de gang présumé, Romélien Saint-Jean plus connu sous le sobriquet de Tèt Kale, a été abattu la semaine écoulée. L’information a été confirmée ce jeudi par le responsable du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance. Selon le militant des droits de l’homme, Tèt Kale a été touché mortellement lors d’un affrontement entre les gangs de Grand-Ravine et de Ti-Bwa le 5 juillet dernier. « Il a été libéré par le juge Brédy Fabien début juin dernier. C’est un proche du pouvoir en place. L’équipe au pouvoir s’est arrangée avec la justice pour le libérer afin de reprendre le contrôle de Grand-Ravine. Il a fait trois tentatives pour reprendre le contrôle du gang de Grand-Ravine. Les membres de ce gang ont résisté. Et il a été abattu », a expliqué Pierre Espérance.

Le directeur exécutif du RNDDH dit déplorer la mort de Romélien Saint-Jean, dit Tèt Kale. « Nous regrettons que ce chef de gang accusé dans plusieurs crimes et assassinats soit mort sans avoir témoigné. C’est bien malheureux qu’il n’y ait pas eu un procès en ce sens. Peu importe qu’il s’agit d’un bandit, il a droit à la vie », fait-il remarquer, accusant le Palais national et la justice d’avoir une complicité dans ce décès. Parmi les crimes dans lesquels Tèt Kale aurait une implication présumée, Pierre Espérance cite l’assassinat de l’ancien coordonnateur de POHDH Daniel Dorsainvil et de son épouse Guerdy Larèche en 2014. « Il a également pris part à l’assassinat de plusieurs policiers », dit-il.

Pourtant, le juge Brédy Fabien a ordonné la libération de l’intéressé pour insuffisance de preuves. Questionné sur cette décision, Pierre Espérance rappelle que Tèt Kale avait fait des aveux après son arrestation le 3 décembre 2016. De plus, ajoute-t-il, beaucoup de victimes ont porté plainte au parquet de Port-au-Prince. « N'importe quel magistrat qui se respecte ne devrait pas libérer un bandit notoire ayant des implications dans beaucoup de crimes. Admettons que le juge Fabien traitait un seul dossier qui concerne Tèt Kale. Mais celui-ci est impliqué dans plus d’une trentaine de dossiers. On peut trouver plus d’une quinzaine de juges qui enquêtent sur ces dossiers. Il aurait pu obtenir des informations auprès de ces juges », estime-t-il, soulignant que cette libération est un manque de respect pour la vie des victimes et la lutte de la PNH contre le banditisme.

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