Le président Jovenel Moïse doit reprendre la main, redresser la barre

Publié le 2018-07-05 | Le Nouvelliste

Editorial -

Quelque chose nous échappe. On ne sait pas quoi, mais chaque jour en se mettant à l’écoute de l’actualité, on se rend compte qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.

Le président Jovenel Moïse est revenu de voyage ce jeudi. Le chef de l’État était en Jamaïque et remettait charge de la fonction de président du Caricom. Pendant six mois, Haïti avait le leadership de l’organisation.

Dans son point de presse de retour, Jovenel Moïse a paru satisfait de sa mission. Mais pas un mot n’a été dit sur la situation interne de notre pays.

Et pourtant, cela fait des semaines que pas un jour ne se passe sans que l’on apprenne que telle route est bloquée, telle zone est en ébullition ou qu’une échauffourée est en cours dans un quartier de la capitale ou dans une ville de province.

Les petites manifestations sont devenues la routine, mais comme le premier ministre, le président semble s’en accommoder fort bien.

Prenons le cas de Martissant et de ses quartiers environnants. Cela fait des mois qu’une situation de tension persiste. Des dizaines de milliers d’habitants vivent avec la peur au ventre. Pas un mot des autorités.

La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif statue sur la demande de parlementaires, que des ministres ne devraient pas être en poste. Personne de l’exécutif ne bronche si ce n’est pour sortir des arguments qui ne font pas honneur au sens de l’État.

La résidence du premier mandataire de la nation est rendue inaccessible par des protestataires après la démolition de maisons de voisins du président. Les autorités sont incapables de produire le jugement qui justifie leur action comme le demandent des juristes. Une affaire simple prend des proportions énormes.

Tout se passe comme si rien n’avait plus de valeur et que l’on pouvait plus qu’hier faire chacun comme bon nous semble.

Le président de la République doit reprendre la main, redresser la barre, revoir la façon dont on gouverne avec lui, changer une partie du personnel politique qui l'entoure.

Sinon, on va droit dans le mur quand on connaît les échéances qui nous attendent dans les prochains jours.

Réagir à cet article