L’administration Moïse-Lafontant fragilise l'Etat de droit en refusant de statuer sur les ministres illégaux

Publié le 2018-07-03 | Le Nouvelliste

Editorial -

Les jours passent. Ni le gouvernement ni la présidence n’a jugé bon de faire le point sur la situation des ministres mis en cause par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif.

Dans un courrier officiel adressé à la Chambre des députés, la Cour avait indiqué que quatre des ministres de l’actuel gouvernement devaient avoir obtenu décharge pour leur fonction dans de précédents postes avant d’être élevés au rang de ministre.

La Chambre des députés non plus n’a pas su tirer les conclusions après réception de ce courrier. Les élus de la Chambre basse ergotent, tergiversent, bottent en touche, parlent de commission à monter pour leur donner le temps d’étirer à leur avantage l’élastique de la mal gouvernance.

Plus personne ne peut prétexter ignorance de la situation, mais chaque responsable, les ministres indexés les premiers, fait durer le plaisir.

Bien entendu, chaque partie a ses explications. Chaque partie veut fixer les nouvelles limites. Personne ne veut se courber à une décision de la seule institution chargée de statuer sur la question.

En agissant ainsi, en refusant de clarifier la situation des ministres, de les défendre ou de les démettre, le gouvernement de la République affaiblit une institution de la République.

En sommes-nous conscients ?

Bien entendu, il y a un vrai problème avec la question des décharges. Il y a des abus. Des interprétations qui prêtent à équivoque. Il y a des vides à combler. Des brèches d’injustice à colmater.

On peut s’y mettre, proposer de nouveaux textes de loi, changer la donne ou violer la Constitution. Il n’y a pas quatre chemins. Il y a le respect des textes ou la primauté de la force.

Comment l’administration Moïse-Lafontant qui dispose d’une si imposante majorité au Parlement peut-elle être dans l’incapacité de changer la loi ?

C’est à ne rien comprendre.

Avec cette nouvelle affaire de ministres illégaux qui restent en poste, l’Etat de droit est fragilisé gratuitement. Inutilement.

En sommes-nous conscients ?

Réagir à cet article