Le miracle de l’administration Moïse-Lafontant

Publié le 2018-06-29 | Le Nouvelliste

Editorial -

Le gouvernement a déposé jeudi au Parlement le budget rectificatif pour l’exercice 2017-2018. Le dépôt de ce document que le secteur économique attendait depuis un certain temps est arrivé à environ trois mois de la fin de l’année fiscale. On dirait mieux vaut tard que jamais. Il y a un fait qui doit retenir l’attention dans le document : le budget rectificatif est en hausse par rapport au budget initial. De 144 milliards de gourdes, le budget est passé à 156 milliards de gourdes. L’administration Moïse-Lafontant réalise l’exploit d’augmenter les prévisions budgétaires sans recourir à l’augmentation du prix de l’essence à la pompe. Pourtant, on s’attendait à une révision à la baisse des prévisions budgétaires sans l’augmentation des prix des produits pétroliers. Certains diraient que l’équipe au pouvoir opère un miracle.

En attendant l’analyse du budget par des spécialistes en la matière, pour savoir le secret des autorités haïtiennes pour obtenir les fonds additionnels, l’Union européenne salue la performance positive du gouvernement haïtien pour l’année fiscale en cours. En guise de récompense, le pays reçoit un premier versement de 30 millions d'euros, soit 2,3 milliards de gourdes en appui à la réforme de l’État. Une bonne note pour le gouvernement. A cela, il faut ajouter que le gouvernement a déposé le budget pour l’année fiscale 2018-2019 dans le délai fixé par la loi. Les prévisions sont de l’ordre de 175 milliards de gourdes. Le gouvernement identifie le foncier et les douanes comme les secteurs qui fourniront de l’argent frais pour le nouvel exercice fiscal, selon le ministre des Finances, Alix Patrick Salomon.

Si cette attention pour le foncier aide à résoudre les graves problèmes qui existent dans ce secteur, ce sera de bonne guerre. Les locataires qui subissent les abus des propriétaires pousseront un ouf de soulagement. Les propriétaires qui se font dépouiller quotidiennement de leur terre par des malfrats de grand chemin ou des proches du pouvoir seront aux anges. Il n’y a pas de doute que le foncier est l’un des domaines où le gouvernement peut augmenter ses recettes à condition d’y mettre de l’ordre.

Comme le foncier, le contrôle de nos frontières terrestre et maritime, voire aérienne, peut rapporter gros à l’État haïtien. Jusqu’ici, l’État est absent sur une bonne partie à la frontière qui relie Haïti et la République dominicaine. Une aubaine pour les contrebandiers qui font passer beaucoup de produits en provenance de la République voisine sans payer les droits de douane. Il n’est un secret pour personne que dans un département comme le Plateau central, les réseaux de contrebandiers impliquant souvent des autorités de l’État sont plus puissants que les forces de l’ordre. Il existe encore des communes et sections communales frontalières où l’État est totalement absent. Ce qui constitue un chèque en blanc pour les contrebandiers et une perte énorme pour l’État.

A part le foncier et la douane, il y a beaucoup d’autres domaines vers lesquels l’État pourrait se tourner pour recueillir de l’argent frais pour financer son budget au lieu chaque année de mettre le couteau sous la gorge des mêmes contribuables, ceux qui fréquentent la DGI et les bureaux des douanes, pour faire augmenter le budget.

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