«Aveux des Lampes», de Miguel Romain

Publié le 2018-07-05 | Le Nouvelliste

Culture -

« Ce n’est pas la première fois

que le silence m’accuse

de prose et de rimes préméditées

souvent au milieu de la nuit

la pendule me prend en flagrant délit

dans l’enceinte des pages vierges

avec les cris de l’alphabet

suspendus à la chaleur de mes doigts. »

Aveux des lampes, le premier recueil de Miguel Romain est une représentation de soi et de l’autre dans un champ esthétique d’affirmation entre la notion du possible et celle du réel de la vie sociale. L’écho de ses vœux et de ses aveux correspond à une pratique qui tient compte des émotions dans la (re) production littéraire et sous-entend une perception liée aux unités linguistiques. Propres à une écriture intelligente au niveau de la sémantique, les mots dans ce recueil ont leur sens précis. Toutefois, mille libertés s’éclosent entre les doigts du poète. Il intègre une démarche propre à l’art par affinité pour l’élégance des mots. Il « incendie dans la passion de nos paroles et le déséquilibre de nos gestes.»

L’être humain est marqué par le symbolique dès sa naissance. Son environnement immédiat le façonne. Plongé dans l’univers des signes, celui-ci pense et agit en fonction de son milieu. La vie sociale du pays d’origine de l’auteur, sa solitude, ses grandes espérances et « les yeux d’océan d’une négresse » sculptent les vers de ce recueil. L’auteur pose ses premiers pas ; il doute, s’affirme et se réinvente un monde d’horizons divers.

L’expérience artistique se place certes dans le symbolisme avec un ensemble de codes culturels, mais aussi elle est en mesure de renverser le système préexistant. Ce qui implique la déconstruction et la reconstruction des souhaits du poète, puis ses aveux.

Miguel Romain est né aux Gonaïves, Haïti, le 18 février 1978. Actuellement, il vit aux États-Unis. Ces premiers poèmes ont été rédigés à l’âge de 14 ans. Ce n’est qu’en 2014 qu’il a renoué avec sa muse et fait de l’écriture un lieu pour panser ses « blessures ouvertes », pour dire les maux et pour « Changer la trajectoire du soleil ». En été 2017, son texte «Tourner la page» a remporté le premier prix au concours de poésie organisé par Short Edition en France.

« Il faut laisser passer les nuits, les jours, les années,

Il faut laisser danser nos vies, nos rêves, nos idées

Il faut laisser tomber la pluie, les matins d’été

Et renaître au soleil levant

Il faut laisser le temps au temps. »

« Il faut laisser le temps au temps » est chanté par Didier Barbevilien et Félix Gray sur l’album Les amours cassées.

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