Kidnapping

L'enlèvement de Jean-Gérard Gilbert inquiète

Deux (2) élèves du CFC blessés par balles, le censeur de l'école enlevé puis libéré par la suite, le directeur de l'école gardé par ses ravisseurs en dépit du versement de la rançon exigée, des élèves encore sous le choc après avoir été la cible d'un homme armé ... telle est la situation qui a régné ce matin au Centre de Formation classique (CFC) dont le directeur âgé d'une cinquantaine d'années, Jean-Gérad Gilbert, a été enlevé, mercredi 1er juin 2005, par des individus lourdement armés.

Publié le 2005-06-02 | Le Nouvelliste

Le secteur de l'éducation est depuis un certain temps dans le collimateur des ravisseurs. Directeurs d'école, responsables d'instituts d'enseignement suprieur, professeurs, élèves ... sont parmi les cibles privilégiées des "kidnappeurs" depuis la recrudescence du phénomène d'enlèvement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince au début de cette année. Mercredi 1er juin 2005, le directeur du Centre de Formation Classique (CFC), le professeur Jean-Gérad Gilbert, a été enlevé par des malfrats lourdement armés. M. Gilbert a été enlevé alors qu'il s'apprêtait à pénétrer dans les locaux de son école qui, depuis 28 ans environ, forme des générations d'Haïtiens pour le pays. Deux (2) élèves de la classe de troisième de cet éblissement dont une fille ont été blessés par balles au niveau de la cuisse, ce matin, par un homme armé dont l'identité n'a pas été révélée. Ils sont âgés de quinze (15) ans environ. L'incident est survenu au moment où des élèves du CFC qui entendaient manifester leur mécontement sur la voie publique et réclamer la libération de leur directeur aient brisé la vitre arrière d'un véhicule qui circulait dans la zone. « Furieux, le conducteur s'est rendu chez lui et, au retour, il a dégainé une arme et tiré à bout portant sur les élèves protestataires en guise de représailles. Puis, il est parti avec le censeur de l'école », a rapporté l'un des responsables de l'établissement sous couvert de l'anonymat. Le censeur a été ensuite conduit au Service d'Investigation et Anti-Gang (SIAG) de la PNH par cet homme qui, dans un premier temps, s'était présenté comme un policier, a poursuivi le responsable. Après avoir procécédé au constat, la police a décidé de garder à vue ce conducteur. Les blessés ont été transporté d'urgence à un centre hospitalier de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Parallèlement, le directeur du CFC, Jean-Gérad Gilbert, est encore aux mains de ses ravisseurs en dépit de la rançon versée par ses proches. Dans un premier temps, les ravisseurs avaient exigé la somme de deux cent-cinquante (250) mille dollars américains. Après négociations, la rançon a été sensiblement réduite mais les proches de M. Gilbert refuse d'en révéler le montant. Cependant, une soeur de la victime qui s'exprimait sur les ondes d'une station de radio de la capitale a confié que la famille après négociation avait versé la bagatelle de quinze (15) mille dollars américains. Elle affirme qu'au cours des négociations, les ravisseurs leur avaient révélé le montant du compte en banque du directeur ainsi que celui de sa femme. Inquiète, elle ne sait à quel saint se vouer pour retrouver son frère, vu que la police et la force onusienne présentes pour stabiliser Haïti se sont révélées jusque-là impuissantes face à la stratégie et à l'audace des bandits et des ravisseurs de tout bord. Diabétique, hypertendu et cardiaque, M. Gilbert aurait eu des malaises pendant sa séquestration et serait dans le coma actuellement, a déclaré un interlocuteur rapportant les propos des ravisseurs. Toutefois, il n'était pas en mesure de le confirmer. « Il est encore entre leurs mains en dépit du fait qu'ils aient reçu ''leur argent''. Peut être qu'ils essaient de tuer le temps », a opiné le responsable interviewé par Le Nouvelliste, gardant encore l'espoir que le directeur de l'école est encore en vie. Un autre responsable de l'école interrogé par le journal qui, lui aussi, a requis l'anonymat, n'avait pas voulu attribuer un mobile idéologique ou politique à ce nouvell enlèvement d'un agent éducatif. « Pour nous, dit-il, l'acte n'est ni politique, ni idéologique. Il faut peut-être le placer dans le cadre de ce climat d'insécurité généralisé que connait le pays ». Quand donc les responsables vont-ils décider de mettre fin à cette escalade de kidnapping ? Qui va arrêter les malfrats? Seuls une volonté réelle des autorités constituées, un service de renseignement efficace et une action concertée des forces de l'ordre pourront recréer un climat de confiance au sein de la population civile. Encadré L'Ecole, la cible Le professeur Jean-Gérald Gilbert, directeur d'école, n'est pas le premier personnage du système éduactif enlevé à Port-au-Prince depuis la recrudescence des actes de kidnapping que connaît la capitale haïtienne(1). Parmi les cas recensés figurent d'autres directeurs d'écoles, des professeurs et même des élèves. En effet, le mercredi 13 avril 2005, le directeur du Collège Vision Continentale, Guy Frantz Boursiquot, a été enlevé puis libéré le même jour après que ses proches eurent versé la rançon exigée par ses ravisseurs(2) ; le 18 avril 2005, le professeur Prosper Jean-Charles, vice-doyen de l'IHECE, a été enlevé puis libéré contre rançon(3) ; le 22 avril dernier, les trois (3) enfants de notre collaborateur Fritz Bissereth ont été victimes de kidnapping à Delmas(4) ; le mercredi 27 avril 2005, le directeur du Lycée Toussaint Louverture (LTL), M. Ivalan Espérance, ainsi que la secrétaire de direction de ce lycée ont été victimes d'un acte de kidnapping à côté de l'école Jean Marie Guilloux, à proximité de la Cathédrale de Port-au-Prince(5). Ils ont été libérés peu après mais la voiture du directeur a été volée par les bandits. Il a dû par la suite verser de l'argent pour récupérer sa voiture; jeudi 28 avril 2005, le Dr Jean Hénold Buteau, médecin, professeur à la Faculté de Médecine et de Pharmacie et frère du ministre de l'Education nationale, Pierre Buteau, a été kidnappé dans la matinée alors qu'il se rendait à sa clinique sise au Chemin des Dalles, il a été libéré contre rançon et a été l'objet de sévices corporels et psychologiques de la part des ses ravisseurs(6); le mercredi 4 mai 2005, sur la route de Delmas, Mme Dominique Geffrard, propriétaire d'un kindergarten situé à Delmas, a été kidnappée par deux (2) bandits armés au moment où elle s'apprêtait à gagner les locaux de son établissement scolaire(7); le mercredi 25 mai 2005 à Fontamara 47, cinq (5) élèves, montés à bord d'un minibus ainsi que leur chauffeur, ont été kidnappés par des individus lourdement armés aux environs de 8h du matin alors qu'ils se rendaient dans leur établissement scolaire(8). On ignore le sort qui leur a été réservé. Il faut souligner que dans la majorité des cas recencés, les victimes et leurs proches négocient directement avec les bandits au lieu d'impliquer les forces de l'ordre chargées de la protection des vies et des biens et de stabiliser le pays.
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