Essai / « Droit et justice : Des idées dans l’air»

Évocation factuelle et effort pédagogique

Carte blanche à Jean-Claude Boyer

Publié le 2017-12-29 | Le Nouvelliste

Culture -

J’ai pris soin de prévenir que, dans ce travail, il est aussi question de personnes, de personnalités « en situation avec la justice ». D’où le sous-titre. Dans la deuxième partie « Domaine étranger », on retrouvera faits et commentaires sur des affaires qui ont défrayé la chronique. Dans le collimateur de la justice française ou helvétique, se retrouvèrent Alain Juppé, Papa Wemba et Edith Cresson. À propos du premier, mêlé dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, j’assimilai la poursuite à une mise à mort politique. Je souhaitai l’indulgence du tribunal sous le titre suggestif « La clémence en faveur de M. Juppé ». Il fut déclaré inéligible pour une durée de cinq ans. Il s’exila en quelque sorte au Canada où il enseigna. Non point qu’il tournât le dos à son pays, mais il choisit de faire le va-et-vient. Il devait revenir aux affaires puisqu’il fut ministre des Affaires étrangères dans le deuxième gouvernement Fillon. Il succéda à Bernard Kouchner. En novembre 2016, il fut battu par François Fillon au second tour de la primaire de la droite et du centre.

Quant à Mme Edith Cresson, sans détour, je me prononçai sur son cas: « une manœuvre judiciaire transparente ». Elle avait à Bruxelles, siège de l’Union européenne où elle occupa le poste de commissaire (après avoir été brièvement Premier ministre en remplacement de Michel Roccard) facilité le recrutement de son dentiste. « La relaxe pour Edith » fut mon dernier mot sur son affaire.

Dès l’instant où j’entamai en janvier 2004 la rubrique « Carte blanche », l’assassinat le 19 novembre 2003 à Abidjan de Jean Hélène, correspondant de Radio France Internationale, par le sergent Dago Ser, souleva en moi une vive émotion. Comment humainement et par réflexe corporatiste ne pas se sentir concerné ? D’où la réaction sous le titre « La quête de justice pour un journaliste assassiné ». Le meurtrier sera condamné par un tribunal ivoirien

« Epilogue d’une affaire de meurtre ».

Il y eut « L’affaire Diallo : une société de responsabilité (États-Unis d’Amérique) », et « Le retour sur un cas de détention provisoire (France/Côte d’Ivoire)». Mais Saddam Hussein, capturé, devait rendre compte. Avec les réactions « Un client difficile pour la justice irakienne », enfin « Le second procès inespéré de Saddam Hussein », je me livrai à des considérations appropriées. Pourtant, mon sang ne fit qu’un tour quand la journaliste russe Anna Politovskaia fut abattue au-devant de son immeuble résidentiel. Elle couvrait la guerre en Tchétchénie. « Son amour de la vérité lui coûta la vie ». Quelques-uns de ses assassins furent jugés et condamnés, d’autres échappent encore à la justice.

Devaient suivre, avec le passage du temps, des réactions sur « Le cas Astiz», « L’affaire Eugène Terre Blanche », « L’affaire Stauss-Kahn» et le cas délicat du soldat Bradley Manning aux Etats-Unis d’Amérique. En Afrique, dans l’affaire Simone Gbagbo, je réagis en 2015 avec le titre « Une justice qui ressemble à une vengeance ». Comme pour me donner raison, en mars 2017 lors d’un second procès, l’ancienne première dame ivoirienne sera acquittée.

Pendant que Karim Wade, fils de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, sur qui pesèrent des accusations d’enrichissement illicite, devait administrer la preuve de son innocence. D’où le papier au titre approprié « Le renversement de la charge de la preuve ». Il sera condamné puis gracié par Macky Sall, l’actuel chef de l’État.

Dans l’ensemble, sur tous ceux et toutes celles en délicatesse avec la justice, je rappelai les faits et j'émis des commentaires. Dans ces circonstances, la doctrine, c’est-à-dire l’idéologie dominante, ne fut pas oubliée. Ce qui me fait penser à un effort de pédagogie en évoquant les faits et en relayant le dénouement final sans pour autant occulter l’enseignement dispensé en la matière.

L’essai « Droit et justice : des idées dans l’air » permet de lancer ou de relancer le débat sur des thématiques diverses, mais le souci majeur est de malaxer notions, concepts, termes dans l’évocation factuelle de l’actualité judiciaire ici et là.

Jean-Claude Boyer vendredi 14 avril 2017 Auteur

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